DEPART EN CLASSE VERTE SECTION MATERNELLE
DU 7 JUIN 2010 AU 11 JUIN 2010 soit 5 JOURS
Une anecdote pour commencer :
Il s'agit d'un enfant de 6 ans, un garçon, que je connais bien, et qui pour la première fois, était invité à passer tout un week-end chez son meilleur ami.
Première sortie un peu longue hors de sa maison, dans un lieu inconnu : Il était fou de joie, excité.
Et puis voilà qu'un soir, il ne veut plus y aller et ne tient pas à s'expliquer.
Sa maman le connaît, évidemment, et n'insiste pas. Il reste dix jours jusqu'au week-end.
Probablement que le désir était fort en lui, il a fini par dire ce qui le tracassait :
- Je fais encore pipi au lit, je ne sais pas si Adrien est encore dans ce cas, mais s'il n'a plus ce souci, j'aurai trop l'air petit et nul.
Personne n'a pipé mot, les parents l'ont juste assuré que ce n'était pas un problème.
Durant une semaine, il n'en a plus parlé. Et quelques jours avant la fameuse sortie, tant attendue, il avait cessé de faire pipi au lit.
LES PEURS DES ENFANTS
On a jamais vu un chameau se moquer de la bosse de l'autre. (proverbe africain)
La plupart du temps les enfants disent ne pas vouloir partir pour des raisons qui ressemblent fort à l'anecdote ci-dessus :
J'ai une tétine, ça fait bébé.
J'ai un doudou, ils vont se moquer.
Je ferai comment pour mon biberon le soir ?
Oui mais moi, je fais encore pipi des fois la nuit.
Il est extrêmement rare que les enfants avancent des arguments du type :
Je serai malheureu(x)se sans toi, Maman (à moins de vouloir lui faire plaisir).
La plupart du temps, l'idée de partir en groupe, avec toute la classe et la maîtresse, est le rêve d'une
grande aventure qui va se jouer.
Et ils ont raison.
En l'occurrence, ce départ en classe verte est pour des grandes sections de maternelle.
Et l'on peut comprendre les craintes des parents.
LES PEURS DES PARENTS
Je dirais : LA peur.
Parce qu'à travers les arguments, les questions, il ne reste plus qu'une seule peur : Perdre son enfant.
Etre loin de lui cela signifie qu'il soit trop loin de moi, ait besoin de quelque chose et ne le trouve
pas.
Ne pas savoir à la minute ce que mon enfant fait cela signifie : S'il a de la peine ou une égratignure, je ne serai pas là pour le consoler.
Que mon enfant soit éloigné plusieurs jours, cela signifie : Moi, sa mère, son père, je connais ses
rythmes, ses petites habitudes. Personne ne saura faire attention à ces détails aussi bien que nous.
Que je sois impuissante durant son absence, cela signifie : Si jamais il a du mal à s'endormir,
comment fera-t-il ?
Ensuite, tout tourne autour de :
Ce n'est pas que je n'ai pas confiance en la maîtresse et les aides, mais c'est difficile de s'occuper de
TOUS les enfants à la fois, en ayant de l'attention pour chacun (donc pour le mien).
Bien sûr c'est une grande aventure et il n'a pas l'occasion de partir en quelque sorte en vacances, parce
que nous n'avons pas trop les moyens, mais c'est la première fois qu'il quittera la famille.
Si jamais il n'aime pas la nourriture du jour, est-ce qu'il mangera tout de même ?
S'il lui arrive quelque chose, est-ce que les adultes seront assez disponibles pour le voir
?
S'il me réclame, personne ne pourra me remplacer mieux que moi-même.
Nous avons des rituels à la maison et comment va-t-elle (il) faire SANS ces petits rituels
?
L'INITIATION
Cet enfant que vous allez laisser partir, VOTRE enfant, qui va donc s'en aller avec "sa" classe, et "sa" maîtresse, va découvrir quelques petites choses fondamentales :
La vie en groupe - et non plus en famille-
Une découverte de lieux inconnus, de nature, de jeux, de règles différentes.
La notion de partage, d'attention à soi, aux autres.
L'affirmation de lui-même, parce qu'il sera entouré avec précaution mais apprendra un tout petit peu à se gérer lui-même : se brosser les dents, se frotter pour se laver, s'habiller, mettre ses chaussures seul, prendre des initiatives, aider un copain, être fier d'avoir trouvé telle fleur et d'en savoir le nom, s'amuser de la surprise de bruits inconnus, jouer à faire le grand, la grande, chanter ensemble, rire ensemble, apprendre ensemble.
Et ces quelques jours loin de la maison, des parents, des éventuels frères et soeurs, sera pour lui un
petit tremplin pour l'année prochaine, qui est la fabuleuse découverte de la "grande école", soit le Cours Préparatoire : L'apprentissage de l'écriture, de la lecture, de l'aventure personnelle
de votre enfant.
Finalement, le rituel du manger, de l'endormissement, sera évidemment différent, et c'est cela même qui
est magique.
Parce que votre enfant découvrira des ressources dont il n'avait pas même l'idée.
LE RETOUR A LA MAISON
Tous les parents ayant eu suffisamment confiance en eux, en leur enfant, en l'institutrice ou
l'instituteur, pour laisser partir leur enfant, disent à 98% :
- Elle (il) a grandi, est plus calme, comme plus responsable.
- Elle (il) a acquis ou bien a dévoilé un vocabulaire bien plus riche.
- Elle (il) a maintenant perdu certaines habitudes et en a pris d'autres : il est plus autonome, moins "petit".
- Nous avons eu droit à des heures de récit dont elle (il) en était le héros. On n'arrivait plus à l'arrêter. C'était émouvant parce qu'on avait l'impression de tout vivre avec lui (elle).
- A certains moments, pour de toutes petites choses, des manières de prendre des initiatives, ou de parler ou de se comporter, on ne le reconnaît plus et à la fois on le découvre. C'est incroyable.
- Il semble avoir grandi de 10 centimètres.
- Elle est plus posée, moins "réclameuse".
- Il (elle) a grandi mais j'ai retrouvé la même demande de câlin. En même temps, elle (il) semble plus sage.
- Elle (il) me raconte des choses qu'elle (il) a vécues et je vois dans ses yeux du merveilleux. Ca
m'émeut.
Je n'étais pas là et pourtant je suis heureuse pour mon enfant.
Les parents ne savaient pas, quand ils en ont plusieurs, que le départ d'un seul les soulagerait.
Les parents ne savaient pas non plus que durant cette séparation, leur enfant deviendrait plus autonome.
Les frères et soeurs restant à la maison découvrent une attention des parents, différente. Une complicité nouvelle.
Parce que l'absence d'un seul enfant bouge la place de chacun au sein de la famille.
Et c'est bon pour tous.
Quand l'enfant parti est de retour, l'émotion est forte : la fratrie est heureuse des retrouvailles, les
parents sont émus.
