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baramalice

Carnaval de Fives le 4 avril

2 Février 2015 , Rédigé par baramalice Publié dans #après l'école

balfives2

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merlinathalie@yahoo.fr 09/02/2015 08:51


        Monsieur le maire de Lille-Fives,


        Madame la maire de Lille-tout-court,


  Je suis mère d’un enfant scolarisé à l’école Cabanis de Lille-Fives. J’habite, cela ne s’invente pas, rue de la Gaieté, à 100 mètres de cette école, et
j’y conduis mon fils à pied, parce que c’est près, parce que c’est pratique, parce que ça ne pollue pas … bref, je lui apprends la proximité. Et puis je lui apprends les dangers de la circulation
à pied. Parce que je prends mon rôle d’éducatrice à cœur Monsieur, Madame, … et que je tiens à son intégrité physique et même à sa vie. Dans mon quartier, grâce à vous et aux obstacles que vous
avez posés à bon escient pour une éducation à la sécurité routière digne de ce nom,  je lui apprends donc
la sécurité. Que L’Education Nationale et les collectivités territoriales rangent leurs ASR et balivernes éducatives théorico-pratiques, moi, tous les jours, je montre à mon fils par des tests
grandeur nature qu’en l’absence de passage pour piéton, il faut quand même se résoudre à traverser, puisque l’école est de l’autre côté de la chaussée, et qu’elle est obligatoire (l’école). Je
lui montre comment il faut faire, je lui apprends la peur de se faire écraser, sciemment, volontairement, c’est mon rôle, puisque la mairie de mon quartier, Fives, de ma ville, Lille, pense que
ce n’est pas le sien de le protéger. Que la sécurité est une question individuelle et non collective. Que chacun doit se débrouiller. C’est pour cela qu’on vit en société et qu’on élit des
représentants.


Les simulacres d’écrasement auxquels nous assistons ou participons régulièrement, écrasement d’enfant, d’adulte, en l’absence donc de passages pour piétons, de ralentisseurs, de plots, de feux
clignotants, de peintures réfléchissantes – j’y ai réfléchi si vous manquez d’idées – les simulacres d’écrasement, disais-je, sont le meilleur entraînement qui soit. J’admire la maîtrise des
participants, car chacun a toujours su –vraiment ? -  pour l’instant  – et pour combien de temps encore ? - s’arrêter à temps. Il serait grotesque de mourir pendant une séance
d’entraînement, une vulgaire simulation, c’est sûr.


  Sérieusement, Monsieur, Madame !


        Dois-je me décréter chef de travaux en organisant un commando muni de pots de peinture et de pinceaux pour dessiner sur le sol quelques traits blancs,
obliques et parallèles en guise de zébras ? J’y ai songé, mais pourquoi paierais-je de mon temps, de ma personne et de mes deniers alors que je paie déjà, sans rechigner pour le coup, mon
comptant d’impôts ? Dois-je plutôt exercer un contestable droit de retrait en m’autorisant à ne plus envoyer mon enfant à l’école pour ne pas le mettre en danger, et inciter le plus de
parents possible à suivre mon exemple ? Dois-je m’en référer à des autorités plus compétentes pour exercer un droit opposable à la sécurité autour des écoles ?


             Je n’arrive pas à trancher. Ne me resservez pas les arguments déjà fournis à d’autres, je les connais. Dites-moi
simplement ce que je dois faire pour ne pas me sentir coupable d’un éventuel accident.


             Veuillez m’excuser de me regarder écrire, comme les politiciens s’écoutent parler  pour mieux ne pas remplir les fonctions pour lesquelles ils ont été élus.  Nous attendons une réaction digne de ce nom et des actes rapides.


 Citoyennement,


 Nathalie Merlin