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à la demande générale, la nouvelle de Fanny ...




Blanc. Ça me fait mal tout ce blanc. Étau dans ma tête. J'ouvre les yeux. Trop de blanc. Je ferme les
yeux. Mâchoire serrée, tuyau dans le nez. Merde, j' comprends pas, J' peux pas bouger. Blanc.
J'ai mal. Blanc.


Noël. Depuis un mois déjà effervescence en ville. Passants pressés, chargés, surchauffés. Les
lumières scintillent, les marrons chauds grillent et les cabanons du marché de Noël grouillent de
monde. Depuis un mois déjà, je te découvre. Toi, bel homme ou plutôt pas trop, charmeur surtout,
discret, assez cultivé. Rencontré chez Laurence lors de sa crémaillère. Drague à l'ancienne loin des
rencards à coup de SMS. Il a fallu presque trente jours pour que tu te décides. Et qu'on se retrouve
un soir sur la Grande Roue. On a quitté pour un tour l'agitation d'en bas, on a quitté pour un second
tour le brouhaha terrestre. Et dans le vent glacial de décembre, tu m'as embrassé en murmurant
 « je t'aime ».


Ensuite? On a fait comme tout le monde. On s'est juré d'y croire. Et sans s'en apercevoir, on s'est
retrouvé étrangers. On est passé de l'appartement exigu à la maison lumineuse. On s'est marié, on a
acheté une Renault 5 rouge, on a déménagé à Besançon puis Louise est née. Louise, ma belle
Louise. On est passé à l'Opel Vectra. On avait un jardin alors on a pris un chien. Un boxer parce que
c'est gentil avec les enfants. Louise, elle, a réclamé un lapin nain. Blanc.


La Grande Roue tous les ans elle tourne. Je la regarde d'en bas. Le charme est rompu, place aux compromis.
Maintenant on a même un sèche-linge et une Mégane avec la clim. Tu trouves que pour l'été avec la
gosse c'est bien pratique.
Je ne me plains pas. Christian et Corinne viennent de se séparer bruyamment; le fils d'Antoine triple
sa première et Cédric lutte contre un cancer. Y a juste des jours où j'aimerais que la magie s'opère
aussi pour nous. Tu crois que je tente une lettre au Père Noël ?


A nouveau décembre. Louise feuillette les catalogues de jouets qui ont envahi la boite aux lettres.
Découpage, lettre au Père Noël sur du papier rose, parsemé d'extraits de catalogues et enveloppe
pailletée à souhait. Au dos son adresse cernée d'un coeur. Rose.


Le repas est terminé, la montagne de cadeaux s'est fondue en un champ de bataille d'emballages et de
rubans. Chacun regroupe ses présents dans un coin. Tu m'as offert le dernier Gavalda, j'ai renouvelé
ta bouteille de parfum annuelle. On s'est embrassé. Et tu as murmuré « je t'aime ». J'ai eu besoin du
vent glacial et j'ai proposé à Louise de tester de suite son nouveau vélo.


Comme elle est fière et belle à pédaler dans le froid. Toi, ton baiser m'avait offert un voyage dans le
temps. J'ai revu ton sourire dans les lumières qui scintillent.


« On fait la course, Maman? »
« D'accord ! D'accord pour un autre tour, d'accord pour un cornet de marrons grillés. En avant pour
la magie. » Les roues de Louise tournaient vite comme la Grande Roue dans mon esprit. En route
pour les promesses, le futur est à nous. Moi aussi, je t'aime...


Deux phares dans la nuit brusquement.
Noir.


Fanny HALLET


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 Fanny Hallet est aussi la représentante du comité de parents à notre conseil d'école, si si !

psst ! c'est la maman d'Antoine .... on n'est pas peu fiers !


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20 années scolaires à Bara.

Fives était un quartier très populaire.
Je suis arrivée ici comme en milieu hostile. Et tout m'a dit rapidement que ceux qui me mettaient en garde se trompaient...