Souvent ils découvrent que leur petit "grand" a de nouvelles habitudes, est moins ronchon quant aux menus, a acquis du vocabulaire, semble plus assagi et en même temps plus
volontaire.
Laissez-les partir.
Un tout petit peu.
Quelques jours.
Avec quelqu'un de confiance.
Vous l'attendrez et le retrouver sera un bonheur, une autre découverte.
De son côté, à son retour, il ne souhaitera que vous raconter ses victoires et ses bonheurs.
Ps : Les enfants qui sont partis en classe verte sont déjà revenus à ce jour.
Ceux qui ne sont pas partis n'ont pas été oubliés.
Le lien de la classe s'est resserré et chacune et chacun en est un maillon.
LA DIFFERENCE DANS LA FRATRIE
JE SUIS L'AÎNEE, POURQUOI ON ME DEMANDE TOUJOURS D'AIDER LES PLUS PETITS ?
JE SUIS LA SECONDE, POURQUOI ON NE ME FAIT JAMAIS CONFIANCE ?
JE SUIS LA DERNIERE, POURQUOI JE SUIS DES FOIS PETITE ET DES FOIS GRANDE ?
Pour Emeline, qui s'en sort malgré tout assez bien, la configuration familiale n'est pas évidente
:
- Je suis la maman, J'ai un mari, nous avons trois filles.
Parfois c'est le clan des "femmes" et je pense que mon compagnon est isolé.
Parfois je le vois bienheureux mais c'est moi qui me retrouve en porte-à-faux.
Il y a un écart d'âge entre l'aînée et la seconde, et c'est pourtant La dernière qui se retrouve en
complicité avec l'aînée.
Il se trouve qu'elles ont des copines de leur âge, et de la même famille.
Par conséquent, ma seconde se retrouve isolée.
A d'autres moments, les deux premières sont autorisées à "sortir" -aller voir des amies, alors que la petite, qui a 5 ans et sera en dernière section de maternelle l'an prochain, se retrouve alors seule et s'en plaint.
En somme, jamais rien ne va si j'écoute chacune, et chacune voudrait ce qui semble aller à l'autre.
JE VOUS PARLE D'UN TEMPS QUE LES MOINS DE VINGT ANS NE PEUVENT PAS CONNAITRE
Le récit de cette maman nous rappellera, à la plupart d'entre nous, ce que nous avons traversé durant notre enfance.
Les aînés constataient :
- A "son" âge, vous n'auriez jamais permis cela.
- Moi, je n'avais pas l'autorisation de sortir de table sans avoir terminé.
- Si je n'aimais pas les haricots, je devais en manger quand même.
Les seconds, selon un idée populaire qui semble justifiée, ne trouvent jamais la bonne place :
- Je ne suis pas considéré comme un grand.
- J'en ai marre de ne jamais pouvoir être toute seule avec vous, maman et papa.
- Je ne peux pas avoir quelque chose de neuf et qui me plaît au lieu de toujours porter les habits d'untel ?
Quand au dernier, ou la dernière, comme le dit très justement la maman :
- Lundi, ça l'arrange bien d'être la plus petite, et mardi elle voudrait presque se maquiller, à cinq ans .... ! Mercredi elle réclame encore un biberon de lait le soir et jeudi elle prétend qu'il est fini le temps des câlins, mais vendredi elle voudrait manger de la purée et samedi elle hurle pour se coucher à 22h comme ses soeurs...
Nous pourrions songer, parfois, lorsque le temps et l'humeur s'y prêtent, à regarder les albums de photos,
à laisser les soeurs et frères se parler entre eux.
Nous pourrions demander la complicité des grands afin qu'ils racontent aux derniers comment, EUX, ils ont
eu cinq ans.
De quoi se rappellent-ils ?
Des aventures, incidents, injustices, bonheurs, qu'ils ont vécus.
Parce que souvent, nous oublions que celui qui est le puîné (dernier) est précédé d'autres soeurs et/ou
frères, qui ont eu le même âge et peuvent lui en parler.
Alors, on voit les plus grands semblant inventer, ou déformer tout un épisode, et nous, parents, restons
effarés de leur récit.
Mais quoi qu'il en soit, les petits, alors, se sentent moins seuls.
Et reconnus.
"ENFANT"ILLAGES ET GROSSE FATIGUE
(Nb : Que la maman d'accueil excuse ce titre. Parfois, l'histoire ne peut pas en trouver un.
Par aileurs, cette "maman", discrète mais présente depuis des mois lors de chaque conférence-débat, a finalement pu exposer sa situation, mise en confiance par les personnes présentes.
Elle a accepté que cette histoire paraisse sur le blog, je cite :
- Si cela peut aider quelqu'un dans une situation semblable ou qui y ressemble, alors bien sûr que je donne mon accord.
Il ne s'agit évidemment pas ici d'enfantillages.
Mais d'une grosse fatigue, oui.
Le frère à 9 ans. Sa soeur en a sept et demi.
Ils ont bien des grandes soeurs et frères, mais l'écart d'âge est très important, et les deux enfants ne connaissent pas cette partie de la fratrie.
Ceci arrive encore parfois, ce que nous appelons une génération s'étant raccourcie au fil du temps.
En l'occurrence, ces deux enfants ont grandi ensemble, sans avoir de relation avec les aînés.
Leurs parents ont été déchus des droits parentaux. Le père pour maltraitance et abus, la maman pour
complicité passive.
Ce petit garçon de 9 ans a été entre autres, sodomisé et sa jeune soeur, qui a échappé à cet acte, a, tout
comme lui, été battue, maltraitée, physiquement et psychiquement.
Ils avaient moins de 3 ans chacun.
La différence dans la fratrie ?
C'est pour commencer, l'écart important entre le groupe des premiers et ces deux petits.
C'est aussi le fait que ces deux enfants, proches dans les âges, soient totalement différents.
La "maman" d'accueil parle :
- Lui est grand, elle petite.
- Elle est câline, tendre avec moi, calme.
- Lui est questionneur, sur tout : la vie, son histoire, curieux du monde.
- Elle est douce et à l'école, "ça" marche.
- Lui est injurieux, extrêment violent, tant vis-à-vis de sa soeur que de moi.
- Mon mari est gravement malade.
Le juge nous avait demandé si nous acceptions de les prendre en charge.. L'aîné avait 3 ans. Nous avons accepté.
Aujourd'hui ils sont bien plus grands mais l'agressivité de l'aîné reste la même.
- Tu es moche.
- Si tonton est malade c'est de ta faute.
Il agresse sa soeur, fait des propositions obscènes à mes filles qui sont mères de famille, raconte ce
qu'il a vécu sans paraître avoir un quelconque sentiment, agresse les enfants, est cruel avec sa soeur voire dangereux.
Il est suivi en psychothérapie et aime y aller, cela lui fait du bien.
Mais plus il grandit, plus ses provocations sont violentes.
