Maman gronde papa console Lakanal
TOUTES CES CHOSES DE LA VIE QUE NOUS N'AVIONS PAS
PREVUES
*** Une maman : Manger ensemble
L'histoire familiale revient malgré nous. Ainsi, chez moi, il était impératif d'être tous ensemble à
la table.
Concernant mon mari, il n'a jamais connu cela.
Si bien que cette donnée, à laquelle nous n'avions évidemment jamais songé, s'est posée lorsque
nous avons eu nos enfants.
Moi : - Tu viens ? On dine !
Lui : - Ohh je vais manger sur le pouce.
Là, il faut composer parce que pour moi, c'est important d'être attablés ensemble alors que lui,
n'ayant jamais vécu cela, n'en voit pas l'utilité.
Alors je tente de petites choses comme lui proposer de s'asseoir avec nous même s'il ne mange pas,
mais qu'au moins nous puissions parler.
*** Une maman : Se dire "bonjour"
Chez nous, nous ne disions pas "bonjour" ni ne nous embrassions. A quoi bon puisque nous nous voyons
tout le temps ?
Et puis les enfants, l'autre, arrivent dans notre vie et créent eux-mêmes un rite. Même si selon
les jours, l'humeur, le "bonjour" est ronchon, ou marmonné, ou prononcé mais avec
indifférence.
Alors oui, je suis contente d'entendre mes filles dire "bonjour" le matin.
Il est vrai que notre histoire de famille, celle de l'enfance, nous laisse souvent penser que ce que
nous avons vécu est identique chez les autres.
Et constater qu'il n'en est rien demande, au moment de la création de notre propre foyer, une
tolérance.
L'autre n'a pas été habitué ainsi, ou est à cheval sur tel détail qui nous indiffère, etc...
Puis les enfants eux-mêmes grandissent, et l'énorme câlin du matin ou du soir devient pour eux
inapproprié ou indécent, par exemple à la préadolescence, voire impensable, à l'adolescence.
Nous savons aussi, profondément, que nos parents eux-mêmes n'étaient pas systématiquement confondus
et cohérents dans leur manière d'être, selon leur caractère, dans leur façon de tenir à tel
rite, ou
d'exiger telle marque de politesse ou de relation.
LA REGLE D'OR : NE JAMAIS DESAVOUER L'AUTRE PARENT DEVANT LES
ENFANTS
*** Une maman : Tu dis "noir" quand j'aurais accepté de dire
"blanc"
- Bien avant d'avoir des enfants, mon mari et moi avons parlé de cette éventuelle possibilité
à désapprouver la parole ou le geste de l'autre. Et nous avons opté pour ne jamais dénigrer
l'un ou l'autre face aux enfants.
Nous en parlons ensuite, mais devant eux, soit lui, soit moi, nous abstenons de critiquer
ouvertement.
*** Une maman : Quand on avait un principe et qu'on a un enfant ou : La
violence
- J'avais cette idée fermement ancrée en moi. Et puis... Parfois... Des choses se produisent
avec lesquelles nous ne sommes pas en accord, presque physiquement.
Je pense par exemple à une forme de sévérité, de dureté, qui peut être assimilée à de la
violence.
Mon mari, mais je dois avouer que moi-même, avions beaucoup tendance à donner des fessées par
exemple.
Alors, évidemment, les enfants grandissant, les fessées ont plus de chance d'être
nombreuses.
D'autre part, il m'est arrivé de le voir s'énerver pour un détail que je n'estimais pas si grave,
comme s'l se soulageait sur un des enfants d'une colère qui le
dépasse.
Alors oui, j'ai décidé de dire à voix haute et devant l'enfant, que je n'étais pas d'accord avec
son attitude.
Je le fais parce que je ne supporte pas que mon enfant, ou son frère ou sa soeur, imagine que
nous sommes, père et mère, d'accord sur la souffrance qui lui est infligée, soit verbalement,
soit physiquement, si elle me semble démesurée ou injuste.
Nous avons décidé de travailler tous les deux sur cette facilité à la violence, et du coup, si je
sens que tout va trop loin, alors je lui rappelle, devant les enfants, que nous avons pris la
décision d'essayer de canaliser nos manières de faire, qui sont liées à notre histoire à nous,
d'enfants, avec des parents qui étaient plutôt durs.
Dans la mesure où nous avons discuté de ce sujet, et puisque nous avons décidé d'éviter la claque,
la fessée, qu'est-ce qui se passe quand un de nous franchit la ligne rouge
?
