vendredi 2 décembre à 16h30 à
l'école Bara
(entrée rue de la Convention, métro
Fives)
rencontre-débat sur le thème
familles séparées, décomposées, recomposées
animée par Amélie GAHÈTE
spécialiste des problématiques parents/enfants
les enfants sont pris en charge par l'association pendant la conférence débat
Paroles de parents
avec le soutien de la CAF de Lille et de la ville de Lille
courriel ecoleetsonquartier@yahoo.fr
sites baramaliceet l'école
et son quartier
Ce vendredi 2 décembre, à 16h45, nous accueillons Amélie Gahete sur le thème des familles recomposées .
Les enfants sont pris en charge par l'association "l'école et son quartier" pendant le temps de la rencontre, qui est
ouverte à tous !
ça se passe dans la salle de jeux de l'école maternelle . C'est un moment privilégié de rencontre entre parents.
Amélie a le contact facile et la parole est simple .... et on peut aussi venir juste pour écouter !
Ne manquez pas ce rendez vous !
À l'école il est timide...
chez moi il est terrible !
vendredi 14 octobre 16h45 à l’école Bara
(salle bleue, les enfants sont pris en charge par l'association)
entrée rue de la
Convention
dans le cadre du projet « Paroles de parents » de l'association
"L’école et son quartier"
avec le soutien de la CAF de Lille et de la ville de Lille
métro Fives, courriel ecoleetsonquartier@yahoo.fr
site pas-d-ecole-sans-son-quartier.over-blog.com
Papa console et Maman gronde - ou l'inverse -
Souvent, c'est la mère qui symboliquement exprime la loi et le papa, lui, lâche du lest, "souvent" ne
voulant pas dire toujours.
Ce comportement global a plusieurs raisons :
La femme et l'homme, par structure, ne sont pas vigilants ou obnubilés par les mêmes actes,
comportements ou simplement règles de vie.
Un autre motif est que globalement, la mère est présente à la maison lors des temps essentiels, ce qui la met en
position de devoir cadrer les enfants, gérer les disputes s'il y a une fratrie, organiser les rythmes et dépassionner des colères ou des demandes que l'enfant ne sait pas
contrôler.
La structure de la femme fait que, selon l'adage, elle est "à tous les étages".
L'homme est plus souvent monotâche, ce qui le rend plus souple.
N'entendons pas que le père est dénué du sens de la règle, de la rigueur éducative.
Il n'accorde simplement pas la même importance à ce qui semblera incontournable pour la mère.
C'est précisément pourquoi l'homme, le père, est précieux parce qu'il jugera moins important, moins
"grave", des petits faits sur lesquels de son côté, la maman sera plus rigoureuse voire sans
concession.
Nous avons toutes et tous le souvenir de reconnaître, avec un peu de recul, que l'insistance ou
l'obstination n'étaient peut-être pas nécessaire ou vitale.
Il arrive donc fréquemment que se produise une sorte de dichotomie : L'un des parents veut calmer le
jeu, l'autre parfois, maintient sa position plus ou moins rigide, ce qui peut produire deux effets
:
- Une sorte de duel, avec échange d'arguments, chacun tenant à prétendre avoir raison : L'enfant
devient alors symptôme, alibi, d'une divergence au sein du couple parental.
- L'enfant sent ou constate clairement que ses parents ont des attitudes différentes et il saura
d'instinct vers qui se tourner pour obtenir ce qu'il souhaite. Si les parents ne sont pas vigilants,
ils en arriveront malgré eux au point ci-dessus évoqué.
ACCEPTER NOS DIFFERENCES
Il est possible d'expliquer à l'enfant :
- Ton papa aime bien faire la bagarre avec toi sur le lit mais quand tu es avec moi tu ne sautes pas
sur le matelas, je ne veux pas.
Peut-être vaut-il mieux distinguer pour l'enfant certaines libertés qui appartiennent à chacun des
parents, cela ne discrédite aucun d'entre eux et les enfants sont parfaitement capables de comprendre
que chacun, dans la vie, n'a pas les mêmes principes, ou peurs.
La situation est délicate lorsque les différences s'affichent in situ, c'est-à-dire au même moment et
dans le même lieu.
