DIRE NON (8)
LE DOUBLE SAUT PERILLEUX EN VRILLE
RETOURNE
Francis (papa) ajoute qu'il lui est arrivé, comme à cette maman, de dire un "Non" expéditif, et de se sentir suffisamment remué par le visage et l'émotion de l'enfant pour y réfléchir ensuite, au
point de dire à son fils :
- J'ai été un peu rapide ce matin, je t'ai dit "Non" pour ceci mais je me suis trompé. On peut faire la paix ?
Il est mille manières AUSSI de s'excuser sans perdre la face, et ainsi, d'apprendre à nos enfants que reconnaître ses torts est un moteur important dans les relations.
Nous ne pouvons pas éviter les abus de notre pouvoir d'adulte, mais si nous sentons que l'enfant l'a mal
vécu, nous pouvons rattraper l'erreur commise. Une simple phrase suffit. Ca restitue de la confiance, de l'échange. Et l'enfant arrive même, plus tard, à devancer en disant
:
- Tu vas peut-être me dire "non" papa......
Une maman ajoute :
- De même que nous pouvons saturer et jeter notre colère après l'un contre les trois enfants.
C'est important alors de le dire. Y compris par exemple, envers le compagnon qui rentre du travail,
s'écrie "Bonsoir !!" et se sent refoulé dès l'entrée, parce que notre fatigue nous dépasse. (fou rire des parents présents).
PAPA EST EN OUI IL FAIT UNE VACHE QUI RIT MAMAN EST EN
NON ELLE FAIT DU COCHON
Question : Au fond, puisque des papas sont présents, peuvent-ils nous dire s'il prononcent le "non plus facilement que leur compagne ?
Un papa :
- Je suis plus ferme je crois. Ma femme dit "Non" mais ce sont des "Non" au bord de céder. Mon "Non" n'est pas plus fréquent, mais plus fidèle. Quand les enfants pleurent, je tente de tenir
plus longtemps.
Mais je ne sais pas si c'est une question de sexe.....
Nous sommes différents de structure. C'est heureux parce que cela permet la complémentarité, mais l'enjeu affectif étant différent, souvent les papas sont plus sages tout en étant plus
dilettantes.
Un autre papa :
- Je suis partisan du "Non" et j'ai parfois l'impression d'être une usine à "Non".
J'ai aussi l'impression que plus mon fils grandit plus il se rapproche de moi : Donc cela ne le gêne pas pour notre relation.
Il se trouve que j'ai de la famille éparpillée dans le monde et il existe des cultures où le "non" n'existe quasiment pas.
En occident, il me semble que le "Non" sécurise les parents. Le "Oui" facilite
l'immédiat.
Il y a aussi le "Non" des parents et le "Oui" des grands-parents. Et il faut gérer cet écart, ce n'est pas toujours simple.
C'est une crainte que j'avais au départ mais les choses se sont en effet aplanies et fixées. Les lois
des grands-parents ont été admises par l'enfant, la notre également. Aujourd'hui, je sais que chez ses grands-parents il va s'éclater, et une fois rentré à la maison, il retrouve sans problème
les lois qui sont les notres.
(chais pas ce qui zont, y son tous à se disputer, Papi Papa Mamie Maman
QUAND LA FAMILLE ELARGIE S'EN MELE ET S'EMMELE
Il est difficile d'interagir avec ceux qui nous sont, sanguinement ou par alliance, proches :
Les grands-parents, lorsqu'ils s'immiscent réellement dans la maison (souci évoqué dans une autre
conférence), quand les oncles et les tantes, donc plus près de nos âges, prennent avec notre enfant des initiatives que nous n'aimons pas.
Ou inversement, lorsque les neveux, nièces, sont chez nous, par exemple pour un après-midi ou un week-end, et qu'ils n'ont visiblement pas les mêmes règles de vie.
C'est vous qui faites la loi chez vous.
Si vous recevez une nièce, un neveu, et que vous estimez avoir à le gronder ou lui interdire un comportement qui n'est pas accepté chez "vous", alors cet enfant doit l'entendre et surtout, ses
parents devraient marquer leur accord.
Sinon, votre enfant ne comprendra pas l'écart d'attitude, selon son âge il éprouvera un sentiment d'injustice à juste titre, voire nourrira une forme de sentiment négatif à l'endroit de sa
cousine ou son cousin.
Tout enfant qui est sous votre toit se doit de respecter votre autorité et les règles qui vous semblent
immuables.
C'est ensuite, à son père, sa mère, donc votre frère, votre belle soeur, ou l'inverse -beau-frère, soeur, de dire :
- Et bien ton oncle a bien fait de te dire "non" ou de te réprimander. Chez lui, c'est lui qui décide.
