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L'AMOUR, LES SENTIMENTS, LA SEXUALITÉ,
C'EST QUOI POUR NOS ENFANTS ?

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Ce thème a été pensé à partir de la polémique créée par le film intitulé :

LE BAISER DE LA LUNE

Le réalisateur Sébastien Watel, ayant produit ce dessin animé en un DVD de 20 minutes, pour un public d'enfants essentiellement de CM1 et CM2 soit de 9 à disons 11 ans.



(Je cite ci-dessous l'intention de Sébastien Watel) :
"Le baiser de la lune dépeint, de façon poétique, différentes façons de s’aimer, dont celle de deux « poissons-garçons ».
À travers ce film, je souhaite apporter une meilleure représentation des relations amoureuses entre les personnes du même sexe.
Il s’agit de montrer que deux hommes ou deux femmes peuvent s’aimer, même si leurs amours paraissent différents ou impossibles.
Ce film d’animation s’adresse à un public enfant, afin de lutter contre l’homophobie survenant à l’adolescence.
Au-delà de la problématique homosexuelle, ce film est une lutte contre les discriminations, par un apprentissage du respect de l’autre et de sa différence."
(Sébastien Watel)

 


Ce film est actuellement inacccessible dans son intégralité (soit le 28 février 2010), et je ne puis que vous évoquer la bande-annonce.
Il s'agit d'une chatte, ayant probablement vécu longuement, puisque quelqu'un l'appelle "Grand-mère", et cette grand-mère chatte, attend telle Pénélope du haut du donjon de son château, son prince charmant, vainement.
Ce qui ne l'empêche nullement d'observer la vie autour d'elle, notamment celle d'un poisson-Lune et d'un Poisson-Chat.
Félix (l'un des poissons) raconte à voix haute la rencontre avec Léon (un autre poisson), et cette amitié, ce sentiment d'amour qui les a unis.
À un moment, Félix parle de la lune qui a rendez-vous avec le soleil -ceci ne concerne que moi mais j'ai évidemment pensé à la chanson de Charles Trénet- soleil et lune ne se rencontrant jamais.
Et Félix est heureux d'avoir reçu de Léon ce qu'il appelle "une lumière".
Félix dit également que Léon voudrait que leurs sentiments éclatent au grand jour.
Voilà pour le résumé de la bande-annonce.
 
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Ce film a été interdit de diffusion dans les écoles primaires par le Ministre de l'Éducation Nationale, lequel a finalement annoncé qu'aucune sanction ne serait prise à l'encontre des chefs d'établissement qui souhaiteraient que les élèves le voient.
En revanche, fleurissent depuis plusieurs jours, polémiques et pétitions innombrables, soit POUR soit contre la diffusion de ce film aux enfants de CM1 et CM2.
 
De ce que j'ai pu en lire, concernant la critique négative et l'argumentation s'opposant à ce film, je retiens trois arguments :


1/ On ne fait pas des chiens avec des chats. Par conséquent l'on ne peut faire des poissons lorsque l'on est un chat, ce qui suppose comme insensée l'idée qu'une chatte soit la grand-mère de poissons.
(Le critique, faisant ainsi référence à la chatte en haut de son donjon, que l'un des poissons appelle "Grand-mère", oublie que le terme "grand-mère" peut être utilisé comme il arrive partout dans nos villages, en parlant d'une dame âgée.

Nul ne dit, dans ce film, qu'il s'agit de LA grand-mère biologique.
Par contre, il existe des "poissons-chats" et l'on peut tout simplement imaginer qu'il s'agit d'un clin d'oeil de la part du
réalisateur, ce qui serait une manière de dire que chacun a un destin de nature : Tu es chat, je suis femme, tu es critique, je suis philosophe, tu es mon petit caillou, je suis ton ami Pierrot etc etc. Pourtant nous sommes différents mais semblables ... à chercher notre âme sœur).
 
 
2/ L'idée de parler de poissons mâles est absurde, puisque les poissons n'ont pas de sexe et qu'ils deviennent femelle ou mâle au moment de la reproduction, en fonction de facteurs tels que par exemple, la température de l'eau ambiante.
(Le critique, bien renseigné, oublie l'essentiel, à savoir qu'il s'agit d'un conte, et que dans un conte, on trouve ce que
l'imaginaire de son auteur produit, ce qui, en somme, est le propre des contes, de pouvoir donner libre court à la Liberté magnifique et unique des rêves de leur créateur, sinon cela s'appellerait plus prosaïquement : un documentaire animalier).
Rappelons que l'imaginaire des conteurs a produit (liste non exhaustive):
Des licornes : invraisemblable
Des elfes : inimaginable
Des fées : même pas en rêve
Des gnomes : pas beaux
Des sphynx : que des horreurs
Des ogres : de gros mangeurs
Des Mooglie : c'est quoi ce mutant
un Petit Poucet : surdoué avant l'heure, et que tous ses frères écoutent, alors là on se fout de nous
Un haricot grimpant jusqu'au ciel : quand je pense qu'on ne parlait même pas encore des OGM 
Et j'en passe, depuis les sorcières magiciennes en  Mayenne, jusqu'à ces êtres étranges grouillant en forêt de Brocéliande.
 
