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Cette rencontre à l'école Bara le vendredi 5 juin 2009, a eu du succès, probablement en raison du thème, à la
fois mystérieux, lourd, parfois léger parce que chargé d'événements connus ou rapportés
incongrus, drôles.
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*** L'arbre dont je suis une branche
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Ce qui est notable dans cet arbre particulier qui est l'arbre généalogique, c'est qu'aucune de ses feuilles ne tombe jamais.
Nous pouvons éventuellement nous apercevoir que la feuille a été cachée, barbouillée. Mais cet arbre-là ne connaît pas les saisons. A moins que ce soit un arbre à feuilles.... vivaces !
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La seconde particularité de l'arbre généalogique est qu'il est chaque fois unique dans la serre de l'histoire du monde.
Notre histoire de famille est aussi unique que chacun de nous l'est.
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Notre roman familial est constitué de faits : A telle date, mon père est parti à la guerre - Le frère jumeau de mon père a perdu
son premier enfant).
Il est également structuré de mythes, plus ou moins vérifiés : - On dit que mon arrière-grand-père était marin, mais en fait pirate - Ma tante Gertrude a été reniée, il paraît que je lui ressemble physiquement.
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*** Il y a
toujours des oiseaux sur les arbres
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Généralement, ce sont des pigeons voyageurs : albums de famille, vieilles photos, lettres poussiéreuses
dont la pliure frôle la déchirure, silences renfrognés, interdictions "d'en" parler etc.
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Ces "oiseaux", on les croit souvent de mauvais augure puisqu'il semblent être frappés d'on ne sait quelle mauvaise nouvelle,
pouvant bouleverser une harmonie protégée, de génération en génération.
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Mais parmi ces oiseaux, certains sont comme les pies, attirées vers ce qui brille, et viennent forcer en nous soit la curiosité,
soit la volonté de casser une douleur que nous sentons vivace depuis longtemps, et que nous avons envie de
briser.
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*** Charles et l'héritage sans notaire
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Il a la cinquantaine, un regard malicieux, et raconte, un brin philosophe et rebelle :
- Mon oncle, côté paternel, a été en quelque sorte, excommunié de la famille. Il a 78 ans, mon père (son frère) en a environ autant, peu importe. Quant à moi, passé 50 ans, et de caractère autant farfouilleur que provocateur, je n'ai pas envie de
mourir sans savoir.
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Alors j'ai cherché puis trouvé mon oncle et suis allé le voir. Je lui ai fait promettre de ne jamais divulguer à mes parents que
je lui rendais visite, ils seraient capables de me déshériter !
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La réalité, est que cet oncle, du temps de sa jeunesse, avait en charge l'entreprise familiale, enjeu de capital futur non négligeable, et pour faire bref, l'a coulée en se servant largement à des fins très personnelles. Il était jeune, un
brin épicurien, un chouia immoral autant qu'inconséquent.
La réconciliation n'a jamais été possible, ce qui me laisse penser que cet oncle n'a fait que mettre en acte ce que tous les autres rêvaient de faire : avoir de l'argent et en profiter.
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NB : Cette remarque détendra l'argement l'atmosphère, tant le participant a le don de prendre du recu, ajoutant :
- Je ne com-prends pas qu'une histoire de famille puisse porter des générations durant une guerre déclarée ou larvée.
La vie est trop courte.
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*** Virginie et le
miroir aux alouettes
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C'est l'histoire de deux frères ayant épousé deux soeurs.
Virginie est la soeur d'une des deux soeurs. (relisez calmement. Les histoires de famille viennent, parfois, à mêler les branches en formant un taillis touffus !).
L'une des soeurs a divorcé.
Le mythe familial est que l'autre soeur, en conséquence, a décidé de divorcer également, avec l'argument suivant : Par soutien à ma soeur.
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Virginie n'est pas dupe de la raison de ce second divorce : - On ne divorce pas par solidarité.
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Si Virgine a raison, il n'en reste pas moins que l'argument est maintenu par sa soeur, qui n'en démord pas. Et la malheureuse
conséquence est qu'en réunion de famille, voire sans cette occasion, il est devenu fort difficile voire
impossible de rencontrer les neveux et les nièces.
Il va de soi que ces neveux et nièces ne se rencontrent plus.
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Voici comment d'un "secret" dissimulé par un motif non crédible ("je divorce parce que ma soeur divorce), l'on en arrive, perché
sur la branche de son arbre généalogique, à ne plus pouvoir passer de l'autre côté du tronc... Et à semer chez
les innocents de "l'histoire" des incompréhensions et des douleurs indémmêlables.
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*** Alice au pays du non merveilleux
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Alice et sa soeur ont perdu leur mère, d'un cancer, qui ne leur lui fut révélé par leur père que trois mois avant le décès maternel.
Autrement dit, le choc de l'événement a été suivi, très peu de temps après, d'un deuil à faire.
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Depuis ce décès, Alice subit les demandes et exigences d'un père éperdu et égaré : exigeant, limite harceleur, tantôt outrancièrement méticuleux, tantôt paranoïaque, tantôt dans le besoin, celui-ci exprimé de manière hostile et
maladroite.
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Il manque à Alice des éléments qui pourraient peut-être, l'aider à aider son père. Mais celui-ci détient ces éléments et alimente un silence terrible face à sa fille.
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*** Perrette et le pot au feu
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Jeune femme amoureuse, Perrette relate la situation de son couple, et la non-acceptation de son amoureux de la part de ses parents.
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Il semble que la naissance du couple, son évolution, ont créé une méfiance chez les parents de la jeune femme vis-à-vis du jeune homme.
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Perrette le défend, son amoureux parfois se braque contre les "beaux-parents", revendique parfois ses efforts vers une meilleure communication : une invitation à partager un repas... la soupe est crâmée.
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Voici comment "les histoires de famille" se construisent. Via une nouvelle génération, qui laissera une griffure sur le tronc
d'arbre si le début de "l'histoire" n'est pas éclaircie à temps. Les enfants du couple, auront alors de grandes
chances -ou de risques - d'avoir à porter cette histoire chargée d'imaginaire.
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*** Le "mandat" et la résolution
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Une participante demandera, avec pertinence, s'il est vrai et
vérifié qu'une histoire ou un secret de famille se résoud généralement à la troisième
génération.
Il serait trop long de répondre avec précision, mais fait est que souvent, un des membres de l'arbre généalogique porte sur lui l'histoire familiale douloureuse, ou le secret, ce afin de protéger les autres, ou parce que dans l'inconscient général,
cela lui a été donné, tel un oracle, de le porter.
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Le sujet n'a pas été épuisé, mais peut-être serait-il bon que chacun interroge ses "histoires de famille", et d'essayer de deviner, dans le jeu, la place qu'il y tient.
Nous pourrions reprendre ce sujet, plus profondément, notamment pour savoir à quoi servent les histoires de famille, faut-il les révéler, peut-on toujours le faire etc....
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bara bla bla