Lorsqu'à l'inverse, votre enfant ira chez son oncle et sa tante, nous pouvons espérer qu'il aura loisir de
transgresser des règles qui par vous et dans votre maison, lui sont imposées.
Ensuite, l'enfant saura clairement à quoi s'en tenir. Cela ne l'empêchera pas de jouer, de rire, avec vos enfants, avec vous.
Il est par contre important que les oncles et tantes acceptent cette donne, tout simplement.
QUAND LE MODE D'EDUCATION VARIE DE LA TERRE A PLUTON
Une maman dit alors :
- Le risque éventuel est de se fâcher avec les belles-soeurs, les frères, les beaux-frères etc... C'est gênant.
Pourquoi serait-ce gênant ?
On peut calmement évoquer le petit souci, surtout lorsque les enfants sont petits, afin de s'accorder mutuellement sur le respect de ce qui se passe dans la maison de chacun.
S'il y a une véritable relation affective entre vous, adultes, tous devraient faire le chemin de la réflexion et ne pas se sentir jugés, mais juste, comprendre que vous êtes maître en votre
demeure comme vous acceptez qu'ils le soient dans la leur.
Si la discussion semble impossible ou douloureuse, restez fidèle à vos convictions et dites "non" au neveu ou à la nièce.
NE PAS SAVOIR / POUVOIR PARLER AUX PARENTS DES COPAINS DE NOS ENFANTS
*** Une maman, très touchée par ce sujet, parvient à dire qu'elle n'a pas réussi, su, parler et dire aux parents de l'enfant qui n'est pas le sien, en quoi elle se sentait dérangée par son
attitude allant parfois à l'encontre de ses valeurs.
Nous pouvons tenter de parler avec l'autre adulte, de manière très banale, pour commencer :
- Au fait, cet après-midi, ton fils m'a demandé ceci, je lui ai refusé pour telle raison.
La maman explique alors que ce type de problème est hélas plus profond, plus global, et concerne une manière de laisser l'enfant libre, hors toutes contraintes, ce qui lui fait par exemple,
démonter une table, saccager ou éparpiller des jouets. Les parents ne disant jamais "Non".
Et cette maman reconnaît que la seule parole possible serait, pour elle, de dire :
- Je ne suis profondément pas d'accord avec ton mode d'éducation.
Ce qui lui est, évidemment, fort difficile.
Peut-être peut-on commencer par dire à la maman de l'enfant, sur un mode humoristique :
- Ton fils a essayé de faire un kit avec l'armoire à pharmacie, je n'ai pas été d'accord.
Dire les choses avec légèreté peut permettre de les aborder plus sérieusement, dans un temps "X".
Cela aide, sur l'instant, à ne rien cacher à la maman de l'enfant qui était invité chez vous.
Mais au moins, cette maman se sentira intègre. Au milieu du récit des anecdotes, elle aura conté un petit
incident qui l'a mise en position de devoir refuser quelque chose à l'enfant d'une amie, proche ou non.
Quoi qu'il en soit, il est important, pour NOUS et NOS enfants, de savoir dire "Non" aux autres enfants qui viennent chez nous.
Si leurs parents sont "justes" ils ne se "vengeront" pas de manière inconsidérée mais respecteront, tout simplement, vos principes.
QUAND MON SOUVENIR D'ENFANCE A UNE CICATRICE QUI S'APPELLE : INJUSTICE
*** Le grand-père amical prend cause pour les petits
Parfois les parents peuvent avoir tort.
Et une tierce personne peut leur dire :
- Tu t'y prends mal avec ton enfant. Fous-lui la paix.
Vous ouvrez le poste et vous n'entendez que des injustices et des drames.
Je suis terriblement sensible à cela, à cause de mon enfance.
(notre ami est ici profondément ému et s'en excuse, mais je veux quant à moi,le remercier de son authenticité).
J'avais une place dans une entreprise, mais finalement j'aurais mieux fait d'être
avocat.
J'ai pourtant, évidemment conscience, que ce sujet du "oui" et du "non"... est terriblement
important.
Je n'ai pas loin de 60 ans. Mais j'ai un souvenir de dingue, de "Non" trop fréquents, injustes. De ne pas être écouté, entendu.
Vous avez en tant que professionnelles, des responsabilités face à ces enfants.
Mais pour moi, le "oui", le "non", c'est un thème fondamental, vital, auquel je suis très sensible.
Donc...... Je n'ai pas loin de 60 ans, et je n'ai.. jamais pu dire : OUI. Toujours devoir fermer sa
gueule.