Faut-il se taire et en parler ensuite, au risque que l'enfant ne comprenne plus rien, et qu'il
souffre, faut-il laisser faire l'autre ou bien vaut-il intervenir tout de suite pour tenter
d'enrayer son débordement ?
Dans le cercle familial, si l'un des parents pense, ressent, profondément, que la colère de
l'autre s'oriente sur l'enfant de manière exacerbée, disproportionnée, le fait d'intervenir ne
serait-ce qu'en séparant les protagonistes, peut désamorcer la violence,
oui.
Par exemple, dire : - Laisse, je vais m'en occuper.
Oui si la scène est déjà fort engagée, et que la douleur de tous est manifeste, dire : - Ca
suffit maintenant, je pense que tout le monde a compris.
Essayer de bloquer la montée de violence verbale ou physique est parfois l'essentiel, la première chose
à faire.
En sachant qu'il sera important, ensuite, d'en parler en intimité du couple, pour relire ce qui
s'est produit.
De la même manière que nous avons, en tant que parents, la possibilité, sans nous déjuger ni
nous destituer, d'exprimer à l'enfant nos regrets ou notre erreur.
Il s'agit donc de reconnaître le cadre de références reçu durant notre enfance, d'admettre que celui
du compagnon ou de la compagne est différent, et de créer, à partir de ces nuances, un nouveau
cadre dans lequel chacun se retrouvera.
Il s'agit aussi de savoir porter attention à nos propos, à nos actes, si nous voulons que nos enfants
ne portent pas en eux ce qui nous fait mal et dont ils sont innocents.
(Je remercie les parents, qui sont allés fort loin dans leurs confidences, s'appuyant sur la
confiance,
pour tenter de résoudre leurs questions).
Du 14 au 19 juin, la ferme d’en haut et la compagnie La Vache bleue présentent la troisième édition des Minuscules : "Le festival des petites et des grandes oreilles, un temps fort autour des arts du récit, de la parole et de la tradition orale des tout-petits, à la Ferme d’en Haut".
Ce mardi 14 juin 2011, une petite foule de professionnel(les) : Bibliothécaires, éducatrices, artistes, bénévoles, parents et j'en passe, sont venus plancher sur ce thème : Peut-on tout lire aux enfants ?
Après un petit déjeuner très convivial, toutes et tous ont été conviés à s'asseoir dans les
gradins.
Sous les projecteurs, trônaient :
- Michèle Moreau, éditrice des Editions Didier Jeunesse
- Marie Prete, conteuse
- Gérald Dumont, auteur, (Gougueule n'est pas fait pour les chats et Mr Dumont mérite le détour)
- Amar Oumaziz, metteur en scène (Gougueule n'est pas fait pour les chiens et Mr Oumaziz mérite le voyage)
et votre serveuse, servitrice et blabla ( Amélie Gahete, NDLR )
Par ailleurs, ici devant, là, à côté et plus loin, joliment présentés, nous attiraient des tas de
livres, debout, couchés, semi-ouverts, offerts à l'envie, par la librairie lilloise "Le Bateau-livre".
Entre Gérald qui a écrit "NON !" - Parlant de l'anarchie, de l'attrait ou la nécessité de la désobéissance, au sens noble du terme, et Amar, qui planche actuellement sur une version de Hans et
Gretel ( à suivre !!!!) après avoir oeuvré sur une relation entre deux jeunes filles, j'ai été passionnée, véritablement, en les écoutant.
Alors, au lieu de vous répéter tout ce qui s'est dit durant 3 heures : Du spontané, du rire, de l'émotion -notamment
lorsque trois artistes nous ont raconté ou chanté quelques histoires- je préfère vous poser quelques questions (c'est pour un sondage !!!!!) et vous aurez- ainsi une idée de ce dont nous avons
tous débattu, pour un peu que vous répondiez sincèrement et spontanément :
1/ Quelles sont les histoires dont vous vous souvenez, alors que vous étiez enfant ?
2/ Quelles sont les histoires dont vous vous souvenez, alors que vous étiez enfant, et qui vous ont profondément
marqué(e) ?
(Sauriez-vous dire pourquoi ?)
3/ Quels sont les livres, contes, contines, que vous avez aimées, sans même savoir ou comprendre de quoi elles
parlaient ?
4/ Quels sont les livres, contes, contines, que vous ne voudriez-pas que vos enfants lisent, sachent
?