 
3/ Félix dit avoir reçu la lumière de Léon, et le critique, à force mots, nous explique, nous assène, que ladite lumière ne peut être que l'aveu et la révélation  d'un rapport sexuel entre les deux poissons.
(Le critique oublie que nombre de personnes reçoivent, par exemple comme j'en ai été l'heureuse victime ce jour, un rayon de lumière parce que le soleil avait traversé un nuage, sans avoir aucunement l'impression, malgré ma joie, d'avoir réalisé un acte sexuel). 
 

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D'autre part, la lumière peut tout aussi bien signifier "la révélation" ou "la fulgurance", coup de foudre ou amour ou d'amitié, comme beaucoup d'êtres humains en ont vécu, étant petits ou plus âgés. 
Ce qui est bien suffisant tant c'est fabuleux lorsque cela nous arrive.
 
Francis (un papa) ajoute :
- La lumière dans les contes, est un élément récurrent, qui pour les enfants, symbolise souvent une sorte d'illumination, quelle que soit la manière dont les "psys" ou les adultes peuvent l'interpréter. L'effet de la lumière est aussi souvent une sorte d'éclairage sur l'histoire, ou de tournant dans l'histoire.
 

Si nous nous arrêtions à ces trois arguments, il faudrait alors interdire  :
-"Peau d'âne" qui se dissimule sous une peau d'âne (beurk) pour échapper au désir de son père de se marier avec elle (soit
l'inceste),
- "Le petit Poucet", multipliant par deux fois ses dons d'ingéniosité puisque la DASES n'existe pas, afin de déjouer le voeu de parents qui cherchent à abandonner leurs enfants par désespoir,
-"Blanche Neige", qui est empoisonnée par la jalousie jusqu'au désir de meurtre d'une femme substitut maternel haineuse de la jeunesse et la beauté de Blanche,
- "Le chaperon rouge" qui voit sa Mère-Grand déguisée en Loup séducteur afin de la dévorer,
- "Barbe bleue", tyran de sa femme et meurtrier de ses enfants par orgueil,
- "La petite fille aux allumettes", crevant de solitude, de froid, de faim et de désamour par indifférence de toute une société.
Etc. etc.
 
Quoi qu'il en soit, "Le Baiser de la lune" est un conte, ni plus ni moins.
 
                               

Et la nature des contes étant d'attiser fantasmes et rêveries, la "censure" actuelle a idéalement rempli sa fonction :
Nous sommes bon public, nous ne sommes et ne serons que des enfants et donc, nous voulons voir ce conte. Faites-nous rêver. Nous deviendrons grands après si le conte est bon et même, nous vous le dirons !


Mais en attendant, la réalité s'impose et au lieu d'éplucher chaque personnage, scène ou mot d'une très courte Bande-Annonce, cette polémique nous a plutôt inspiré, de manière plus constructive, la question de savoir ce que nos enfants nous disent de l'amour, des sentiments, de la sexualité, quels qu'ils soient, de quelles subtiles ou claires façons ils nous questionnent à ce sujet.



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La question est également de savoir comment nous, adultes, parents, répondons à leurs éventuelles interrogations ou attitudes ?

Avec quelles inquiétudes, quelles images fabriquées, quelles craintes, quelles réactions venues de notre enfance, éducation, croyances, fausses ou non, réagissons-nous aux questions, aux gestes, aux propos de nos enfants, concernant : les sentiments, l'amour, la sexualité ?


Au risque de choquer certains, nous naissons avec une sexualité. Dès lors que, garçon ou fille, nous avons franchi les lèvres de notre mère, nous existons avec un genre, donc nous sommes sexués. Cette sexualité est aussi balbutiante que le nouveau-né mais elle existe tout comme il existe.
 
Nous naissons fille ou garçon, et pour ponctuer avec "Le Baiser de la Lune", en poussant les arguments "contre" à leur limite, il faudrait alors ne pas permettre aux enseignants d'apprendre le singulier, le pluriel, le féminin et le masculin.
Parce que ces notions fondamentales de la langue, lorsque nous les acquérons étant enfant, nous renvoient de fait à notre identité. Et il se trouve qu'elle est sexuée.
 
Le nourrisson, et là les mamans le savent, sont d'emblée dans le plaisir de ressentir notre caresse, un baiser, un effleurement, la douceur d'une main maternelle ou paternelle lors du change, la manière d'être comblé infiniment par le contact d'un sein ou d'une tétine de biberon sur les lèvres.

                                      

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Le tout petit est érogène : tout peut lui être plaisir et sensualité.
De semaines en mois, le nourrisson va préférer telle posture, sur l'épaule ou contre une poitrine, et nous deviendrons parent nous aussi en devinant, en pressentant, ce qui convient à apaiser et donner du plaisir à notre enfant.
C'est ainsi que très tôt, nos enfants si uniques, trouvent eux-mêmes les endroits du corps qui leur sont le plus sensibles : untel s'endort en tournant le doigt autour du bouton de son nombril, un autre en longeant le lobe de son oreille, un autre encore en tétant avec ses lèvres, ainsi de suite.
 
 
 
LÀ OÙ IL Y A DE LA GÊNE, IL N'Y A PAS DE PLAISIR


Et puis plus tard, vers deux ans, deux ans et demi, vous avez à faire avec la masturbation de l'enfant, qu'il vous faut recadrer gentiment, parce que rien ne l'arrête pour venir au milieu du salon se donner du plaisir sous le regard des parents, mais éventuellement des frères et soeurs.
(Ici, les parents éclatent de rire, visiblement par effet de reconnaissance de la scène).
 