Et je n'en peux plus. Je n'arrive pas à comprendre.
Pour comprendre la colère de "nos" enfants, lorsqu'elle nous semble précisément incompréhensible, il nous faut parfois passer par le courage d'aller chercher NOTRE colère.
C'est ce que cette "maman" d'accueil a donc essayé de faire et de dire.
Une fois avoir exprimé sa colère, nous pouvons parfois, comprendre que l'enfant ressent la même, ou un
sentiment qui y ressemble fort, mais ne peut l'exprimer que par des actes insensés, ou inacceptables, ou ne peut que la montrer par des mises en scènes ou des mots très
durs.
Nous pouvons avoir 20 ans, 30, 50 ans, 65 ans, plus... Et avoir un mal infini à évoquer une douleur qu'il est nécessaire d'exprimer pour qu'elle ne soit pas en nous, comme un noeud indémmêlable.
Et cette maman a pu constater, devant sa difficulté à "dire", combien pour un enfant de 9 ans, c'est donc
encore plus difficile.
Cette "maman" d'accueil a compris autre chose, d'importance -mais elle était toute prête à le comprendre, il ne suffisait que de le dire :
Parfois, il arrive que dans des situations de vie traumatisante (comme celle que ce petit garçon et sa petite soeur ont vécue), l'un des enfants prenne SUR lui toute la douleur.
C'est ce que nous appelons : l'enfant symptôme.
Le symptôme, c'est : le signe.
(J'ai mal à la gorge, c'est mon symptôme. J'ai une angine, c'est la raison. Cette angine est dûe à un virus : le virus en est la cause).
Et ce jeune garçon, si odieux, épuisant, insultant, agressif et violent, est probablement celui qui finalement, protège sa petite soeur de la douleur inouïe qu'ils ont vécue, tous les deux.
Cet été, le petit garçon partira en colonie de vacances.
La "maman" d'accueil se reposera physiquement et moralement.
A la rentrée, l'enfant reprendra son chemin de guérison auprès d'une psychologue et la "maman" d'accueil entamera le sien dans un espace où elle pourra également parler de sa souffrance, de sa
fatigue.
Soigner n'est pas guérir mais.... Qui veut voyager loin ménage sa monture.
Psssss : Si vous... oui vous.... avez été témoins ou victime d'abus sexuel :
NB : Je demande chaque fois nouvelle aux parents leur accord (photos et/ou citation).
A 99,99% cet accord est donné.
Néanmoins, les prénoms, âges, genre, sont modifiés pour éviter toute reconnaissance.
Merci à chacune, chacun, de votre confiance.
Merci à tous de votre discrétion.
PETIT DEJEUNER A MOSAIQUE
Pour une "première" ce jeudi 27 mai 2010, ce fut une belle première !
Et puis TOUT était remarquablement préparé :
Du café, du thé, des jus de fruit Banane ou fraises, mixées et fraîches, et des petits papiers sur lesquels les mamans avaient été invitées par la direction, à exprimer leurs soucis ou leurs
questions.
*** LE SOMMEIL, LA NUIT, A DEUX ANS - DEUX ANS ET DEMI
- Depuis tout petit, l'endormissement seul est un souci. Mon fils pleure longuement.
Les choses se passent bien uniquement en cas d'extrême fatigue.
Le reste du temps, soit deux fois sur trois, il refuse de s'endormir, pleure jusqu'à alerter les voisins, parfois, mais surtout jusqu'à en réveiller son frère aîné puisqu'ils dorment dans la même
chambre, ou jusqu'à ce que, d'épuisement, je le reprenne et l'emmène dans le salon.
Alors, tout aussi fatigué que nous, il s'apaise et s'endort.
Il arrive qu'en essayant de l'endormir, lui dans son lit, moi près de lui, je le sente sombrer dans le sommeil, mais se réveiller dès qu'il me sent sur le point de quitter la
chambre.
Il n'y a rien de particulièrement anormal à cet âge, qui est un tournant dans la croissance de
l'enfant.
La difficulté revient aux parents, qui souvent, tentent mille petites choses :
* Garder le rituel mais coucher l'enfant plus tôt afin que ceux qui partagent sa chambre ne soient pas
dérangés, surtout s'ils sont scolarisés.
* Endormir l'enfant dans le lit parental pour le transporter dans le sien une fois que l'enfant est en sommeil profond (ce qui est rarement concluant).
Il serait présomptueux de prétendre qu'il n'y a qu'UNE manière de résoudre ce problème.
Néanmoins, une fois avoir expliqué à l'enfant qu'au moment du coucher, les parents lui raconteront une histoire, ou chanteront une chanson, et qu'ensuite ils ne se lèveront plus jusqu'au
lendemain matin, il s'agit pour les parents de tenir parole.
Ce qui est finalement, le plus compliqué.
Concernant ce petit garçon, il lui arrive de s'endormir sans trop de difficultés, pour se réveiller la
nuit.
La maman alors, se réveille, se relève et vient accompagner l'enfant en restant près de lui jusqu'à ce qu'il se rendorme.
Très souvent, il semble efficace que ce soit le papa qui prenne le coucher en main. Avec bienveillance et
tendresse, mais fermement et sans céder.
La maman ayant fait le câlin du soir, seul le papa reste, puis après le rituel, dit bonne nuit et l'enfant doit savoir que sa maman ne se lèvera plus, l'enfant devant se "réconforter" seul s'il
se réveille.
Il restera aux parents à tenir leur parole, l'enfant tentera plusieurs nuits de retrouver les anciennes habitudes, puis, voyant que la décision parentale est immuable, il prendra le rythme d'une nuit complète, ce qui à deux ans, deux ans et demi, est tout à fait faisable.
(c) Merci de ne pas utiliser cette photo sans accord
*** DERNIER D'UNE FRATRIE : NE GRANDIS PAS !
La maman est accompagné d'un petit garçon, lequel se cache derrière elle durant une bonne demi-heure.
Parfois, on aperçoit son visage : l'enfant se penche, regarde, écoute.
L'aînée de la maison est âgée de 12 ans, les autres sont rapprochés en âge, SAUF ce petit garçon, qui est
un "dernier" né, arrivé pour la plus grande joie de sa maman.
- J'avoue que je n'ai pas envie qu'il grandisse.
Il arrive dans nombre de familles, que l'enfant que les parents ont eu soit plus tardivement que les autres, soit un peu le signe d'un tournant de vie pour les parents :
Il n'y a pas que les enfants qui grandissent. Les parents également.
Et le petit dernier que nous avons parfois sans l'avoir espéré, ne doit pas faire les frais de ce "vieillissement".
Nos enfants sont destinés à grandir, puis à partir, en étant des adultes autonomes et responsables à leur tour.
Ils ont le droit de s'émanciper, même du haut de leurs trois ans, de préférer aller jouer plutôt que de rester collés et en fusion avec leur maman.