Nous avons tous vécu la scène où un enfant demande un gâteau et dans un chœur dissonant, le papa dit
non à l'instant où la maman répond oui.
Il va de soi que le plus facile pour sortir de cette contradiction est d'en rire, et de laisser l'un
des deux décider face à l'enfant.
Mais il faut également reconnaître que selon les couples, les humeurs, l'humour n'est pas toujours
présent pour être un facteur de résolution.
Lorsque père et mère s'opposent face à l'enfant, la situation devient plus compliquée pour plusieurs
raisons :
- Intuitivement, l'enfant va attendre et compter les points afin de savoir lequel du père ou de la
mère abondera dans le sens de sa demande : chocolat, coucher plus tard, regarder la télé
etc...
Ceci ne signifie aucunement que l'enfant calcule, et par ailleurs, il n'est pas forcément à
l'aise.
Il est possible que se déclenche alors une sorte de chantage affectif dont les trois protagonistes
seront les acteurs : Un des parents peut vouloir avoir le dernier mot, par tempérament ou par
principe.
REGLEMENT DE COMPTES
Il est donc sans doute préférable que le couple se parle après-coup, quitte à échanger quelques
remarques désobligeantes :
- Tu t'énerves facilement, tu cries tout le temps, tu es impulsive : Phrase le plus souvent adressée
aux mamans.
- On voit bien que tu n'es pas là tout le temps, tu arrives et tu veux la paix alors tu cèdes à
n'importe quoi, tu me laisses faire la loi : Phrase le plus souvent adressée aux
papas.
(encore une fois : "Souvent" ne veut pas dire "Toujours" ni "Systématiquement).
Si le couple parental est en bonne entente, ces vérités, prononcées avec plus ou moins d'exagération,
auront un effet bénéfique, chacun pouvant à la fois exprimer ce qu'il ressent et les deux adultes
pouvant remanier leur attitude.
Nous avons le droit de nous agacer, de refuser inutilement quelque chose à l'enfant, ou d'accepter
qu'il grignote une barre de chocolat juste avant le dîner, mais nous pouvons tout autant lui dire
après réflexion, que nous avons commis une erreur.
Il est fréquent aussi que ce soit l'un des deux qui dise :
- J'ai l'impression de m'énerver souvent, d'être celle -ou celui- qui dit toujours Non, et j'en
souffre.
J'habille les enfants le matin, petit-déjeuner, aller à l'école, préparation des repas etc... Ma
charge est lourde et toi tu ne la vois pas.
J'aimerais bien que tu prennes le relai.
Sans mettre le compagnon en balance, si une mère a le sentiment de crier fréquemment, de s'agacer,
d'exiger, de râler, il est peut-être bon qu'elle se pose un instant pour tenter de comprendre ce que
ses emportements lui disent : Ennui, solitude, fatigue, désir d'autre chose ou autrement, déplacement
d'un
problème, par exemple une frustration qui ne sait se manifester qu'auprès de l'enfant.
En l'exprimant, il se peut que la compagne ou le compagnon ait alors le désir de chercher la solution
de l'énigme puisqu'il s'agit d'un dialogue permettant à l'un des deux de chercher une
solution.
S'entendre dire : - J'ai constaté que tu t'impatientes davantage pour des histoires de chaussures mises
à l'envers, ou lorsqu'il éjecte l'eau de la baignoire, ou au moment des repas etc... peut permettre
un remaniement, peut aider, sans culpabiliser, à se dire qu'on portera plus d'attention à ces
instants qui devraient être de l'ordre du plaisir et non de la confrontation.
Les parents sont aussi là pour s'entraider sans que cela mette l'un ou l'autre en position de
culpabilité.
Si l'enfant tient à mettre lui-même ses chaussures, c'est une victoire. S'il prend la gauche pour la
droite, et bien il apprendra doucement, peu à peu.
Et qu'importe le regard des autres !
Si l'on se poste devant une école le matin, on verra bien plus de mamans que de papas. Et il est bien
possible que la maman se poste dans l'exigence pour une histoire d'image de "bonne mère" à présenter
("Vous avez vu untel ? Sa chaussure gauche est à son pied droit ... Ha ben c'est du beau !").