Ceci ne signifie d'ailleurs aucunement que cet enfant n'a pas commencé à se masturber bien avant, simplement, entrant dans une période de revendication de sa personne, de séduction destinée à l'un ou l'autre parent, il/elle ne craint pas de s'afficher, de manière très spontanée.
 
Ce n'est pas le plaisir en soi qui est à recadrer ou interdire, c'est bien évidemment de se le donner devant autrui, fut-ce une personne intime (parent, soeur, frère, grand-parent etc).
C'est à la fois un acte de protection et de prévention, que d'expliquer doucement à l'enfant qu'il peut poursuivre ce geste, mais seul, dans sa chambre ou son lit, que personne n'a à le voir parce que c'est son corps, son secret et son intimité.
Ce qui est également une manière de commencer à lui dire que nul n'a le droit de le toucher ("Touche pas à mon corps").
 
Et si, par bonheur, ce sont les frères et soeurs qui le lui interdisent, ceci est d'autant mieux que leurs paroles revêtent le sens de la transmission d'un "tabou" qui a donc été compris, intégré.

Nous ne pouvons imaginer que la sexualité de nos enfants se déclenche ou se réveille, comment dire... le jour du premier anniversaire, ou du second. C'est une évolution, inscrite dès la naissance, qui évolue avec lui.
 
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C'est ainsi que nous avons vu à la crèche un petit garçon de deux ans et demi, clairement titillé par ces questions, aller aux toilettes de la crèche et annoncer :
- Je ne m'asseois pas parce que sinon, mon zizi tombera dans le trou.
Puis, le même jour, alors qu'il aimait assez s'installer aux toilettes avec sa copine Assia, refuser de le faire parce que :
- Si je m'asseois à côté d'Assia aux toilettes, ça va faire pareil pour moi, puisqu'elle, elle l'a déjà perdu, son zizi !
(il craignait peut-être la contagion !)


C'est aussi l'histoire de Loli, ayant perdu sa maman le jour de Noël, et qui, dans les semaines qui ont suivi, se masturbait de manière fréquente pour s'endormir et de manière flagrante dès que l'heure des parents arrivait.
Loli, à défaut de pouvoir recevoir la caresse et le câlinage de sa maman, recherchait un substitut pour apaiser son manque.
Avec ces deux enfants et leur(s) parent(s), nous avons bien évidemment travaillé ces manifestations, en présence de l'enfant.
Ces exemples peuvent, peut-être, aider les parents mais aussi les professionnels.

 
Par ailleurs, nos enfants ne parlent pas de "sexualité" : Ils parlent de curiosité concernant leur genre.
Par exemple ," Le zizi sexuel" de Titof est un trésor de finesse, d'humour, permettant aux enfants d'échanger entre eux, de s'informer en toute simplicité, de sauter les pages dont les thèmes ne les intéressent pas encore etc.


Un papa :
- C'est un livre tout aussi intéressant pour les parents !
 
Une maman :
- J'avoue que j'aime ce livre mais qu'à la fin il y a des pages.. heu.. C'est quoi la masturbation... et je trouve que pour des enfants de 9 ans, c'est... un peu tôt. Enfin, pour moi.
 
(rires des parents, certains probablement étant soulagés de la réflexion de cette maman, d'autres étant gentiment moqueurs puisque la maman a eu dans le ton de sa phrase, une intonation qui laissait entrevoir qu'elle ne croit pas tout à fait à ce qu'elle dit).
 
La crainte qu'un enfant lise un tel sujet, qui je le répète, s'adresse avec finesse aux enfants, est soit liée à celle de l'adulte que vous êtes, de vos propres souvenirs, soit elle est liée à la connaissance que vous avez ou croyez avoir de votre enfant.
Dans les deux cas, votre fille de 9 ans lira ou non la page, avec une reconnaissance c'est-à-dire en s'y retrouvant, ou avec indifférence.
 
La maman, courageuse, continue et lâche enfin ce qui lui tient à coeur :
- Oui, mais pour les filles... C'est très différent.
 
(les parents éclatent de rire. Remarque : la majorité des présents sont des femmes).
 
Les filles... ne se masturbent pas alors que les garçons, si ?
 
La maman acquiesce et ajoute, avec le doute dans la voix :
- C'est-à-dire que pour les garçons, on ne peut pas ne pas voir. Alors que pour une fille, il n'y a rien à voir.


(Haaa.. les représentations que les mères se font parfois, de leur fille !)
Si tant est que cette maman pense que sa fille, âgée de 9 ans, ne s'est jamais masturbée, nul n'est là pour la convaincre du contraire, l'important étant que ce plaisir très naturel ne lui soit pas signifié comme étant malsain.
Les remarques et la question de cette maman sont très importants, parce qu'elles nous provoquent, nous adultes, à savoir comment nous regardons nos enfants concernant le sujet de la sexualité et de leur sexualité.
 
Il se peut que cette petite fille de 9 ans ait un plaisir intime qu'elle dissimule fort bien afin de protéger sa maman et elle-même, autant qu'il se peut qu'elle ne soit pas dans ce registre pour des raisons que nous ignorons.
Quoi qu'il en soit, c'est bien de la manière dont les parents parlent sans gravité ni interdit de ce sujet que les enfants pourront avoir l'audace de poser des questions.
 
