Partager l'article ! Rentrée en maternelle (1): La rencontre de ce samedi 8 septembre 2007 à Bara, était dense, et puisque l'on est pas sérieux quan ...
La rencontre de ce samedi 8 septembre 2007 à Bara, était dense, et puisque l'on est pas sérieux quand on est trop grave, ce fut également l'occasion d'échanges sous le mode de la gaieté et de l'humour.
Surprise du jour : les participants étaient composés de papas pour une bonne moitié, ce qui n'a rien gâché.
La plupart des enfants entrant à la maternelle ont déjà expérimenté la vie en collectivité en fréquentant une crèche, une halte-garderie, certains
ont commencé à se frotter au contact d'étrangers devenus familiers en étant accueillis par une assistante maternelle, maillon précieux vers la chaîne de la socialisation.
Il est notable que les enfants ayant bénéficié de modes d'accueil avant leur entrée en maternelle sont moins apeurés en arrivant à l'école.
Nous avons pu évoqué quelques grands points, soit récurrents concernant l'enfant en maternelle, soit posant des petits soucis aux parents qui sont
souvent de "nouveaux" parents.
Moi vouloir être petite
souris
Quel parent n'a jamais eu l'envie de rester caché derrière un pilier, puis une fois la cloche ayant sonné, auraient désiré se baisser, regarder par le trou de la serrure, espérant
ainsi découvrir le secret de leur enfant, auprès des autres, aux côtés de la maîtresse, voire de regarder comment la professionnelle se comporte avec la prunelle de leurs yeux ?
L'entrée à l'école maternelle est l'un des rites d'initiation les plus importants de l'aventure d'un enfant. Parce qu'il va y rencontrer ce qu'on appelle ses "pairs", c'est-à dire les enfants de sa propre génération, mais aussi parce qu'il trouvera, pour la première fois, un adulte, ni mère ni père, censé lui transmettre un savoir et l'accompagner dans la découverte de ses propres ressources, valorisant ses dons, le stimulant dans ses capacités.
Il arrive souvent que le pincement au coeur éprouvé par les parents soit dû à la prise de conscience de ce tournant dans la vie de leur enfant et dans celle des parents : quelqu'un, d'inconnu, détendant un savoir professionnel, va devenir une personne importante aux yeux de leur petit.
Autrement dit, et inévitablement, arrive un jour. Et ce jour-là, leur progéniture va s'en aller rencontrer une ou un quasi rival(e), qui sait des
choses. Qui exige autrement mais doucement -fermeté et bienveillance-, n'enferme pas dans le noeud de l'affectif, et cette progéniture va aussi croiser, dites-donc le même jour, si ce n'est pas
la fête ce jour-là qu'on appelle "la rentrée", des comme elle ou lui, aussi petits, qui pleurent autant ou qui donnent envie de pleurer comme eux, mais qui disent plus de mots ou moins, avec
lesquels on a envie de jouer, qu'on a envie de regarder, de sentir de goûter.
Moi innocent, alors pourquoi moi me sentir coupable
?
Même si l'école Bara a une remarquable conception de l'adaptation des petits en maternelle, le sentiment ou la crainte d'abandon reste encore à cet âge, plus ou moins prégnant, quels que
soient les efforts fournis par les professionnels -ce qui explique les pleurs, les refus divers. L'inconnu est toujours un peu effrayant, l'idée plus ou moins vraie de "devoir" être grand est un
exercice épuisant. Et la peur d'être seul, voire le fantasme de l'abandon, est incontournable.
Est-ce que la peur d'abandon restera ?
D'une certaine manière, nos enfants l'ont déjà éprouvée en allant en crèche, mais en entrée en maternelle, cette peur est plus vivace sans doute, en
raison des rites qui l'entourent, de l'ensemble des mots prononcés à l'enfant (tu vas aller à l'école !) et selon la manière dont les parents investissent l'école ou exigent, sans même le savoir,
un comportement de "grand" de leur tout petit.
Est-ce que tu as été sage ? Qu'est-ce que tu as fait à l'école
?
Nous ne devons ni nous étonner, ni nous inquiéter du fait que l'enfant ne sache répondre à ces questions, qui ne sont au fond que des formules de grande personne.
Entre 2 et 5 ans environ, l'enfant est dans "l'être" et non dans le faire. Une minute peut être une heure, une heure peut avoir été oubliée littéralement.
A la question de savoir ce qu'il a fait, il parlera plus facilement de ce qu'il a vécu dans la cour d'école, il dira qu'il a été aux toilettes, pressentant déjà que certains parents seront
contents de l'apprendre, ou donnera un détail négatif, laissant penser que la journée a été un triste enfer : -Machin a pas voulu jouer avec moi, j'aime pas les haricots.
Et de ce que la maîtresse lui a appris, de la manière dont elle lui a parlé, vous n'en saurez au fond pas grand chose durant un bon moment (en général, évidemment).
Tout ceci peut expliquer pourquoi les parents se sentent souvent coupables d'on ne sait quel méfait : S'il pleure c'est qu'il est malheureux, s'il
est malheureux c'est que je suis un mauvais parent.
S'il ne me répond pas c'est que je pose mal mes questions.
Une bonne formule, qui peut aider, et de demander à l'enfant non un "quoi" (qu'est-ce que tu as fait ?) mais un "comment" (comment vas-tu ?).
Au fur et à mesure l'enfant livrera quelques bribes, un mot nouveau, une idée de jeu, un air de chanson ou trois rimes, un prénom de copain qui reviendra plus souvent dans sa bouche, et qui vous
donnera une idée non seulement de ce qu'il vit en classe mais aussi de la manière profonde dont il commence à apprécier l'école.
(souvent, vers cet âge, on se plaint d'un "copain" ou d'une "copine" qui finalement, va devenir un ami précieux).
bara bla bla