Le versant négatif de cette modération naturelle chez les papas est leur difficulté à prendre leur
part d'autorité de manière régulière.
Finalement, vouloir être dans la toute puissance (exiger de nos enfants de donner une image sans
tache, ne nous laisser aucun répit, confondre parfois être suffisamment bon parent et être parfait
etc),nous mène souvent à l'épuisement personnel autant qu'à celui de l'enfant.
La toute puissance, c'est également ne pas accepter que le compagnon ou la compagne ne soit pas comme
soi.
La mère a sa manière de marquer les règles, d'exprimer la loi, le père en a une autre.
Ces différences devraient être une richesse plutôt que la source de critiques ou de conflit.
En cas de dissension sérieuse, il vaut mieux en parler le plus calmement possible, afin que chacun
tente à la fois de comprendre l'autre et que les deux négocient, c'est-à-dire fassent quelques
concessions.
- Tu ne l'obliges pas à manger. Mais si elle ne mange rien, c'est malsain. Je ne suis pas
d'accord.
- Je n'ai pas envie de "l'obliger" à manger. Je préfère lui donner un morceau de fromage et deux
petits suisses et qu'elle se sente paisible et heureuse pour aller s'endormir calmement. Ca ne
m'empêchera pas de l'avertir qu'une fois sortie de table, elle ne pourra plus réclamer les pâtes
qu'elle avait refusées au moment où je les lui présentais.
- Je te trouve inconscient de le laisser aller sur ce toboggan, il est bien trop petit pour jouer à
ce jeu.
- Il a montré le toboggan, il voulait visiblement essayer, je trouvais plus important de lui
apprendre comment faire, d'ailleurs, rien ne lui est arrivé et il a prouvé qu'il en était
capable.
Tout ces petits moments de la croissance de nos enfants sont des découvertes, ou des tentatives, dont
nous ne détenons pas les clés, particulièrement lorsqu'un comportement de l'enfant nous semble
incompréhensible.
Le regard du père a son importance, celle de la mère tout autant pour tenter d'en trouver le
sens.
Et la fonction parentale est précisément d'apprendre à jongler avec le regard, les peurs, la rigueur
parfois du partenaire, afin d'essayer d'assurer à l'enfant sécurité et joie de vivre, et surtout,
confiance en lui.
La vie quotidienne, l'éducation de nos enfants, peuvent être plus simples et légères si nous parvenons
de temps à autre à nous poser afin d'évaluer ce qui est finalement, anodin, ce qui ne vaut pas la
peine de nous focaliser et d'en faire "tout un plat".
Demander au compagnon ou à la compagne d'assumer ce que nous ne nous sentons pas la force ou la
patience de porter auprès de l'enfant est une position de sagesse. C'est aussi une richesse qui
servira à l'enfant. Allant de soi que les deux adultes en position parentale doivent être dans la
réciprocité.
- C'est toujours moi qui fais le change et le coucher du soir parce que cela t'ennuie de la voir
pleurer.
Si tu le faisais, elle serait peut-être très heureuse et plus calme. Moi aussi je n'aime pas
particulièrement ce moment, mais si nous le faisions tour à tour, cela changerait peut-être tout.
Papa console et Maman gronde - Lakanal -
LA PARTIE DE TENNIS
Les parents butent parfois sur un écueil qui pourrait fissurer le bateau. Il s'agit de la fameuse scène
consistant, dès que l'un des parents arrive le dernier, à recevoir une volée de plaintes :
- TON fils -car en effet dans ce cas-là, même le langage s'en mêle, il s'agit du fils de l'autre- n'a pas
voulu faire ceci, j'ai dû lui répéter trois fois cela, il a frappé sa soeur etc...
Généralement, le plaignant avait menacé l'enfant :
- Tu verras quand ton père/ta mère arrivera ! sous-entendant que tout lui sera rapporté.
Le problème de ce genre de jeu de rôle est que le parent "rapporteur" prend alors la position du frère ou
de la soeur qui se plaint au parent.
Pour être clair, le parent adopte un statut d'enfant lui-même.