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QUAND LES ENFANTS S'ENVOIENT DES NOMS D'OISEAUX


Les enfants ont mille manières de mettre de la sexualité dans leurs échanges. A commencer par "cacaboudin" vers 2 à 3 ans, en passant par le mot "Pédé" lancé dans la cour d'école, dont la majorité d'entre eux ne connaissent pas même le sens.
Ils savent juste que la coloration de ce terme équivaut à une insulte et se veut péjoratif.

Une maman fait remarquer :
- Même le mot "con" - Tu es un con !, est un terme dont la plupart des adultes ne savent pas l'origine. Mais tous y mettent du cœur en le disant, que ce soit en étant au volant d'une voiture ou pour se soulager d'un voisin, d'un collègue ou d'un quelconque importun.
 
 
 
DES NOMS D'OISEAUX AU NID D'OISEAU
 
Vers 3 ans environ, les enfants posent des questions simples, qui ont néanmoins rapport avec la sexualité même si leur teinte est sur le versant existentialiste :
- Comment on fait les bébés ? ("c'est quoi cette bouteille de lait ?")
- Maman, avant que je naisse, où tu étais ?
Et mille autre questions, qui laissent constater que l'enfant se crée une raison du monde et de sa propre existence : Il pense parfois que ses frères et soeurs ne sont pas véritablement de la maman, où que le monde ne vivait pas avant que lui ne naisse, ou que sa mère est née en même temps que lui, etc...
 
De même que selon leur évolution et l'attachement affectif ou la rivalité qui les remuent, certains enfants jurent fermement que c'est le papa qui fait le bébé. Ce qui en soi n'est pas totalement faux mais manque disons.. de complément, c'est le moins qu'on puisse dire.
 
La véritable question : Comment on fait les bébés ? - qui suppose clairement une explication précise, arrive environ vers 7 ans.
(Quand on pense que l'on appelle cela l'âge de raison !).
Et c'est lors de l'arrivée de ce questionnement très précis que certains parents se trouvent malgré tout embarrassés pour répondre.
 
Ce qui est à la fois le plus rassurant et le plus sage est de répondre à l'enfant en restant dans la cadre de ses questions, et de ne pas aller au-delà de sa curiosité.
Nous pouvons nous en rendre compte dès lors que l'enfant ne pose pas d'autres questions et semble se suffire de nos explications.
Rien n'interdit non plus de trouver des livres intelligents et explicatifs, et de les lire ensemble.
Les parents peuvent également profiter de l'occasion d'une visite de cousins ou de copains (cousines/copines) pour offrir un livre adéquat.
 
 
Je me souviens de deux amis, Bastien et Mohammed, le second étant invité à passer une nuit chez le premier.
Ils ont lu "le Zizi sexuel" et en ont discuté, au moment du coucher, pendant presque deux heures, ce qui a donné entre autres effets, appel à mon arbitrage sur la question suivante :
- Est-ce qu'on peut dire "Coui.... ?"
Le second répondant avant que je n'aie pu dire quoi que ce soit :
- Non ! Parce que ce n'est pas du tout pareil que les Sexycules !
Le premier lui rétorquant :
- On dit les : Testicules !
(Ces deux enfants avaient, l'un 6 ans, le second 7 ans).

Le fait que les enfants sensiblement du même âge s'éclairent ensemble de leurs connaissances quant à leur curiosité et interrogations est profitable à tous.
Ceci n'empêche pas les parents de répondre aux questions.
 
 
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MA PRÉFÉRENCE À MOI
 
Nous aurions tort de penser que nos enfants, à l'âge de l'école primaire, ne sont pas curieux de la sexualité, en général autant qu'en particulier.
Du reste, et les institutrices de maternelle le savent, les enfants ont des préférences de relation qui varient au fur et à
mesure de leur croissance.
 
C'est ainsi que les petits garçons de maternelle ont des amoureuses et des bons copains, les petites-filles ont des amoureux et des bonnes copines. Il n'est pas besoin de mots pour observer leurs élections.
A partir du CP, en CE1 et CE2 déjà, les filles restent entre filles et les garçons préfèrent la compagnie des garçons.
Est-ce pour autant qu'ils sont homosexuels ou hétérosexuels ?
Et bien non, cela n'a rien à voir.

 

Ce qui n'empêche pas certains de se poser la question, sous une forme plus voilée, soit parce qu'ils sont plus matures sur cet aspect, soit parce qu'ils ont des aînés et les voient évoluer sur la planète des amours et des sentiments.


 Une maman :
- Ma fille de 9 ans n'a pas d'amoureux, et toutes ces copines ont un amoureux... ?
 
Certains enfants ont un jardin gardé bien plus secrètement que d'autres.
Ou bien cette enfant vous protège en ne parlant pas de ce domaine précis.
Enfin, on ne peut pas être à la foire et au moulin, et il se peut que cette petite-fille soit très occupée par autre chose de sa vie, du moins actuellement.
 
 
 

AMOURS ET SENTIMENT,TOURNEZ MANÈGE


Certains enfants de cet âge ont des copains sur le mode large, ils sont par exemple des boute-en-train, des locomotives, et sont estimés de la plupart sans avoir déjà envie ou besoin de relation un peu exclusive.
 
Mais la plupart du temps, les filles ont "des" amoureux et les garçons "des" amoureuses, le tout variant avec allégresse dans le temps : On s'aime, je l'aime plus, je la parle plus, il m'a traité, Ethan maintenant il préfère ma copine mais je m'en fous, etc....
 
