C'est lui qui trouve ses marques et nous qui perdons nos repères.
Ce
dialogue, résumé, a détendu l'atmosphère tout en posant des questions de fond que les parents souhaitent voir approfondies.
Papa de J : - Nous avons certaines difficultés actuellement. Mon fils va à l'école, ou passe beaucoup de temps avec ma femme, et lorsque je rentre le soir, fatigué de ma propre journée de travail, au lieu de retrouvailles heureuses, je tombe sur une boule de nerfs me défiant, cent bêtises à
la seconde, me contraignant à jouer les père fouettard. Sans parler du fait que ma femme n'a pas forcément les mêmes positions
que les miennes.
Papa de X : - Je me demande... Je me demande si nous n'avons pas la même femme et le même enfant... !
Après cet échange qui a provoqué des éclats de rire tant
les parents se reconnaissaient dans l'évocation de cette scène, nous avons pu aborder quelques thèmes à creuser peut-être, au
fil de l'année:
La maternelle n'est pas la crèche. Une seule personne, parfois avec une aide temporaire, gère une vingtaine d'enfants et se doit par conséquent, de cadrer un tant soit peu les activités. L'enfant apprend donc à attendre, à se réguler, à s'évader et rêver à des moments plus ou moins définis, le tout en "apprenant" au sens propre mille petites choses qui forment un début de savoir.
Lorqu'il rentre de l'école, il a également "fait" sa journée et c'est important de se souvenir alors de son âge et de son statut d'enfant. La
pression de la journée retombe, il semble "chercher" un ou l'autre des parents, ce qui est une manière de décompresser.
Une des possibilités permettant de ne pas surenchérir sur la tension de tous est peut-être d'évaluer ce qui est vraiment important de ce qui l'est moins.
Exemple : Vers 19 h il va diner, et lui qui sait manipuler
fourchette et cuillère, va terminer le repas en reprenant, tel qu'il le faisait vers 10 mois-un an, ses doigts pour manger le
petit suisse, se barbouillant jusqu'aux cheveux.
C'est un bel exemple, que nous connaissons d'ailleurs en crèche. Peut-être vaut-il mieux fermer les yeux sur l'anarchie apparente, et lui concéder cette petite variété de fin de journée, en lui faisant prendre le bain après et non avant le diner.
Laisser l'enfant redevenir petit, ne pas exiger de lui un niveau de sagesse ou de bon sens permanents, et retrouver avec lui, même sur un temps
très court, le soir, un espace de tendre folie, l'aidera bien plus, lui et ses parents, à devenir grand. A son propre rythme.
Même s'il est difficile de vouloir un temps de calme et de ne pas rencontrer en l'enfant de cet âge une juste compréhension de
ce besoin.
Les papas, en général, ont un rôle de séparation à jouer
entre mère et enfant. Lors de l'entrée en maternelle, c'est d'autant plus vrai et il leur faut alors réinventer une relation
avec leur garçon -ou fille-, soit créer au moins une activité le soir, qui ne soit pas entachée de "devoirs".
Aller faire un tour en vélo, jouer au foot ou à la bagarre, raconter une histoire, danser trois minutes dans le salon.
S'octroyer un brin de détente, en posant une clause type : -On joue à ceci mais quand je dis qu'on arrête, on le fait. D'accord ?
Au fur et à mesure des jours passant, les retrouvailles du soir ressembleront alors moins à un "choc" de deux pressions dues à la journée.
Un autre point d'importance et que vers deux ans et demi environ, une phase de volonté d'autonomie
arrive, provoquant chez l'enfant des comportements d'opposition, de séduction, envers l'un ou l'autre parent. Il se trouve que
l'entrée en maternelle, soit la socialisation, peut exacerber cette évolution très naturelle. Et ces attitudes d'opposition,
voire d'apparent rejet de l'un ou l'autre parent, dissimule un passage relativement complexe pour l'enfant, dans l'ombre duquel
les démonstrations ne sont pas en relation avec ce qu'il ressent.
Très logiquement, nous avons donc terminé cette rencontre sur le constat que ce sujet -le stade oedipien- mériterait d'être développé ultérieurement.
bara bla bla