Le second problème est que celui ou celle qui est requis(e) comme arbitre se trouve piégé, alors qu'il/elle a sans doute plus envie de se détendre que de compter les points.
Enfin, l'enfant est placé inconsciemment dans la position de celui qui se fera au pire gronder deux fois,
ce qui rendra en quelque sorte nulle la première réprimande, et aura tendance, avec le temps, à craindre
le parent-arbitre.
QUAND LES DIFFERENCES EDUCATIVES SE VIVENT SUR LA PLANETE
TRANSGENERATIONNELLE
*** Une maman :
- Je vis exactement la dernière situation décrite, mais sur trois générations. Ma propre mère
gardant parfois ma fille, attend que j'arrive pour me raconter par exemple une scène qui l'a
opposée à ma fille.
Il m'est arrivé de les voir assises, silencieusement, face à face, et à peine ai-je franchi la porte
que ma mère se plaint, escomptant visiblement que je prenne "son" parti. Chose que je me refuse
à faire.
Je dois dire que ce genre de situation, en rentrant du travail, me met dans un état de nervosité
autant que de rancoeur.
J'en veux à ma propre mère de ne pas savoir tenir les rênes. Elle n'est pas âgée, est en pleine forme,
ma fille quant à elle est préadolescente. Connaissant ma mère, je sais qu'elle n'entendra
jamais ce que je pourrais essayer de lui dire, ne serait-ce que :
- Maman, ne me demande pas de décider qui a tort ou raison alors que j'étais absente. Tu es adulte, je
te confie ma fille, tu dois savoir négocier ou trancher mais n'exige pas de moi que je prenne
parti.
Après un échange, la maman a compris que pour des raisons obscures, sa propre mère convoque sa fille
à une place de maman, c'est-à-dire se comporte en enfant face à la véritable enfant et ne vit
la relation que sur le mode de la confrontation, dans l'incapacité de gérer le moindre
souci.
La très jeune fille risque par ailleurs de cimenter une relation négative avec sa grand-mère, ce
qui serait dommage.
Par ailleurs, la maman qui s'exprime ne sait pas où en est sa propre mère de sa vie : Peut-être
n'a-t- elle au fond, pas envie de jouer la baby-sitter, fut-ce avec sa petite fille, peut-être la
pré-adolescence la renvoie à un problème personnel, peut-être a-t-elle des critiques à formuler à sa
propre
fille, qu'elle ne peut exprimer, peut-être a-t-elle envie de vivre sa vie de femme et non celle
d'une "grand-mère".
Il semble que même dans un contexte différent, par exemple des vacances ensemble, la grand-mère ait
le même comportement, faisant remarquer à sa propre fille de petits détails sur le comportement
de la pré-adolescente :
- Et bien, tu ne lui dis rien ?
- Tu sais ce qu'elle a fait pendant que tu étais dans la piscine ?
De toute évidence, la grand-mère ayant du mal à prendre sa place, sa fille ressent colère et douleur
pour trouver la sienne.
Cette maman a donc admis que la seule solution est de chercher un autre mode de garde pour sa fille
afin de préserver la relation petite-fille/grand-mère et mère/mère en rendant visite à la
grand-mère, en famille, pour le simple plaisir de la rencontre, sans autre
enjeu.
LORSQUE L'UN A PEUR ET L'AUTRE PAS
Une maman : Anton, ses 6 ans, et le petit chemin qui sent la
noisette....
- Notre fils, six ans passés, a envie de se rendre seul à l'école, laquelle n'est pas loin de la
maison.
Sa demande n'est pas récente, il s'agit d'un désir tenace. Cela me pose un dilemme, mon mari ayant
peur, et moi pas.
Il me semble à la fois délicat de ne pas accéder à l'envie de notre fils et en même temps de passer
outre la crainte de mon mari. Je pense aussi que c'est une décision à prendre à deux, du coup
je suis ennuyée.
Nous avons près de la maison, comme deux sortes de trajets, à savoir qu'un petit chemin courbé permet
de rejoindre le trajet direct. Notre second enfant, une petite fille de 2 ans, a souhaité
emprunter ledit chemin et j'ai accepté. Mon mari était affolé lorsqu'il a appris la fait, alors
que j'étais si contente
d'avoir vu ma fille fière d'elle et valorisée.