Les gens d'ici m'ont tout de suite plu . La simplicité des rapports , la facilité des liens qui se construisaient .

J'ai trouvé ma place à Fives alors que je venais d'ailleurs . Je me sens fivoise depuis vingt ans, sans être du Nord.

J'ai pris beaucoup de plaisir à construire cette école, lentement, pas à pas, et comme dit Anne ( notre maîtresse de petits ), sans jamais rien lâcher.

Je suis obstinée. C'est vrai. C'est parfois très pénible pour l'entourage,  mais je crois que c'est finalement précieux lorsqu'on s'attache à un projet d'éducation.

Car rien n'a été simple. On s'est battu ensemble pour imposer un accueil des petits digne de ce nom. On a ouvert l'école parce qu'on croyait profondément à la place des parents aux côtés de leurs enfants .

On s'est battu pour imaginer les solutions à nos rêves: la bibliothèque qu'on partage maintenant avec Filofil, les temps du midi pendant lesquels l'association » école et son quartier » intervient désormais.

On a imaginé le temps de rencontre des parents le vendredi soir, avec un café d'abord, puis l'invitation de « pointures » , comme Amélie Gahete.

Rendre tous les temps de transitions les plus paisibles possibles, mettre la culture au centre de la vie de l'école .

On a rêvé à tout ça. On a fait tout ça . On n'a pas fini, c'est sûr . Mais personne ne se souvient plus de ces combats, comme s'il était évident que l'école, c'est partout comme ça . On peut continuer à se battre pour garder au chaud ce qu'on a construit, mais se battre contre des moulins à vent est plus plaisant lorsqu'on se bat ensemble .


On peut dire que ces derniers temps, les choses ne me conviennent plus . Je reconnais toujours ceux qui m'ont accueillie à l'école il ya 20 ans .

Ils m'interpellent toujours aussi vivement et sont toujours aussi présents dans la vie de l'école, chaque fois qu'on a besoin d'eux. Je les remercie, et je pense chaque jour que je ne leur dis pas assez . Je crois que je saurai désormais leur dire au détour d'une crêpe offerte ! 

Mais ce qui faisait le charme de notre école en signe maintenant toutes les limites .

Chaque nouveauté proposée est immédiatement démontée. Nous sommes malmenés par notre ministère. Nous le sommes désormais aussi côté parents, ce qui n'avait jamais été le cas .

Nous avons besoin de respirer, de faire notre métier tranquillement . Pour faire les choses au delà des attaques de tous les jours, nous avons besoin de soutien.

La grève n'est pas tranquille. Elle ne le sera jamais .

Il y en aura d'autres. Gardez précieusement le petit mot que vous aurez jeudi. Ce sera le même la fois suivante. Il n'aura malheureusement pas le goût du journal de la veille .

Je ferme ce blog le temps de nous refaire une santé, si cela est possible .

Merci à tous ceux qui auront déposé de temps en temps des commentaires qui n'avaient l'air de rien et qui nous disaient que cela valait la peine.

Bonnes vacances aux autres !





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Mercredi 10 septembre a été livrée une importante quantité de matériels aussitôt mis en place rue St Just, juste en face de l'école, dans l'immeuble qui surplombe notre école.

C'est un immeuble de 9 étages sur lequel se trouve déjà un champ d'antennes macrocellulaires « classiques » sur mât de téléphonie mobile.

Le matériel installé est une antenne directive du type « parabole de faisceau hertzien ». Ce type de matériel est utilisé pour les liaisons haute fréquence « point à point » .

De nombreuses municipalités tentent d' imposer un périmètre de sécurité autour des écoles et des hôpitaux, souvent contredites par le Conseil d'Etat.

Tout récemment, c'est la justice qui a été saisie par des familles qui portent plainte .

Inquiets, les riverains de notre école commencent à s'organiser . Tenez nous au courant !

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