(ici, majorité de parents reconnaissent leur enfant)

La période du primaire est une phase de l'évolution de l'enfant qui est propice, avec ses copinages, amitiés, "amoureusités", à cette découverte des sentiments, de l'amour, de l'attirance.
Les relations dites précieuses sont volatiles, certaines, notamment les amitiés avec le même genre sexuel, peuvent durer des années (c'est MON ami(e) !) et les parents le constatent parce que notre enfant parle très souvent d'unetelle ou d'untel.

Les garçons par exemple, ont des sentiments forts de type communauté de genre, avec le besoin physique de jouer à la bagarre, de se confronter à une forme de compétition, c'est-à-dire de s'affirmer en tant que garçon par le jeu de miroir avec les autres.
 

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LE CORPS ET LA SCIENCE


Dès lors que nos enfants, étant tout petits (crèche, maternelle) apprennent à ne pas faire du mal au corps de l'autre, de même que les victimes -jamais les mêmes- ont le devoir de se défendre et de refuser un contact brusque, qui n'est qu'une tentative d'entrer en communication, les plus grands, une fois ces interdits acquis, vont aller à la recherche de découvertes ou recherche de sensualité.
 
Nous devons soit nous souvenir de notre enfance, soit admettre qu'entre 6 et 10 ans, selon encore une fois l'incroyable curiosité de nos enfants pour les choses de la vie, il y ait des expériences vécues en secret.
Et cela n'a rien d'anormal.

Ainsi, deux couples, amis de longue date, avaient pour coutume d'inviter la copine de leur fils, les deux enfants n'ayant qu'un an d'écart.
Puis un jour, la maman du garçon, très empêtrée, est venue parler à ses amis, parents de la fillette, expliquant sa gêne à l'idée qu'en emmenant leur fille en vacances, il se passe "des choses" entre son fils et leur fille, âgés de... 8 ans et demi.

Il a donc été convenu que ce serait les premières vacances durant lesquelles les deux amis ne dormiraient pas dans la même chambre, puisque visiblement, la maman du petit garçon était anxieuse.
Ce qu'elle ignorait, c'est que les deux enfants avaient déjà pratiqué quelques exercices ayant pour vocation de satisfaire leur curiosité, dans les toilettes de la maison du garçon, à l'insu des adultes.
Remarque : les exercices s'étant limités à comparer le "zizi" de chacun.
(La petite-fille l'ayant très simplement, à l'époque, raconté à ses parents et le petit garçon, aujourd'hui âgé de 30 ans, n'en ayant probablement jamais parlé, sa mère étant une grande inquiète).


ici, les parents se soulagent en riant, permettant ainsi à une maman de conter une anecdote :
- Marie, un jour, rentre à la maison en me disant :
- Ca y est maman, tu sais, Aline, elle l'a fait.
- Et (dixit la maman), je demande à ma fille :
- Elle a FAIT QUOI ???
- Elle a embrassé un garçon
Ce qui, dit la maman avec un ton d'autodérision, l'a fait s'exclamer, avec soulagement :
- Ahhhhhh ! D'accord !!!
 
 
 

LE PRINTEMPS DES TROIS ANS


Un excellent moyen pour que les parents ne s'affolent pas de ce que les enfants de primaire découvrent, voire recherchent, et de se souvenir de ces mêmes enfants étant en crèche ou en maternelle.
Surtout au printemps !
(Les parents rient comme s'il s'agissait d'une boutade mais les institutrices présentes confirment).
À l'époque où il fait chaud, les corps se délivrent. L'âge aidant, l'on voit les enfants de 2 ans et demi, 3 ans, jouer à papa-;aman, soulever les tee-shirts, comparer la peau, les seins, les garçons se vexant que les petites-filles leur disent qu'elles ont du lait dedans mais que c'est pour le bébé, et ajoutant, perfides, qu'eux n'auront jamais de lait dans leurs seins.
 
Et bien, cette libido est là, présente, dès le tout début : Il s'agit de la sensualité, des caresses recherchées, des baisers, des câlins, de la tendresse, du plaisir sans cesse renouvelé, en somme du désir.
Et ces enfants, encore très spontanés, se caressent un bras, s'embrassent sur la bouche.
 
 
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LE BAISER
 
Le grand-père amical :
- Faut-il laisser faire le baiser sur la bouche ?
 
Oui. Pourquoi non ?
Cela dépend de vos imaginaires, de vos limites, de votre histoire.
Il est des familles où parents et enfants s'embrassent sur la bouche, et ce geste cesse un jour, parce que l'enfant grandit et que ce baiser, ou plutôt ce contact, revêt pour lui un aspect pudique ou différent.
Regardez le plaisir des filles, même adolescentes, de se faire coiffer par son amie : Ce n'est que plaisir partagé sans qu'il y ait de contact sexuel.
Ne confondons pas sensualité, libido, et sexualité permanente. Même si la sensualité est un versant de la sexualité.
Se masser, se coiffer, maquiller l'amie, c'est sublimer une sexualité dont elles n'ont, la plupart du temps, ni l'idée ni
l'envie.
 

 

Une maman :
- Alors que ma fille -en primaire- disait au revoir à son amie en l'embrassant sur sa bouche, j'ai entendu la maman de son amie lui in-ter-di-re de le faire.
Et la maman a regretté cet interdit de l'autre mère.
 