Alors, concernant l'aîné, j'ai donc proposé à mon fils, la toute première fois qu'il a exprimé son
envie, de passer seul par le petit chemin, avec la condition qu'il nous attende, sa soeur et
moi, à l'issue du sentier. Il a parfaitement respecté la consigne, était heureux et de cette
indépendance.
Lorsque, le soir, nous avons raconté l'aventure à son père, mon mari s'est affolé. Je sais que nos
peurs sont irrationnelles, et il a développé mille fantasmes : - Et s'il était tombé, et s'il
avait poursuivi sa route sans t'attendre, et s'il avait rencontré une personne mal
intentionnée, etc.
En dehors de l'enfant, il est possible que le couple puisse parler, et soit celui qui a peur
exprimera suffisamment ses craintes pour pouvoir les affronter, et surtout que l'enfant
comprenne qu'il ne s'agit pas d'un manque de confiance mais d'une crainte du parent. Soit la
maman demandera à son compagnon de lui faire confiance, et elle suivra l'enfant, s'assurant
qu'il respecte les consignes de sécurité.
Son fils aura alors le plaisir et la fierté de se sentir grand.
Lorsqu'un enfant demande, et le demande encore et encore, à traverser la rue seul, ou à monter sur
la plus haute poutre du square, c'est qu'il est prêt.
Cela ne signifie pas qu'il réussira, il tombera peut-être etc. Mais ce désir réitéré, exprimé
plusieurs fois nous dit qu'il est mûr pour tenter l'expérience.
Il va de soi que nous devons expliquer les consignes, demander par exemple à l'enfant de les redire
lui- même, faire les premières tentatives tout près de lui puis à un mètre de distance par
exemple.
Etre "prêt" ne signifie pas en être capable. Mais ne pas lui refuser d'emblée c'est lui accorder
une confiance qui ne peut que le rendre responsable de sa personne. Nous pouvons lui dire que
cela prendra du temps pour qu'il traverse la rue totalement seul, mais qu'il doit respecter
cette décision pour que nous
soyons tous totalement rassurés quant à sa capacité physique et psychique à le faire.
Une solution idéale serait qu'un jour où le papa peut se rendre disponible, lui et sa femme se mettent
un peu en arrière et voient, ensemble, leur fils aller seul à l'école, traverser la rue. Et que
tous les trois puissent s'apaiser, partager une fierté, évacuer une peur pour le papa qui aura
constaté que son fils est prudent, prend le temps.
Une maman : Sophie, 11 ans : "Lâche moi les baskets et donne-moi le ticket
de bus"
- Sophie a revendiqué de pouvoir se rendre seule au conservatoire et d'en revenir également seule.
Devant ma réticence, elle s'est évidemment énervée, âge oblige, me disant très
précisément, sur un ton hautain, comme si elle avait prévu mes arguments, le numéro du bus,
l'arrêt de départ, le nombre de stations, le
nom de l'arrêt d'arrivée. De toute évidence, ce projet avait été muri, mais je n'étais pas prête.
C'était fort compliqué de constater mon émotion devant ce qui me semblait
inévitable.
Je n'avais aucune raison de lui refuser ce pas d'indépendance, cette liberté aussi. Je sais qu'à 11
ans, elle est tout à fait capable de faire ce trajet seule. Sauf que ça me faisait peur et ce n'est
pas un argument recevable pour un enfant de cet âge qui, de plus, vous envoie à la figure tous les
contre-arguments possibles.
Là aussi, et d'autant plus que cette jeune personne, âgée de 11 ans donc préadolescente, nous
pouvons imaginer l'essai de la confiance. La première et la seconde fois seront sans doute un
peu anxiogènes pour la maman, mais ensuite, ce trajet effectué par Sophie, seule, deviendra de
l'ordre d'une routine plaisante, d'une marche supplémentaire vers "Grandir et devenir
responsable" et une fierté pour les parents.
Ce qui n'empêche nullement d'exprimer quelques petites règles : Pas de détour, pas de retard.
Ne pas confondre Marchandage et Confiance.
bara bla bla