Que la vie soit injuste n'est pas grave, ce qui est grave c'est que nos enfants le vivent mal sans pouvoir l'exprimer.
(cette intervention, très forte, soulève des apartés entre parents, des petits commentaires dont il semble que quelques parents ont fort bien entendu et ressenti l'émotion et les arguments du
grand-père amical).
LA TIERCE PERSONNE FACE AUX PARENTS DONT ON PENSE QU'ILS DERAPENT
*** Le grand-père amical parle des contradictions fondamentales dont les enfants sont victimes.
- L'enfant rentre et raconte un incident. Combien de fois j'ai vu un parent dire :
- C'est ton prof qui a raison ! Il a bien fait de te dire "Non" !
- Je veux dire qu'il me semble.. Que souvent l'enfant n'a pas grand monde le soutenant pour lui dire :
- Tu as raison.
Dès que je peux, je m'autorise, après réflexion, ça va de soi, à dire aux parents qu'ils n'ont pas
écouté et entendu suffisamment cet enfant qui s'estime avoir été victime.
Si, dans ma famille ou ailleurs, je vois des parents que j'estime déborder, je le leur dis, en tant que tierce personne. Parce que je me souviens de ma propre enfance.
Il arrive tout de même des situations où l'enfant a raison, est dans SA raison, et n'avait pas tort.
Je trouve vraiment que les enfants ont souvent tort. Il est important que des adultes sachent les protéger, les réconforter.
Je veux dire qu'à un certain moment, l'enfant peut avoir raison et PERSONNE ne le voit ou PERSONNE ne
l'admet.
*** Un papa explique :
- On peut exprimer aux "amis" ou aux parents d'un ami de nos enfants, un désaccord.
Il y a aussi une manière de dire les choses. Par exemple, je ne dirais pas, même si je le pense :
- Ton gamin est chiant.
J'opterais pour un ton et un vocabulaire plus recevables en disant par exemple :
- Il a telle qualité mais il a été un peu turbulent...
Et en effet, on peut le dire avec un ton humoristique, léger. En espérant que cela fasse son chemin, parce que je ne doute pas que ces parents entendent et entendront le même son de cloche venu
de plusieurs personnes extérieures.

(hmmm... Ca m'énerve mais... il a peut-être raison.. )
*** COMMENT SE POSER FACE A L'ENFANT LORSQU'IL EST VICTIME D'INJUSTICE ET QU'UN "TIERS" L'A SANCTIONNE ?
Un autre grand-parent prend la parole :
Sur ce sujet, mes enfants sont adultes.. Mais ceci ne nous empêche pas de nous souvenir. Et on en
parle.
Une de mes filles s'était faite punir, très fermement je dirais, par son enseignant, qui se trouvait
être, par ailleurs, un de mes bons copains. Mais en mon âme et conscience, j'estimais la sanction injuste.
J'ai dit à mon enfant :
- J'ai entendu tes explications. Je pense profondément que cette sanction n'avait pas lieu d'être mais je te demande de faire la punition. Parce qu'elle a été donnée par ton enseignant et c'est
la règle.
Je retiens et te soutiens : Je suis convaincu que tu as été victime d'une injustice, là.
Seulement, ton prof. a sanctionné, et ça, tu dois l'accepter, moi également.
Par contre, je suis allé voir l'instituteur, et mon ami de surcroît, et lui ai déballé tous mes
arguments, les circonstances, etc :
- Tu as déconné et tu ne me refais pas ce coup-là deux fois. Je veux qu'on en parle. Tu as été injuste.
Choses reconnues entre quatre yeux. Peu importent les raisons, la fatigue.
Aujourd'hui ma fille a trente ans et s'en souvient. Comme une réparation et une compréhension. Nous en
parlons encore, cela fait partie de notre histoire de famille.
Mais il me semble que j'avais séparé face à mon enfant, la "loi" du professeur et "mon avis" de parent.
Je tiens à dire que cette enfant était discrète et avait en quelque sorte "subi" la punition.
Sa soeur, par contre, a un caractère disons, réactif. Ce qui peut aider l'enfant à s'exprimer tout en provoquant des effets disons plus dynamiques.. ou dynamites. C'était une enfant qui
revendiquait.
(rires des parents)
Je n'utilisais pas l'interdit sous la forme du "Non" mais sous celle des "Limites".
Par conséquent nous avons, avec cette seconde, été souvent en confrontation, avec les limites.
Aujourd'hui, elle est adulte, et se félicite de ses cadres qui lui ont été posés.
bara bla bla