Pourquoi ?
5/ Pensez-vous qu'il y ait des sujets "tabous" dont nos enfants (disons de 1 à 3 ans puis de 3 à 5 ans puis de 5 à 7
ans puis de 7 à 10 ans puis de 11 à 13 ans puis ensuite) ne doivent pas entendre parler dans les livres, récits, contes ?
6/ Avez-vous des tabous concernant la vie, les récits, les livres pour vos enfants ? Si oui, lesquels
?
7/ Qu'est-ce, pour vous, qu'un "tabou" ?
8/ Sans aller chercher sur Internet, à quoi vous fait penser :
- Peau d'âne
- Le prisonnier de la tour (chanson)
- Le petit chaperon rouge
- Les roses blanches (chanson)
9/ Pourriez-vous lire à votre enfant ou lire avec lui des récits parlant de sexualité, d'homosexualité ou ce qui s'en
approche, de maltraitance, d'inceste, de deuil, de maladie grave ?
Si oui, pourquoi, comment ?
Si non, pourquoi ?
10/ Pensez-vous, aimeriez-vous, que par exemple, des artistes, des personnes "neutres" abordent avec les enfants, VOS
enfants, des sujets difficiles à travers des contes, des scènes ?
11/ Quelle fut, comme cela, spontanément, votre première rencontre avec un conte, un récit, une contine
?
Racontez-nous un peu.....
N'hésitez pas à le dire.
A NOUS dire.
Vous pouvez même, si vous le souhaitez, prendre un pseudo d'enfer en guise de paravent !
Je remercie Marie Prete, délicate, attentive, simple et fine, et toutes et tous les autres, que j'ai eu le plaisir de
rencontrer durant 3 heures, avec tant d'humour, de spontanéité, de franchise.
A la bibliothèque, vos enfants sont entre de bonnes mains.
Pour les visites des artistes, vos enfants sont entre de bonnes mimiques, de bons visages, de beaux
récits.
PS : Je PROMETS que dès 10 réponses au questionnaire, je répondrai sincèrement moi-même !
PPS : IL VOUS RESTE QUATRE JOURS POUR ALLER A LA FERME D'EN HAUT, EN FAMILLE !!!
(En plus, la ferme est magnifique !!!!)

SAVOIR DIRE "NON" A NOS ENFANTS
(rencontre au centre Roger salengro)
"L'enfant est le père de l'homme" (proverbe japonais)
Merci de ne pas utiliser cette image (c)
SAVOIR DIRE "NON" A NOS ENFANTS
Sujet difficile s'il en est : Nous avons toutes et tous du mal à dire "non" : A un(e) ami(e), un collègue, un patron,
un démarcheur, que ce soit par fausse pudeur, ou pour éviter une discussion voire un conflit.
Ceci dit, ne nous trahissons pas nous-mêmes :
"SAVOIR" DIRE NON, NOUS SAVONS LE FAIRE.
La difficulté vient plutôt d'oser le dire, sans se torturer l'esprit ou/et le coeur.
La difficulté à dire "Non" vient aussi de l'image que nous voulons donner de nous, de l'estime de l'autre que nous
recherchons.
LA PEINE
La plupart des parents qui ont du mal à dire non, et il en est beaucoup, sont souvent mus par plusieurs motifs diffus
:
- La crainte de faire de la peine à l'enfant,
- La croyance que l'enfant se sentira moins aimé ou mal aimé,
- La facilité du "Oui" qui apaise temporairement tout le monde,
- L'illusion que dire "Non" déclenchera systématiquement une colère, du chagrin,
- Une forme de confort car le premier "Non" déclenchant une crise, nous ne voulons pas tenir cette position de refus
et finissons par céder, ce cercle vicieux nous incitant à dire "Oui" de suite. Et au fur et à mesure, l'enfant le sent, puis le sait, puis en use et nous abuse.
Merci de ne pas utiliser cette image
BESOIN OU ENVIE
Nombre de parents tricotent leur loi avec des contradictions, mélangeant une maille à l'endroit avec celle à l'envers
:
- Si je dis "Non" alors que mon enfant a besoin de cette chose, ou n'a pas envie de telle autre, c'est que je ne
l'écoute pas suffisamment.
Alors je vais lui dire "Oui", ainsi je serai sûr(e) de ne pas échapper à son besoin.
- Si je dis "Non" parce qu'il a envie de telle chose, je l'empêche tout simplement d'avoir des désirs, donc d'être
original, particulier, singulier. Alors je dis "Oui".