(c'est à cet instant que le petit garçon exprime l'envie de descendre rejoindre les autres, et sa maman s'absentera de suite pour l'accompagner).
Lorsque la maman remontera, elle reprendra le fil de son sujet, apaisée, contente.
*** LES PREADOLESCENTS ET LIEU PRIVE/LIEUX PUBLICS
Cette maman se bat avec les "chaussettes dépareillées". Cet exemple est une image.
Tous les parents traversent avec leurs enfants, qu'ils soient filles ou garçons, cette période entre chien et loup : Ils ne sont plus petits mais prétendent être
adultes.
- Je sais ce que je fais.
- Je n'ai plus rien à me mettre.
- Pourquoi tu ne veux pas que je sorte avec untel ?
- Quelle différence entre rentrer à la maison à 22 h ou 23 H ?
- Je ne vois pas pourquoi tu râles toujours, Maman !
A respecter leur lieu intime, qui est leur chambre, nous pourrons d'autant mieux leur rappeler qu'ils se
doivent de respecter les lieux communs : Cuisine (et son réfrigérateur vidé en deux heures), salon, télévision, chambre des parents, salle de bains, chambre éventuellement des frères et
soeurs.
La maman expose la situation :
- De caractère plutôt "rangée", je repasse le linge de ma fille. La pile se forme.
Ayant d'autres choses à faire, lorsque je reviens, la pile est défaire, ma fille ayant aperçu "LE" pantalon qu'elle voulait mettre et ayant juste tiré le vêtement, déséquilibrant ainsi l'ensemble
des vêtements repassés, triés, empilés.
Ce qui n'est pas sans évoquer les préadolescents et adolescents, venant sur le mode de la critique, réclamer à leur mère la paire de chaussettes bleues ou de football qu'on ne trouve pas, le tee-shirt rose "Mais si, tu sais bien !" avec une bordure mauve.
- Mais tu ne les as pas lavés ?? Je les avais mis au "sale" !
Sauf que mettre au sale signifie pour les parents : les placer dans la corbeille prédestinée, alors que pour ces préadolescents et adolescents, mettre au sale signifie les laisser par terre devant leur porte ou sur le sol de la salle de bains.
Et cette maman, presqu'en s'excusant, dira :
- C'est idiot, dites-moi si c'est idiot, mais je suis très particulièrement énervée de devoir essuyer le miroir de la salle de bains, qui chaque fois après son passage, est tavelé de touches de dentifrice.
Une autre maman dira alors :
- Nous sommes cinq à la maison. Je demande juste à ma fille de vider le lave-vaisselle, ce qui a pris
quelques semaines.
Le remplir la dégoûtait... Qu'à cela ne tienne. Je lui ai proposé qu'elle s'acquitte au moins de la tache de le vider et de ranger les couverts.
Ce qui est pour elle, malgré tout,
une corvée. Mais là, je n'ai pas cédé.
Laissons à nos préadolescents et adolescents leur antre, leur chambre, leur espace intime.
Respectons-le.
Cela n'empêche nullement d'exiger qu'ils sachent respecter les pièces partagées par tous, et qu'ils participent à leur manière, à la vie de la maison.
Ne croyez pas que vos enfants ont oublié leur petite enfance et tout ce que vous leur avez appris : Ce
"capital" reviendra, plus tard. Ils ne l'ont pas oublié.
Mais tout en les comprenant, vous pouvez exiger qu'ils fassent attention à ce qui vous heurte.
Si une maman ne sent pas que son travail de repassage est reconnu, qu'elle essaie, un temps, soit d'inviter sa fille à apprendre à repasser, soit qu'elle cesse de repasser son linge.
Créez peut-être une corbeille autre à linge sale, dans un endroit propice, mais réfléchissez avant de vous introduire dans leur chambre pour "trier" ce qui est propre, sale, déplié, non rangé.
Au moment des critiques et des réclamations, vous pourrez, calmement, évoquer les votres, et tenter de passer un contrat d'échanges gagnant-gagnant.
*** PETITE FILLE MAL TRAITEE, J'AI PEUR D'ETRE UNE MAMAN MAL-TRAITANTE
Les parents sont issus de leur histoire, de celles de leurs parents, et
grands-parents.
C'est ce que l'on appelle le "transgénérationnel" : A travers les générations.
En grandissant, en nous confrontant à d'autres manières d'être, de vivre, en fondant nos amitiés et nos amours, nous laissons au grenier certaines manières de faire et d'être que nous avons connues, nous en adoptons ou en créons de nouvelles.
Mais parfois, ce que nous avons traversé durant notre enfance laisse des marques, ou des cicatrices, voire des blessures et des peurs.
Cette maman est mariée, et visiblement aimée par son compagnon.
Ils ont trois enfants.
Elle se décrit comme ayant un tempérament expansif, davantage "feu" que "eau".
Si elle est en colère, elle le dit, si elle est émue, elle ne le dissimule pas.
Enfant, elle a subi une forme de violence, verbale et physique, essentiellement de la part de son père.
Et ses enfants grandissant donc s'affirmant, elle craint aujourd'hui de devenir une mère acariâtre, dure, voire un peu mal-traitante, comme ce qu'elle a rejeté et détesté de son enfance, mais qui surgirait malgré elle, parfois.
- Je me suis entendue leur dire des choses horribles. Parfois, saturée de leurs disputes ou du fait
qu'ils ne semblent absolument pas entendre ce que je leur demande pour la énième fois, il m'est arrivée de dire :
- Je vais m'en aller tout de suite et vous laisser tout seuls !
Ou bien je me sens au bord de leur flanquer une fessée, ce qui serait disproportionné par rapport à l'incident.
Ou je les menace, je hurle, j'explose.
Cette maman, très émue de pouvoir exprimer ce qui lui fait si peur et si mal, pourra peut-être aller en
parler, posément, ailleurs. Non pas pour s'empêcher de devenir une maman "mal-traitante", mais plutôt pour pouvoir consoler la petite-fille qu'elle fut et la rassurer sur le fait qu'on ne répète
pas, heureusement, systématiquement, ce que l'on a subi et vécu.
DIRE NON
"Je dois répéter dix fois la même chose"
"Comment savoir dire "non" à mon enfant ?"
"Pourquoi ai-je l'impression qu'il ne m'écoute pas ?"
"Parfois je parle dans le vide"
"Même si je dis "stop" il continue..."
Souvent, les parents se plaignent et se culpabilisent d'avoir l'impression de dire "non" sans arrêt à leur
enfant.
Nous parlons ici de la petite enfance à l'âge du primaire inclus.
Le constat fréquent, source de ce malaise, est que le "non" est exprimé comme une pulsion, un automatisme.
Il semble que la difficulté soit de mesurer la pertinence du "non" prononcé à nos enfants.
La seconde difficulté tient à l'oubli de la valeur du "oui", qui est à la fois plus facile à donner.
