Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
baramalice

La jalousie : Ma préférence à moi

20 Janvier 2006 , Rédigé par baramalice Publié dans #la page d'Amélie Gahete

La jalousie a mille visages... Comme elle suscite la honte, on tente de la dissimuler, qu'on soit petit ou grand.

"J'ai plus de difficulté relationnelle avec l'aînée qu'avec la seconde. Je me demande si cela vient du fait que j'en préfère une..."
Laquelle ?  Parfois, les parents ont des difficultés ou des accrochages avec l'enfant qui leur rappelle le plus eux-mêmes...
Parfois, les enfants ont un écart d'âge si rapproché que le parent a, très humainement, comme "oublié" que le plus grand était encore.... petit.

 
"Il y en a que pour elle"
"Suffit qu'il pleure pour que vous lui cédiez"
 
On n'aime pas nos enfants de la même manière. Tout simplement parce qu'aucun n'est semblable à l'autre.

On ne les aime pas de la même manière parce que nous-mêmes, les parents, sommes différents avec chacun de nos enfants.

Lorsque par exemple, nous avons eu le premier, nous avions une maturité, une ignorance, des peurs, et quand est arrivé le second puis le troisième, nous avions entre temps évolué, grandi, changé.

Certains parents ont alors peur d'éprouver une "préférence", et des enfants eux-mêmes, y compris à l'adolescence, clament haut et fort qu'il y a une préférence dont ils sont évidemment victimes.


 
"Mon aînée a toujours été jalouse de ses frères et soeurs"
"On dit que le second enfant a une mauvaise place. Chez nous en tout cas, c'est vrai".
 
Lorsqu'on parle avec les enfants, pré-adolescents, adolescents ou jeunes adultes, souvent le "second" des familles dit que l'aîné a eu le
privilège d'avoir ses parents pour lui tout seul avant que lui n'arrive.

L'aîné, quant à lui,  pense que depuis que les autres sont arrivés, il n'a jamais eu d'autre droit et devoir que ceux d'être sage, grand, raisonnable et compréhensif.

Et les "derniers" prétendent souvent que les frères et soeurs plus grands prennent une place énorme et monopolisent les parents.
A se demander s'il y a une place meilleure qu'une autre.....


 
"Quand on a fêté l'anniversaire de notre fille, pour qu'il n'y ait pas de jaloux, on a offert un petit cadeau aux deux autres".


Ce qui est peut-être dommage, c'est de vouloir ménager les sensibilités, au détriment de celui dont on fête l'existence, ce jour-là.

A juste titre, le fêté n'a pas ressenti cet anniversaire comme le sien. Et probablement que les autres n'ont au fond, pas ressenti les "petits cadeaux" comme de vrais présents, mais plutôt comme une manière d'acheter leur apaisement.. temporaire.

Fêter l'anniversaire de l'aîné, ce serait le reconnaître comme particulier dans la maison. Et chacun aura à son tour, ce privilège, au moment de la date anniversaire de sa naissance.

Si chaque fois que l'on partage un instant privilégié avec l'un de nos enfants, l'on donne à l'autre, en compensation, une autorisation extra-ordinaire, ou un cadeau supplémentaire, on risque d'alimenter la jalousie, alors qu'on pensait l'apaiser.

Parce que chacun des enfants aura à la fois le sentiment, précisément, de n'être pas "unique" à nos yeux, ou pourra penser que l'adulte ne cesse de vouloir "réparer" le fait qu'il aime tel ou tel enfant.
Quant à celui qui est jaloux, il pourra alors penser qu'il a raison de l'être, puisqu'en quelque sorte, on essaie de l'amadouer.

 

On pourrait dessiner la jalousie comme un triangle : le jaloux, qui craint d'être dépossédé d'un amour. Le jalousé, qui est suspecté de prendre l'attention et l'amour d'un troisième, et ce troisième, qui est au centre et au milieu des deux, et qui ne devient plus quelqu'un qu'on aime mais une sorte d'objet pour lequel on se dispute et qui n'existe plus vraiment.

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article