- Si je dis "Oui" c'est parce que je trouve normal qu'il ait une envie bien à lui.
- Si je dis "Oui" c'est pour le rendre content, joyeux, heureux.
SOUVENIRS SOUVENIRS
Certains parents aussi, ont un procès en cours avec le passé :
On leur disait "non" pour des broutilles, on leur disait "oui" dans la distraction.
On leur offrait un "oui" avec parcimonie, on leur opposait des "non" dans toutes les directions.
Les enfants qu'ils étaient ne comprenaient jamais pour quelle raison le "oui" tombait ou pas.
Pour certains, la maman disait plus souvent "Oui" que le papa. Ou l'inverse.
En somme, lorsqu'à leur tour ils sont devenus parents, ils ont vaguement reproduit ce qu'ils avaient vécu, sans voir
qu'ils répétaient à leur insu.
Pour d'autres, aux tournants de leur vie, femmes et hommes, en devenant parents, se sont promis qu'ils ne referaient
jamais ce que leur mère et/ou leur père avait fait :
- Trop de "Non" - Toujours "Oui" (ou le contraire).
Mais aujourd'hui, ces parents s'aperçoivent que même en faisant l'inverse, ils rencontrent la même
difficulté.
Et ils ne comprennent pas pour quelles raisons.
Merci de ne pas utiliser cette image (C)
*** Cette maman a plusieurs enfants, l'aînée ayant 18 ans, le dernier 5 ans et demi :
- Tout le monde me dit que dans les activités du centre, il est volontaire, dynamique, curieux, respecte les
règles, s'adapte fort bien aux différences de rythmes.
Mais lorsque je viens le chercher, il nous faut faire le tour du centre puis traverser le parc pour entrer chez
nous.
Or, dès le coin tourné du centre, il réclame, demande, exige : Un tour chez le boulanger pour des "bonbons" ou
"un petit pain". Si je dis non, il se fige sur place, tape des pieds, hurle, se roule par terre.
Durant tout le trajet, je dois le porter littéralement, ses pieds partant dans tous les sens, il
hurle.
J'ai dit : - NON.
Je dis "non" : - Parce qu'on va bientôt diner. Ou bien : - Parce qu'il n'y a pas longtemps que tu as
pris ton goûter.
Mais il se montre, tout le monde nous regarde. Je suis.. fatiguée.
Alors.... Alors.... Je cède.
Et je crois que je m'y prends mal.
Cette maman s'y prend.. BIEN.
Juste, elle ne s'y prend pas longtemps, pas à fond.
Elle "cède", comme elle dit.
Alors son "non", ses explications, perdent leur sens pour son enfant.
Demain, il recommencera, et demain, elle cèdera.
Là voilà. Elle a craqué, a tout lâché, raconté.
Personne ne dit mot. Personne ne la juge. Personne ne la conseille.
C'est la première fois que j'interviens au Centre Roger Salengro. Et, bizarrement, les vingt personnes réunies
sentent d'emblée qu'on ne critique personne, qu'on ne donne pas de leçon.
La maman de David a parlé, a raconté. Elle se tait maintenant, et écoute.
LE MAUVAIS OBJET : C'est moi LE MECHANT, c'est l'AUTRE LE
GENTIL
*** Il est le "seul" papa de l'assemblée.
D'ailleurs, il se lance d'emblée :
- J'en ai assez, j'en ai marre. Je travaille, quand je rentre le soir, je dois faire l'arbitre. Je dis "NON" sans
arrêt à notre fils. J'ai l'impression de ne faire que ça. : MOI le MAUVAIS, sa maman LA DOUCE.
Bran a 6 ans. Il est en CP (Cours préparatoire). C'est un élève excellent, attentif, sérieux. Il est brillant, sans
trop d'effort. Sa maîtresse dit qu'il est aimé des autres, vivant, calme.
A la maison, c'est une tornade : Il se roule par terre, EXIGE des choses. Je dis non quand sa mère répond oui, sa
mère lui obéit alors que je me fiche en colère.
En fait... En fait.... Elle me contredit, ce que je dis ne rime à rien.
Sauf que j'aime mon fils et j'en suis fier. J'aime ma femme et j'en suis fière.
Mais je ne com-prends pas pour quelles raisons elle lui cède systématiquement MEME si je m'y
oppose.