Autrement dit, le "non" comme le "oui" sont parfois utilisés par fatigue, lassitude, impatience, voire par facilité, une facilité très temporaire puisque nous savons que l'énergie de l'enfant, sa soif de plaisir, sont intarissables.
Le fait de dire "non" à un enfant est l'une des manières de prononcer le sens de la hiérarchie.
Un enseignant, un parent, disant à un enfant : - Je ne suis pas d'accord- exprime un refus face au comportement de l'enfant, et
ce dernier va probablement ressentir une frustration, un déplaisir, voire de la colère.
Mais il aura entendu, par le "non" de l'adulte, deux faits incontournables :
1/ On n'obtient jamais tout ce que l'on voudrait.
2/ L'adulte n'est pas un "copain" : les relations ne sont pas horizontales.
C'est important que tout petit, l'enfant comprenne cela, parce que d'une part c'est très difficile à intégrer, et d'autre part,
l'acceptation de ces données vont l'aider à se construire en sachant vivre correctement avec autrui.
"POURQUOI AI-JE L'IMPRESSION QU'IL NE M'ECOUTE PAS ?"
Devant ce qui semble être une gêne au plaisir, l'enfant va avoir tendance à répéter le geste interdit, et les adultes que nous sommes avant tout intérêt à ne pas céder : Tout d'abord afin d'être crédibles aux yeux de l'enfant, ensuite pour qu'il sache que notre "non" n'est pas variable.
Répéter le geste ou le comportement, pour l'enfant, est une tentative, entre autres, de finir par obtenir notre lâcher prise.
Il va de soi que si nous cédons, la porte s'ouvre à une répétition, parce que l'enfant aura saisi qu'au bout d'un moment, nous abdiquerons.
Alors notre "non" n'aura plus de valeur.
Est-ce que je peux justifier mon non ? Autrement dit, mes "non" sont-ils systématiques et toujours utiles
?
Il arrive que des parents aient l'impression que leur enfant refuse tout, dit perpétuellement "non" parce
qu'eux-mêmes ont cette
attitude fréquente au quotidien.
Bien sûr que nos enfants prennent modèle sur leurs parents, et il est un âge où l'enfant, même devant un plat qu'il aime, va le
refuser.
Mais ce "non"-là est davantage dû à une volonté de l'enfant de s'autonomiser, de se définir.
Plus tard, l'enfant dira "non" pour la même raison, augmentée du fait qu'il est en situation de rivalité.
Ne prenons pas les "non" de nos enfants au pied de la lettre.
Il est bon, souvent, d'ignorer le refus de l'enfant, cela évite un conflit inutile et ne lui fait pas perdre la face.
"JE DOIS REPETER DIX FOIS LA MEME CHOSE"
L'enfant a parfaitement entendu votre refus. Il va réitérer sa demande, ou se mettre en mode colère, tout simplement par difficulté d'accepter de ne pas avoir ce qu'il désirait.
"Il fait tout pour m'énerver"
Concernant les petits, l'enfant ne cherche pas à vous agacer, mais juste à tester la valeur du cadre.
Il a le droit d'être en colère et vous pouvez le lui dire, en ajoutant que néanmoins vous ne cèderez pas.
La plupart du temps, tout se joue autour du plaisir à atteindre.
Il en va ainsi de l'enfant de 3 ans qui fait rouler une petite voiture sur le grand miroir mural. Le parent peut répéter vingt fois que ce jeu est interdit, que la voiture risque de rayer le miroir, que cela fait un bruit de crissement difficilement supportable, l'enfant répète son jeu, non pour vous ennuyer, mais parce que.. c'est un jeu !
Peu à peu, il intègrera votre refus définitif et cessera de prendre le miroir pour une route nationale. Voire même, il répètera
vos mots à son petit frère ou sa petite soeur.
PT'ET' BEN Qu'OUI, PT'ET' BEN QU'NON
Une des difficultés à maintenir votre "non" tient parfois aux contradictions du couple, que ce soit une
famille recomposée ou non.
Nous pouvons constater que souvent, l'un des parents souffre d'être la machine à dire "non", tandis que l'autre semble plus laxiste ou simplement moins rigoureux.
Ces différences peuvent être riches si chacun accepte de reconnaître le moment où le "non" est
véritablement nécessaire.
L'enfant ne sera jamais bien si un parent décide qu'il est l'heure de prendre le bain et que l'autre adulte, voyant le petit rechigner, commente à voix haute : - Il peut jouer encore un peu...
Sur l'instant, cet enfant sera heureux d'avoir un allié, mais au fond, cette contradiction risquant de se reproduire, il ne sera pas assuré de la valeur de la parole des adultes.
Que se passerait-il si nous disions sans cesse "oui" à chaque demande, réclamation, ou obstination de
l'enfant ?
Une maman :
- Ma fille, je lui dis "oui" tout le temps et il me semble qu'elle est parfaitement bien et normale.
Une autre maman (institutrice de l'enfant) :
- Vous ne lui dites pas "oui" tout le temps, ce n'est pas vrai de le dire ainsi.
La première maman :
- Dehors, je tiens en effet à ce qu'elle respecte les règles, donc il m'arrive de lui refuser, mais à la maison, je ne dis jamais "non". Quoi que.. Elle a trois ans et c'est vrai qu'avant, elle allait faire son petit marché dans la cuisine à
n'importe quel moment. Je lui ai expliqué qu'elle doit demander. Maintenant elle
demande, mais de toute manière je lui dis toujours oui.
Dans ce cas de figure, la maman inscrit tout de même un cadre à l'intérieur duquel sa fille peut se
mouvoir, à condition de respecter les règles dictées par sa mère, laquelle
reconnaît aussi qu'elle a fait de gros progrès au fur et à mesure de sa fréquentation des rencontres à thème.
Cette maman reconnaît que le fait d'imposer des règles est une manière de refuser à son enfant un semblant de liberté qui ne serait qu'anarchie, d'autant que deux autres petits prennent modèle sur leur soeur.
Repousser les limites en répétant dix fois la même demande, c'est pour l'enfant, tenter de jouer avec la
faiblesse que l'un des deux parents a en lui et que l'enfant
ressent.
Exemple : Hugo, un enfant de la crèche, semblait ne pas entendre les interdits, et recommençait cinq, dix
fois le même comportement : se lever de table et prendre le dessert alors qu'il
n'avait pas terminé le plat de légumes. Jusqu'au jour où l'adulte a demandé :
- Mais Hugo, qu'est-ce que tu veux au fond ?
Et l'enfant de répondre :
- Je veux une fessée.
Pour des raisons un peu longues à expliquer, Hugo venait de dire : - Je veux que tu me grondes.
Et, fort simplement, une fois les limites posées avec fermeté, Hugo a cessé de chercher les limites.
Nous avons, après le déjeuner, joué à "la fessée". Une quinzaine d'enfants en voulaient une. Il va de soi qu'aucun adulte ne la donnait, sans compter que la plupart des enfants ne savaient pas ce qu'est une fessée, pressentant vaguement qu'il
s'agissait d'une manière de gronder.