Un papa ajoute :
 
- Je pense que si j'avais été présent et papa de la première petite-fille, j'aurais essayé d'entamer une conversation pour expliquer à cette maman qu'elle n'est pas obligée de mettre du "sexuel" dans un baiser spontané et privilégié puisque les deux petites filles gardent pour elles ce baiser de l'amitié.
 
 
En dehors du fait que ce papa a raison de souligner la différence entre nos représentations d'adultes, les lèvres sont non seulement source de sensualité, mais ce sont aussi le premier objet transitionnel : Nous nourrissons le nouveau-né par les lèvres, il tète ensuite un doudou ou une tétine, il mangera des aliments solides puis parlera, et là encore les lèvres joueront un rôle fondamental dans ces plaisirs de la vie.

Lorsque dans un couple, l'on se délasse en se massant, de quoi s'agit-il ?
Un papa répond :
- D'un acte kynésithérapeutique !
(Les parents éclatent de rire).

Et bien le plaisir a mille facettes et ne conduit pas forcément à l'acte sexuel.
 
 

ET LA TENDRESSE, BORDEL
 

Un papa :
- Il est vrai que même entre hommes... Me concernant, j'ai deux amis très proches, hommes, et lorsque nous nous retrouvons, nous nous embrassons, simplement sur les joues. Et cela n'est pas toujours accepté par les éventuels observateurs.
Cette expression de notre amitié ne passe pas toujours très bien.
Que des femmes le fassent ne semblent gêner personne, mais que je le fasse avec mes amis provoque parfois des réactions ou des questions pour un geste qui vient simplement signer la reconnaissance de notre affection amicale.
Il m'est arrivé d'ailleurs, que quelqu'un me demande si j'étais homosexuel. Ce qui m'a fortement donné envie de répondre que si quand bien même je l'étais, et alors ?
 
 
L'anecdote de ce papa montre bien à quel point nous pouvons être libres par rapport à une culture, une éducation, ou combien nous pouvons être réfractaires à la différence, puisque dans certaines cultures, les femmes comme les hommes s'embrassent entre eux pour se saluer.
 
Nous pouvons considérer que ce baiser sur les joues entre amis hommes, entre amies femmes, est de l'ordre de la fraternité.
Ces manifestations d'affection, encore une fois, dépendent dans une large mesure, de notre relation à la tactilité, à la pudeur, à tout ce qui nous as été transmis.
 

Une maman :
- J'ai eu beaucoup de mal à expliquer à ma propre mère que je ne voulais pas qu'elle force ma propre fille à embrasser des gens qu'elle ne connaît pas. Un "bonjour" suffit plutôt qu'un baiser arraché sous la contrainte.
Même si ce baiser n'est pas connoté de sexualité, quoi que.. puisque ma fille est obligée de poser ses lèvres sur la joue, la peau, d'un inconnu.
 
 
Il y a dans ces coutumes, un acte qui force la pudeur, tout comme l'on peut voir dans la littérature, et certains d'entre nous l'ont vécu, enfant, une forme de non-amour à se faire embrasser par des personnes de la famille -tantes etc- qui, elles, ne rendaient le baiser qu'en tendant leur joue, leurs lèvres serrées claquant le.. vide.
 

Un papa :
 
- Je me souviens qu'enfant, j'avais bien plus envie d'embrasser les joues de femmes à la peau tendre, douce, que celles de ma grand-mère qui avait des poils qui me piquaient. Ce qui montre bien le plaisir à embrasser.
 
Ce sont bien ces notions de plaisir et déplaisir, permises ou interdites,qui, en grandissant, vont nous amener à aller au contact de l'autre avec une facilité plus ou moins claire d'accepter, de refuser, de nous braquer, ou de nous éparpiller.
Se tenir par la main en colonie est un signe de "l'être bien ensemble", les caresses sur les bras entre frères et soeurs petits sont la plupart du temps des marques de jeu/tendresse.
 
  
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TOUCHE PAS À MON CORPS


L'interdit dont il était question au début de la rencontre, celui de ne pas permettre qu'un petit de deux ans vienne se masturber devant le cercle familial, est également une manière de lui apprendre un tabou : Celui de son corps.
C'est un tout premier apprentissage du fait que son corps n'appartient qu'à lui et qu'il se doit de le protéger, qu'il a le droit de refuser qu'on le touche.
Ce qui permet, plus tard, de lui apprendre que qu'il y a des intentions, des actes, qu'il est en droit de refuser.
 

 

Le grand-père amical :
 
- Il faut lui interdire de se masturber devant autrui mais lui dire, surtout, qu'il a tout de même le droit de le faire, non ?
 
 
Oui en effet. Parce que l'enfant, si petit, ne vient pas obligatoirement se faire plaisir pour le montrer à la compagnie. Dans l'interdit de le faire en public, il est important de lui dire qu'il a toute liberté de le faire seul, ailleurs, mais seul avec lui-même.
 

Le grand-père amical :
 
- Mais quelles sont les conséquences si l'on n'exprime pas cette liberté ?
 
Et bien certains ont alors refoulé, nié, oublié même, de l'avoir fait.
Certains l'ont tout de même pratiqué mais l'ont gardé secrètement.
 

Une maman :
 
- Et comment, quoi faire, lorsqu'on lui change sa couche et qu'il en profite pour se faire plaisir ?