LA MAMAN DES POISSONS, ELLE EST BIEN GENTILLE
*** Là, il s'agit d'une maman et d'une affaire de "bébé".
- Ma fille a 8 ans. Depuis 9 mois environ, soit depuis que j'ai rencontré un monsieur, elle me demande une couche
au moment de dormir, vient se glisser contre moi durant la nuit, et me rejette lorsque je suis avec mon "ami" pour lui faire des câlins, le séduire, etc...
Une fois le diner terminé -et sachant qu'elle mange bien-, elle m'appelle une fois par heure, jusqu'environ
minuit, une heure du matin, pour réclamer quelque chose à manger. Ce que je fais : - Une tartine de beurre, un verre de lait, un bout de fromage.
Je suis épuisée. Fatiguée. Je n'en peux plus. Je ne comprends rien.
L'affaire n'a pas été si simple.
C'est en dialoguant avec cette maman qu'elle a compris, d'un coup, tout d'un coup, que cela fait neuf mois que sa
fille agée de 8 ans, lui jouait la berceuse du nouveau-né.
Et cette maman, usée, s'est effondrée, comprenant enfin et d'elle-même combien sa fille était emberlificotée dans une
histoire de : - Si tu aimes quelqu'un, m'aimeras-tu encore ?
Comment, alors, savoir dire :
- OUI JE T'AIME et T'AIMERAI TOUJOURS tout en pouvant dire :
- NON, TU NE DORS PAS AVEC MOI, MAIS JE T'AIME QUAND MEME. ET C'EST MEME PARCE QUE JE T'AIME QUE TU NE PEUX PAS FAIRE
N'IMPORTE QUOI, N'IMPORTE COMMENT ET A N'IMPORTE QUI.
Je te dis NON parce que :
jE T'AIME.
Ne pas dire "Non" à nos enfants quand c'est nécessaire, c'est ne pas leur apprendre à dire "Non, je ne veux pas",
c'est leur apprendre à dire "Oui" n'importe quand, à n'importe qui, pour n'importe quoi.
Savoir dire "Non" c'est apprendre à nos enfants à vivre, en grandissant, à côté des autres et avec eux. C'est leur
apprendre à oser avoir des choix, à oser ne pas être d'accord.
Si des parents craignent de dire "Non" pour ne pas peiner leur enfant, c'est un peu comme s'ils déguisaient une douce
violence avec le costume, l'illusion, de l'amour.
LA SEPARATION
Toute séparation est une souffrance. Même si la toute première est celle de la naissance, et en considérant qu'elle se passe bien, ce qui est heureusement la plupart des cas, cette séparation est équilibrée par la fantastique découverte de ce bébé que vous attendiez.
Il est important d'évoquer cette séparation-là, parce que notre existence entière est jalonnée de petites ou grandes séparations et de la manière dont nous les aurons assumées, de l'aide aussi qui nous aura été apportée au fil de notre route personnelle, dépendra un peu, chaque fois, la façon de gérer chaque séparation.
Au cours de la vie, les séparations ne sont plus, en tout cas dans l'apparence, sur le registre du perdu pour un offert -comme à la naissance et l'accouchement- :
L'enfant qui perd une dent de lait ne trouve pas une nouvelle dent à la place, même si la petite souris le félicite de grandir.
L'adolescent qui perd son enfance en partie ne devient pas papillon en 24 heures de temps. Au contraire, c'est un long cheminement.
Les séparations amoureuses de l'adolescence sont initiatiques et souvent vécues sur le mode : un(e) de perdu(e), dix de retrouvé(e)s, même si une douleur est présente chaque fois, ce qui finalement bon signe.
Alors, quid de la séparation pour l'école ?
Tout d'abord, l'enfant ne nous quitte pas. Pas plus que les parents ne quittent l'enfant.
De même que nous devons aller travailler, le "travail" de l'enfant est de grandir, d'apprendre à vivre avec ceux de son âge, de jouer, de découvrir mille choses et autant de mots.
Les parents, souvent, craignent confusément que l'enfant souffre d'un manque :
- Même s'ils sont peu nombreux dans la classe, la maîtresse ne pourra pas avoir les yeux partout.
- Mon enfant est unique, qui mieux que moi pourra détecter son besoin ?
- S'il traverse un moment de fatigue ou de tristesse, moi seul(e) peut le déceler.
- Et s'il n'aime pas le menu de la cantine ....
Ce cortège de questions réveille parfois la culpabilité des parents, comme si le fait de devoir accepter cette séparation qu'est l'entrée à
l'école était une faute au lieu d'être une fabuleuse aventure à découvrir.