Mais puisqu'il s'agissait d'un jeu, cela fut l'occasion de parler de la loi avec le groupe des grands.
Un enfant qui ne reçoit pas de limites claires et un enfant angoissé.
Une maman ajoute :
- Et frustré.
La frustration est essentielle parce qu'elle fait partie de la réalité de la vie, et malgré tous nos
souhaits cachés, l'enfant s'y trouvera confronté assez vite :
A la crèche ou dans un autre lieu d'accueil, à l'école, avec une voisine, des grands-parents, à cause du feu vert qui nous empêche de courir en traversant, parce que le vélo est cassé et qu'il faut attendre que quelqu'un le répare, parce que
le magasin est fermé et si forte soit maman, ce n'est pas elle qui décide de son
ouverture, et mille autres petites choses de la vie qui nous frustrent et barrent
notre plaisir.
MON AMOUR, BEN IL EST PROPRE
Une maman :
- C'est compliqué.... Parce que chez moi, c'est :
- Et ben non je ne prendrai pas mon bain, non je ne f'rai pas mes devoirs et pis d'abord j'dirai au maître que c'est toi qu'as pas voulu que je les fasse, etc etc.
J'ai des jumeaux, 7 ans et demi. L'un, ça va, mais avec l'autre c'est terrible.
- Que dites-vous à cet enfant ?
- S'il ne veut pas prendre son bain, je le laisse. Il y va de lui-même un moment après. Si je dis "non" à quelque chose, il tape dans les portes, fait tomber tout ce qui est à sa portée. Alors j'attends qu'il se calme et je lui demande de ranger et il le fait.
- Donc nous ne sommes pas dans un conflit permanent, sans issue ?
La maman :
- Non, pas vraiment, même si pour moi c'est tendu. Par exemple, si je lui refuse quelque chose, il répond : - Je le ferai quand même. Et en voyant mon regard, il finit par obéir.
C'est le cas de figure de ces enfants qui semblent nous défier, nous braver, et pour lesquels nous devons
aller chercher en nous l'énergie de ne pas répondre systématiquement à leurs
réflexions. Ce petit garçon a un amour propre qui lui fait se rebeller, mais au
fond il obtempère.
C'est important, parce que la valeur de notre "non" a d'autant plus de poids si nous ne relevons pas sans cesse leurs réponses
de refus. Parfois, il est plus efficace de ne pas entrer dans le conflit verbal.
PASSAGE A L'ACTE ET CHEMINS DETOURNES
Une maman :
- Oui.. mais s'ils n'obéissent pas ? Au : viens manger - prends ton bain - fais tes devoirs ?
Ma fille, 8 ans, voulait passer par un petit chemin. Je lui ai refusé parce que j'étais un peu pressée, nous devions aller chercher sa soeur à l'école et le lui avais expliqué.
Elle m'a répondu : - SI ! Je prends le chemin !
Et elle a filé seule.
J'ai donc dû l'attendre puisque ce chemin est plus long. J'étais davantage hors de moi à cause du ton qu'elle avait pris pour me répondre. Je lui ai donné une fessée. Mais bon.. elle a 8 ans.
Ici, le ton utilisé par l'enfant vis-à-vis de sa mère est certes répréhensible et non acceptable, mais le
passage à l'acte est un peu plus problématique.
L'enfant doit entendre du parent les deux soucis :
Le premier, qui est la manière de parler à sa mère, laquelle ne peut absolument pas recevoir ce ton.
Le second, qui est de faire comprendre à l'enfant qu'elle s'est comportée, au contraire de ce qu'elle imagine, comme un tout petit enfant en qui on ne peut faire confiance.
Parce qu'il semble que cette petite-fille agit sous impulsion sans évaluer les conséquences possibles de ses actes.
Elle pourrait alors aussi bien traverser la rue sans faire attention à elle.
La maman dit qu'elle a justement ce problème, à propos de la circulation. Sa fille, par exemple, froissée par une broutille, décidant d'aller se poser au milieu de la rue.
Il est important pour les parents, de pouvoir évaluer le degré et les effets de la désobéissance de nos
enfants. Il semble que cette petite-fille, probablement pour afficher son
autonomie, ou peut-être pour se démarquer, soit de sa petite soeur, soit vis -à-vis
de l'un des parents, ou les deux, en arrive à se mettre en danger.
PRISE DE RISQUES
La maman, très émue, avoue qu'il s'agit très exactement de cela : elle sent que sa fille se met en danger
et qu'elle est perdue face à ce comportement. Elle ajoute ignorer si l'attitude de
son enfant est inconsciente ou non, mais quoi qu'il en soit, en tant que maman et
adulte, elle est elle-même égarée et ne sait pas comment réagir, quoi en dire, quoi en faire.
Cette maman comprend mieux pourquoi c'est le passage à l'acte en prenant le chemin seule malgré le refus
de sa mère qui est problématique. Parce que cette enfant, cette fois, met son corps
dans une position qui, dans une autre circonstance, pourrait la dépasser.
La maman a testé des autorisations en gardant un oeil sur l'enfant, avec des règles établies, mais elle voit bien que cela ne fonctionne pas.
Il s'agit donc de comprendre, d'essayer maintenant de décoder ce que l'enfant signifie en ce braquant systématiquement jusqu'à mettre en acte son obstination.
Par exemple, y a-t-il d'autres enfants encore ?
Comment fonctionne la notion de confiance dans la maison ?
En l'occurrence, cette petite-fille de 8 ans a une soeur aînée, âgée de 11 ans, qui met parfois du temps à
répondre à une demande de la maman, mais qui finit par
obéir.
La maman gère donc la confiance selon le mode suivant : - Prouve-moi que je peux me fier à toi et le
moment venu, tu auras droit à une liberté supplémentaire. Ce qui est en soi plutôt
constructif.
Autrement dit, la maman, soutenue par son mari, restreint à sa fille des occasions d'autonomie, par exemple aller seule à l'école.
Une maman demande très justement si la petite-fille de 8 ans ne peut pas être dans l'imitation de son
aînée, qui est préadolescente.
Ceci pourrait être le cas si ce n'était pas fréquent. Il semble que sa manière de prendre des risques lui appartienne en propre.
La maman :
- Je n'ose véritablement plus lui laisser beaucoup de champs libres, parce que quand bien même, par exemple, elle n'a nul besoin de traverser la rue pour aller à l'école, si l'envie ou .. je ne sais quel mot utiliser... lui vient de foncer sur le
boulevard, elle est tout à fait capable de le faire.
Nous avons donc une enfant de 8 ans qui est en prise de risques et il serait donc intéressant de comprendre ce qui fait agir l'enfant dans un registre pouvant la mettre en danger, parce qu'il semble ici que l'enfant mette directement sa mise en danger dans le cadre de la relation à ses parents.