 
 
Même avec une couche, les enfants glissent leur main, souvent pour s'endormir, et se font plaisir. Au moment d'enlever la couche pour en changer, le geste est tout aussi naturel.

Les parents peuvent continuer à nettoyer l'enfant, ou retirer doucement sa main pour le faire, et si cela les dérange, lorsque l'enfant est plus grand, ils peuvent aussi lui demander de se nettoyer lui-même, puis lui remettre sa couche ensuite, ce qui serait une manière douce de le rendre autonome.
 
Il n'est peut-être pas utile de commenter outrancièrement à l'enfant un geste qu'il fait par réflexe inconscient, tant que cela ne dure pas sous votre regard.
 

Le grand-père amical :
 
- Alors, un enfant qui ne se masturbe pas, il faudrait s'en inquiéter ?
 
Non, pour quelle raison ? S'il ne se masturbe pas c'est peut-être et sûrement que vous ne le voyez pas.
(rires des parents).
l'expression "ne touche pas à mon corps" concerne également le "parler" : en parler de nous-mêmes à nos enfants serait faire intrusion dans leur vie très privée. Si les parents ne voient rien, c'est qu'il n'y a rien à voir et que l'enfant se protège déjà. Et c'est bien.
 
 
serrure
                                                    
                                       

TOC TOC OUVREZ-MOI LA PORTE


Une maman :
- Est-ce que cela veut dire qu'à partir d'un certain âge, il vaut mieux frapper à la porte de la chambre de nos enfants, ne serait-ce que pour ne pas surgir au cours d'un de leurs instants secrets ?


Souvent, ce sont nos enfants qui le demandent. Soit parce qu'eux-mêmes ont appris à frapper à la porte de notre chambre, soit parce qu'ils en ont besoin.
Vers 8/9 ans, l'enfant n'a pas seulement envie de vivre son plaisir sans être dérangé. Il a aussi des secrets, tout simplement, et des envies de solitude.
 
Les petites-filles ont par exemple un journal intime et détestent être dérangées pendant qu'elles écrivent.
Des garçons ont envie de jouer, seul, et s'introduire brusquement dans cet imaginaire les vexeraient ou les fâcheraient.
L'idée de frapper à la porte de leur chambre est aussi une façon de leur apprendre le respect mutuel, ce qui les amènera si ce n'est déjà fait, à faire de même nous concernant.
 
 

 

Un papa, un peu moqueur à son propre endroit :
 
- Pour ne pas avoir frappé à la porte de la chambre de mon fils... Je pense, en effet, qu'il est bon de le faire.
 

Il existe des familles où cet apprentissage de la discrétion s'effectue spontanément, il est des enfants à qui il faut l'apprendre.
 

Une maman :
- À partir de quel âge ?
 

Je ne crois pas qu'il y ait "un" âge. Vous le sentez. Ou bien vous constatez un jour, ce qui est un signe, qu'ils ferment la porte de leur chambre, ce qu'ils ne faisaient pas auparavant.
Il y a des enfants à deux ans, qui ferment la porte de la salle de bains, c'est respectable.
D'autres au contraire, laissent la porte ouverte longtemps.
Chaque parent "sent" par des signes, soit vous éprouvez une forme de gêne : écoutez-la.

D'autres signes sont : 
- Je veux prendre mon bain tout seul (sans frère et sœur).
- Je voudrais avoir ma chambre à moi.
 
 
  tendresse petits garcons

                                             
L'ÉCOLE : GRANDE PIÈCE DE THÉÂTRE DE LA VIE
 
Le grand-père amical :
- Est-ce que l'école favorise ou au contraire a une fonction de répression ?
 
Un papa :
- Certaines écoles sont plutôt sur le versant de l'interdit, mais on ne peut pas généraliser.
 

 

Pour répondre à ce grand-père amical, rien n'empêchera les enfants de grandir dans la plupart des écoles.
Parce que même dans la cour de récréation, plein de choses se vivent entre enfants que les enseignants ne voient pas et c'est heureux, parce que plein de choses se vivent entre enfants que les instituteurs voient mais dont ils ne parlent pas et c'est heureux aussi.
 
Hormis les interdits fondamentaux et les risques de danger, ou de doute fort, l'école n'empêche pas un enfant d'éclore et de bourgeonner et n'a pas à intervenir.
 

Le grand-père amical :
- Mais enfin, n'y a-t-il pas un âge, par exemple en fin de primaire, où les adultes, à l'école notamment, doivent interdire certains gestes, comme nous avions évoqué, s'embrasser sur la bouche par exemple ?
 

Tout d'abord, ce sont les enfants entre eux qui se transmettent des interdits.
 
Un papa dit :
- Oui... J'ai déjà entendu des enfants dire : rhâââ c'est dégoutant !
 

Ce qui est très juste. Les enfants eux-mêmes se transmettent à notre insu quantité de petites lois.
Et puis n'oublions pas qu'ils grandissent, et que ce qui ne leur posait pas de soucis prend, au fil du temps, une autre signification.
À trois ans, on peut leur montrer un petit documentaire sur la manière dont une maman éléphant met au monde son éléphanteau.
Mille questions sont posées alors.
Et le même documentaire passé à des enfants de sept à huit ans ne les intéressera absolument pas, ou les rebutera, parce qu'il y verront, du moins pour certains, une approche de la sexualité qu'ils n'ont absolument pas envie de regarder et que cet aspect n'entre pas dans leur questionnement.
 