Nombre de divorces sont le siège d'une guerre dont l'enfant n'est malheureusement pas exclu, comme s'il était impossible de ne pas passer par
le volet du matériel pour apaiser la souffrance du désamour.
Nous avons, dans notre appréhension de nous séparer de l'enfant pour qu'il entre à l'école, le sentiment confus qu'il va s'agir d'une rupture. Alors qu'il s'agit d'une séparation courte, sur le temps d'une journée.
RUPTURE - SEPARATION - DIVORCE
Ce jeune couple de parents expose timidement la situation :
Leur fils, unique, est âgé de 4 ans, il est en maternelle. Depuis plusieurs semaines, la séparation d'avec la maman est douloureuse. Mais à dire vrai, pas seulement pour aller à l'école.
- Je travaille avec des horaires décalés, souvent de nuit. Mon fils est dans ce cas gardé par sa grand-mère, ma propre maman.
- Il vit très mal le fait que je le laisse, que ce soit à sa mamie ou bien à l'école.
Après une discussion à bâtons rompus, il s'avère que le papa, présent, ne peut prendre l'enfant avec lui. Il semble que du fait de la rupture du couple, cette éventualité soit inenvisageable.
Mais par ailleurs, la maman reconnaît que sa mère est maintenant fatiguée, et le couple s'accorde à dire que garder un petit de 4 ans lorsque l'on en a plus de soixante, peut être, parfois, difficile.
Il se peut, entre autres facteurs, que ce petit garçon ne trouve pas son compte d'énergie, donc de plaisir au moins physique, dans cette situation.
Il y a de fortes chances alors, qu'une fois à l'école, il ait besoin de se défouler enfin, ce qui n'est peut-être pas évident pour la collectivité, que ce soit en classe ou dans la cour de récréation.
Avec la réflexion, les parents trouveront sûrement une solution apaisante pour l'ensemble : La grand-mère, fortement sollicitée, le papa, la maman et ce petit garçon.
LORSQUE LA SEPARATION EST DEFINITIVE
Je reprends ici les propres termes d'une maman, très émue, mais osant aborder ce qui la préoccuppe :
- J'aimerais parler du cas de la séparation... définitive.
Ma mère est décédée il y a un an.
Mon fils a 4 ans, et je ne sais que dire, comment le dire, quoi dire en cas de question de sa part.
Pour dire la vérité, je lui ai expliqué, je l'ai emmené au cimetière, mais il lui arrive de chantonner :
- Mamie est morte... lalalère ! Mamie est morte et maman a de la peine.. lalalère !!!
Ici, le groupe de parents est soudé, la rencontre bien avancée, et la confiance s'est installée de telle sorte que tous éclatent de rire,
tirant un sourire sur le visage de la maman, qui reste néanmoins fort émue.
Que dire ?
Après un échange, il s'avère que cette maman se sent encore orpheline. Un an, c'est peu.
On dit communément qu'il faut au moins quatre saisons pour commencer à s'apaiser de la douleur d'une perte aussi grande.
Et de toute évidence, la relation de cette maman avec sa propre maman était forte d'amour.
Mais il y a un détail ravivant la peine :
- Chaque fois que mon fils m'en parle, surtout lorsqu'il chantonne, il m'arrive d'avoir une réelle difficulté à lui répondre, voire même je ne supporte pas qu'il fasse cela.
La maladie grave, la mort, sont des sujets qui peuvent mettre à mal nombre de parents : Comment en parler aux enfants ? Faut-il le dire ? Sous
quelle forme ? A quel moment ?
Ici, cette maman a très judicieusement négocié en racontant la vérité à son fils. Les 4 ans du petit garçon ont parfaitement intégré les
faits, et sa chanson signifie juste qu'il a envie que sa maman ne soit plus triste, ou moins.
C'est un petit enfant vivant, sans soucis autres que celui de son enfance.
Sa maman peut tout à fait, dès qu'elle sent l'émotion la submerger, lui demander de ne plus chantonner ces paroles, qu'elle se sent gênée, même si son fils essaie de lui rendre la vie plus douce.
On peut imaginer que si l'enfant avait plus de vocabulaire, il chantonnerait : Maman on peut être heureux malgré la tristesse.
Cette rencontre (à Bara le 24 sept 2010) a été riche en échanges, les parents étaient chaleureux tout en étant discrets. Merci à tous.
bara bla bla