L'ARBRE QUI CACHE LA FORET
A cette question, c'est avec émotion que la maman explique :
- C'est vrai qu'elle a été malade. Enfin, elle EST malade. Elle fait de l'asthme et ne prend jamais son traitement. Elle oublie de l'emmener avec elle, je dois lui répéter dix fois pour qu'elle le mette dans son cartable.
Voilà une petite fille de 8 ans, tout à fait consciente des conséquences possibles si elle n'avait pas sa
Ventoline au moment où il la lui faudrait, et qui n'a pas appris à gérer son corps,
donc son asthme.
Elle va jusqu'à placer sa maman en position de devoir lui répéter sans cesse de mettre son médicament dans le cartable.
Dans le registre affectif de la relation, la petite-fille n'a pas appris à avoir confiance en elle vis-à-vis de sa relation à son corps malade et elle sent que sa maman y pourvoit, tant le risque d'hospitalisation est important s'il y a une crise d'asthme et pas le traitement à portée de main.
Jusqu'ici, sa maman est son médicament (c'est elle qui y pense, c'est elle qui répète à l'enfant de le
prendre, etc).
L'enfant prend donc des chemins de traverses, au sens propre et figuré.
Si les parents parviennent, malgré l'angoisse, et après une conversation claire et calme avec l'enfant, à
lui dire :
- Dorénavant, et parce qu'il s'agit de TON corps et de TA maladie, il faut que tu penses TOI-MEME à emmener ton médicament avec toi, il se peut que l'enfant intègre totalemen la notion de danger.
Elle n'attend peut-être que cela.
La maman, accompagnée du papa, après avoir mis un mouchoir sur son anxiété, peut dire à sa fille :
- Je m'interroge beaucoup sur ce que tu fais en ce moment, des cates qui te dépassent et dont tu n'imagines pas les risques.
Je connais un risque que tu cours, c'est d'avoir une crise d'asthme parce que tu as oublié ton médicament. Alors oui, je vais te faire confiance, et c'est ta maladie, pas la mienne, donc je ne te rappellerai plus dix fois en une heure le matin d'y
penser.
C'est à toi de le faire. Ce danger-là, tu peux le courir.
Parce que le jeu de la non-confiance, cette enfant le retourne sans arrêt. C'est comme si elle disait
:
- Tu ne me fais pas confiance pour ma maladie et tu me traites comme un bébé. Et bien je ne vais te satisfaire : Je vais faire le bébé qui prend les petits chemins et qui s'arrête en plein milieu de la rue.
Si ce souci se résoud, alors la
petite-fille abordera peut-être, enfin, des questions qu'elle n'a jamais posées :
- Pourquoi ai-je de l'asthme ? Ca vient d'où ? De qui ?
Et c'est elle qui portera sa maladie, ce ne sera plus sa maman ou son papa.
La maman dit qu'en effet, la culpabilité des parents concernant le fait que leur fille soit asthmatique,
est très lourde.
Mais la peur aussi.
Sauf que si l'enfant est mise en face du SEUL danger qui LA concerne, et qu'elle sent que ses parents lui
disent :
- C'est à toi de prendre en charge ce danger, L'enfant n'aura sans doute plus la même relation avec ses prises de danger. Elle saura mieux les évaluer, ou ne sentira
peut-être plus le besoin de s'y confronter ni de défier la crainte de sa
mère.
La maman, émue, dit que finalement, cela lui semble être la solution.
OBJECTIF : MOI...JE
Un papa :
- Je vis avec une femme dont les deux enfants ne sont pas les miens génétiquement. La petite, âgée de 6 ans et demi, et ce
Dans un magasin, elle est capable de bousculer tout le monde, sans s'excuser, parce qu'elle a décidé
d'aller jusqu'à tel présentoir. Elle a son objectif, elle fera tout pour
l'atteindre, en dépit du respect élémentaire.
D'une manière générale, elle tient tête et s'obstine.
A l'école -elle est en CP- son comportement est sensiblement le même, un peu moins marqué en raison de l'autorité de l'institutrice, mais elle n'est pas totalement différente.
A la maison, par exemple aux repas, elle et sa soeur, aînée, ont une alliance complice, et quasi systématiquement, mettent la maman en difficulté pour voir jusqu'où elle cèdera ou tiendra. C'est plutôt de l'ordre du défi.
Autant, dans une famille où plusieurs enfants vivent, l'on peut remarquer des caractères différents, autant on peut difficilement penser qu'un enfant a "toujours" été rebelle à la loi, par exemple. Sauf si celle-ci n'a pas été formulée de manière claire.
Ici, la séparation des parents est récente, puisque datant d'un peu plus d'un an. Le papa, ou plus
exactement le nouveau compagnon de la maman, s'est véritablement installé depuis
six mois.
Pour les enfants, ce sont donc deux événements importants et récents et concernant cette enfant, ce fut dans la période où elle est passée de la maternelle à l'école primaire.
Par ailleurs, les parents naturels des enfants, donc les enfants elles-mêmes, restent assez secrets sur la
séparation.
Le nouveau compagnon n'a pas de mal à en parler, mais il est clair que la maman, le papa, et les enfants n'abordent jamais le sujet.
Le couple recomposé est en parfaite harmonie concernant l'autorité et les enfants, actuellement, ne remettent pas en cause la place que le nouveau compagnon a prise auprès d'elles.
Il semble donc que le problème se situe davantage du côté du couple parental séparé, prenant les enfants comme enjeu, ce qui déstabiliserait la petite de 6 ans et demi.
JE NE SUIS PAS "QUE" LA SECONDE..JE SUIS "MOI TA FILLE"
Souvent, le second de la fratrie est dans une situation de "jamais assez".
Les parents ont eu un premier enfant, qui durant un certain temps, a été seul avec eux et a bénéficié de cette relation véritablement "unique".
D'autant plus unique que ce premier nous a aidés à devenir parents.
Si nous regardons le cercle familial, nous pouvons nous apercevoir qu'il est très rare de nous retrouver seuls avec le second.
Mais en imaginant, en créant des moments particuliers, nous pouvons répondre à la demande du second, qui ne fait que demander à mots couverts : - Montrez-moi que j'existe de manière unique.
Cela m'évoque, et c'est un exemple flagrant, le second d'une fratrie de trois garçons : 8 ans, 3 ans et 9
mois.
Le second, âgé donc de 3 ans, n'arrive pas encore à concevoir qu'il a un "grand frère". Chaque fois que de manière tout à fait spontanée, il est question de sa place, il dit clairement : - Mes petits frères.
Le fait d'avoir un "grand frère" est pour lui une difficulté conceptuelle.
Donc nous voyons parfois des seconds qui bougent, font du bruit, nous provoquent, afin de s'assurer qu'ils sont considérés de manière particulière.
C'est ainsi qu'il n'est pas juste de prétendre les aimer de la même manière. Nous étions différents chaque
fois que nous les avons attendus puis accueillis, et eux-mêmes sont différents les
uns des autres.