Si nous savons, en tant qu'adultes, poser des règles, alors nous devons leur faire confiance : eux-mêmes sauront en poser d'autres.
De même qu'il n'est pas souhaitable d'anticiper sur leurs questions.
 



rotonde                                              
                                     

Le grand-père amical :
- Par exemple, très tôt, avec Internet, ou la télévision, ils peuvent être amenés à voir des images ou films pornographiques. Faut-il intervenir ?
 

 

Demander, sûrement, comment ce film a été découvert. Rappeler que ces films n'ont pas de relation avec la réalité de l'amour, que ces images ne sont évidemment, dans leur crudité, peu ressemblantes à ce qui se vit entre deux adultes, parce que cela manque de mots doux, de tendresse, etc...
 
- Cela peut-il les traumatiser ?
Oui. Lorsque nous n'avons pas l'âge au sens maturité, nous pouvons évidemment avoir une représentation trop marquante et surtout prématurée de la sexualité, par rapport à ce qui est à notre portée.
 
Une maman :
- Il me semble avoir lu... Enfin, peut-on s'embrasser, s'enlacer, devant nos enfants ?

Oui, pourquoi devrions-nous nous l'interdire, si ce baiser et cet embrassade sont simplement des signes d'amour, sans lex exagérer outrancièrement ?

Nos enfants vérifient alors l'amour que le couple parental ressent, il apprend également à l'accepter sans se sentir exclu pour autant. Sentir des parents qui s'aiment est rassurant pour l'enfant. S'embrasser n'est pas un acte sale, à dissimuler.
Encore une fois, c'est une question de mise en scène à ne pas dépasser.

 
Un papa :
- Et il vaut mieux qu'ils découvent ces petits gestes amoureux en voyant leurs parents, parce que le spectacle de la rue ne les épargnera pas. Sur le trottoir, s'ils voient deux hommes s'embrasser fougueusement, la réponse à leur question devient plus difficile.
 
 
La réponse est :
- Ces deux messieurs s'embrassent parce qu'ils s'aiment.

Ce qui pour en revenir au petit dessin animé, "Le baiser de la lune", laisse dire aux parents présents, qu'il est préférable que nos enfants le voient, maintenant, en primaire, à un âge où toutes ces questions se posent, plutôt que d'attendre l'adolescence, période déjà bien tardive, puisqu'ils auront eux-mêmes répondu plus ou moins bien à leurs questions, et surtout, où ils auront déjà, soit des a priori négatifs sur la différence, soit auront fait des expériences dont ils n'oseront cette fois, plus parler.

Une maman :
- Mes beaux-parents, enseignants, sont contre la diffusion parce qu'ils pensent que l'homosexualité est une mode et qu'en primaire, c'est trop tôt pour en parler.


C'est dommage de dénier une sexualité qui n'est, ni un phénomène de mode, ni un choix.
Et encore une fois, en parler au collège ou au lycée, c'est trop tard.
Durant les années précédentes, à défaut d'en parler, les enfants se seront construit des images faussées par les discours ambiants, les principes moralisateurs etc.


Tous les jours, à l'école, les sentiments et l'amour se parlent entre enfants, et se vivent.
Un documentaire comme Le Baiser de la Lune ne peut qu'ouvrir l'esprit à ce que certaines et certains, autour de nous, vivent de manière naturelle et heureuse.
C'est un outil supplémentaire à l'enseignement de la tolérance.


                                                 
amours animaux  

             

Publié dans : la page d'Amélie Gahete - Par baramalice
Samedi 6 mars 2010 6 06 /03 /Mars /2010 13:33

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Commentaires

Je ne sais pourquoi le commentaire est parti tout seul.. Je voulais dire aussi :
Merci à vous.. Parents !    Pour votre authenticité, votre respect de l'autre qui n'économise pas pour autant vos réactions spontanées.
Commentaire n°1 posté par Amelie le 08/03/2010 à 16h13
Alors là.. si on vote pour moi... Je porte la bannière et je défile avec Nicole et tout Bara ! :)

Ps : Mais je dois dire que c'est un réel et profond plaisir que de vous voir, parents, enseignants/parents, parler, questionner, rire, vous émouvoir.

Merci à Nicole !
Commentaire n°2 posté par Amelie le 08/03/2010 à 16h06
Encore une réunion qui semble avoir été sérieuse sans oublier le rire. On sent très bien l'atmosphère et j'y retrouve des questions que je me posais ou que j'ai trouvé sacrément sensées. Je ne parle même pas des réponses  !  C'est vraiment superbe ce que vous faites !
Commentaire n°3 posté par Mathilde le 07/03/2010 à 20h15

on attend que le film réussisse à se faire diffuser , et on fonce ! parce qu'on veut que notre école soit ouverte sur le monde et que nos enfants aient cette intelligence !

Commentaire n°4 posté par Nicole le 07/03/2010 à 18h51
bon ben alors, puisqu'il est écrit qu'il n'y aura pas de sanction en cas de diffusion, c'est quand qu'il passe à l'école, le film ???
Commentaire n°5 posté par Claire le 07/03/2010 à 18h20
oui, ben moi je dis ! votez Amélie !!!
Commentaire n°6 posté par Nicole le 07/03/2010 à 17h54

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