Notre amour pour eux est aussi fort, mais différent.
Et les provocations naissent souvent de cette acceptation difficile à vivre ou à reconnaître de la part des parents.
Une maman :
- J'ai exactement le même problème avec ma seconde fille, âgée de 3 ans. Lorsque nous allons au parc, je la préviens, par
exemple en lui disant une première fois : - Dans dix minutes, on s'en va-. Puis une seconde fois
je lui dis : - Dans cinq minutes on s'en va-.
Ce moment est toujours difficile et la dernière fois, par mécontentement, elle a filé à la grille du parc, me rendant folle d'angoisse parce que je ne savais absolument pas si elle s'arrêterait ou si elle irait jusqu'à, peut-être, descendre sur
la chaussée.
Est-ce que l'enfant a appris les risques de la circulation ? Est-ce que les parents lui ont régulièrement expliqué qu'on s'arrête impérativement au bord du trottoir ?
La maman répond en souriant :
- Non. En effet, l'âinée n'ayant jamais posé ce type de souci, je n'ai pas appris cela à ma seconde fille.
On voit bien ici que souvent, nous nous reposons sur l'apprentissage que le premier enfant nous a aidé à
faire, et que nous oublions, à des moments "clés", que le second réagira sans doute
différemment.
Alors cette enfant, prise dans la frustration de devoir arrêter de jouer au parc, a voulu marquer sa colère en faisant peur à sa maman, peur d'autant plus grande que la maman était confronté à l'inconnu de la réaction de sa fille face à la rue et ses dangers.
Ici, à trois ans, l'enfant peut apprendre, en jouant, les dangers de la rue, ce qui donnera lieu ensuite à
une confiance donnée, à petits pas.
Le fait, ensuite, d'accepter de quitter le parc au moment où la maman le décide, donnera lieu au plaisir d'être grande et d'avoir le droit d'attendre seule à la grille, puis de pouvoir passer la grille et d'attendre derrière.
Etc.
QUAND LES ENFANTS SONT FACHES APRES LES ADULTES
Un papa :
- Sur un autre registre, ma compagne et moi sommes embarrassés par l'attitude de l'aînée, 9 ans, qui
se comporte de manière incorrecte en public.
Nous sommes par exemple invités, et il n'a de cesse que de parasiter l'ambiance par des remarques telles que :
- Je m'ennuie (à répétion, haut et fort) - Je n'aime pas les haricots - La crème chantilly ça me fait vomir - etc...
Mon sentiment, lorsque je le vois faire, est de sentir à quel point sa maman est alors vulnérable, puisque moi-même, qui ne suis pas son père, je ressens une forme de gêne honteuse à voir ce petit garçon se comporter ainsi.
Là encore, je suis d'autant plus désarçonné que je sais profondément qu'il n'a pas été éduqué dans cette forme d'incorrection.
Ici, même s'il s'agit presque d'un autre thème, on peut imaginer que l'enfant, pour des raisons obscures,
éprouve le besoin de saboter et parasiter le plaisir du couple à se retrouver entre
amis.
Le point commun est que ce garçon de 9 ans se comporte comme sa soeur (CF. plus haut) âgée de 6 ans et demi, qui bouscule les gens dans les magasins. Là aussi, les règles sociales minimales sont ignorées.
Le compagnon de la maman des enfants est d'autant plus ennuyé qu'il sent, à ces moments-là, qu'elle est au bord de quitter l'ensemble des amis et de ramener les enfants à la maison.
Ce n'est pas à la maman de partir. Les enfants doivent, quel que soit leur comportement, entendre que leur
maman partira lorsqu'elle en aura envie.
Son compagnon lui a donné le même avis il y a peu de temps.
Mais rien n'empêche que l'un des adultes, la maman ou le compagnon, sorte avec l'enfant pour lui expliquer
clairement que son attitude est inacceptable et fort incorrecte.
Tous les adultes dignes de ce nom comprendraient fort bien cette situation et puis, au retour de l'enfant, continueraient à parler spontanément. L'enfant y sauverait son amour propre.
Il reste peut-être, ensuite, à aider les deux enfants à parler de leur colère envers les adultes.
LA PATATE CHAUDE
Un papa :
- Lorsque la maman de notre enfant et moi nous sommes séparés, j'ai été désemparé avec "la patate
chaude" de la culpabilité, durant six moix. Notre fils a quatre ans.
Et bien, de la même manière, il m'a pourri la vie pendant ces six mois.
Parce qu'il avait en face de lui un père qui n'en était plus un.
Il me sentait déstabilisé et c'est lui qui tenait le levier pour obtenir tout et n'importe quoi.
Mais au fond, c'est parce que de me sentir fragilisé, lui-même l'était.
Une fois qu'on a trouvé sur quel levier l'enfant appuie, nous pouvons changer les choses, modifier notre comportement de sorte que le "levier" ne marche plus.
Le même papa, se trouvant par ailleurs être instituteur se souvient de ses débuts :
- Recevant un lundi un couple de parents accompagnant leur petite en CP, qui avait durant le week-end, frappé sa mère à coups de poings, en raison d'une grosse colère.
La mère demandant à l'institeur d'expliquer à l'enfant que ce geste est interdit, ce qu'il s'est refusé à faire.
Il a pu dire qu'il appartenait aux parents de nommer la loi à cette petite fille.
Le père ne pouvait pas le faire, parce qu'il traversait une période de mésestime de lui, ayant à 50 ans perdu son travail et n'en ayant pas retrouvé, après des années de recherches.
De ne plus se sentir être un homme, il ne se sentait plus être un père.
La petite fille essayait certainement de pousser ses parents à reprendre leur place, et les parents, faute de pouvoir décoder le message, en appelait à l'instituteur comme s'il était un papa symbolique.
Une maman :
- Je m'aperçois que souvent, mon mari m'appelle lorsqu'il n'y arrive plus.
Nous devons apprendre à rendre à l'autre, conjoint, ami, compagnon, peu importe le terme, la place qui lui
revient.
Et si l'habitude s'installe de voir l'un des deux nous appeler à l'aide pour gérer un des enfants, il est important de lui dire :
- Je ne m'occupe pas de cette situation. Elle a commencé avec toi, c'est à toi de l'assumer.
Cela redonnerait à l'adulte une image de confiance, et permettrait à l'enfant de sentir qu'aucun des adultes ne semble fragile.
Enfin, quelques parents évoquent l'enfant qui dit "non" mais mange tout de même, ou qui dit : - J'allumerai la télé même si tu veux pas, mais qui ne l'allument pas.
Il est bon, et c'est écologique pour tous, que les parents sachent ne pas relever les "non" d'affirmation
d'autonomie de l'enfant.
Il y a des "non" et des "Je le ferai quand même" , nécessaires à l'enfant pour grandir, mais qui ne valent pas la peine d'être relevés.
bara bla bla