PETIT DEJEUNER A MOSAIQUE
Pour une "première" ce jeudi 27 mai 2010, ce fut une belle première !
Et puis TOUT était remarquablement préparé :
Du café, du thé, des jus de fruit Banane ou fraises, mixées et fraîches, et des petits papiers sur lesquels les mamans avaient été invitées par la direction, à exprimer leurs soucis ou leurs
questions.
*** LE SOMMEIL, LA NUIT, A DEUX ANS - DEUX ANS ET DEMI
- Depuis tout petit, l'endormissement seul est un souci. Mon fils pleure longuement.
Les choses se passent bien uniquement en cas d'extrême fatigue.
Le reste du temps, soit deux fois sur trois, il refuse de s'endormir, pleure jusqu'à alerter les voisins, parfois, mais surtout jusqu'à en réveiller son frère aîné puisqu'ils dorment dans la même
chambre, ou jusqu'à ce que, d'épuisement, je le reprenne et l'emmène dans le salon.
Alors, tout aussi fatigué que nous, il s'apaise et s'endort.
Il arrive qu'en essayant de l'endormir, lui dans son lit, moi près de lui, je le sente sombrer dans le sommeil, mais se réveiller dès qu'il me sent sur le point de quitter la
chambre.
Il n'y a rien de particulièrement anormal à cet âge, qui est un tournant dans la croissance de
l'enfant.
La difficulté revient aux parents, qui souvent, tentent mille petites choses :
* Garder le rituel mais coucher l'enfant plus tôt afin que ceux qui partagent sa chambre ne soient pas
dérangés, surtout s'ils sont scolarisés.
* Endormir l'enfant dans le lit parental pour le transporter dans le sien une fois que l'enfant est en sommeil profond (ce qui est rarement concluant).
Il serait présomptueux de prétendre qu'il n'y a qu'UNE manière de résoudre ce problème.
Néanmoins, une fois avoir expliqué à l'enfant qu'au moment du coucher, les parents lui raconteront une histoire, ou chanteront une chanson, et qu'ensuite ils ne se lèveront plus jusqu'au
lendemain matin, il s'agit pour les parents de tenir parole.
Ce qui est finalement, le plus compliqué.
Concernant ce petit garçon, il lui arrive de s'endormir sans trop de difficultés, pour se réveiller la
nuit.
La maman alors, se réveille, se relève et vient accompagner l'enfant en restant près de lui jusqu'à ce qu'il se rendorme.
Très souvent, il semble efficace que ce soit le papa qui prenne le coucher en main. Avec bienveillance et
tendresse, mais fermement et sans céder.
La maman ayant fait le câlin du soir, seul le papa reste, puis après le rituel, dit bonne nuit et l'enfant doit savoir que sa maman ne se lèvera plus, l'enfant devant se "réconforter" seul s'il
se réveille.
Il restera aux parents à tenir leur parole, l'enfant tentera plusieurs nuits de retrouver les anciennes habitudes, puis, voyant que la décision parentale est immuable, il prendra le rythme d'une nuit complète, ce qui à deux ans, deux ans et demi, est tout à fait faisable.
(c) Merci de ne pas utiliser cette photo sans accord
*** DERNIER D'UNE FRATRIE : NE GRANDIS PAS !
La maman est accompagné d'un petit garçon, lequel se cache derrière elle durant une bonne demi-heure.
Parfois, on aperçoit son visage : l'enfant se penche, regarde, écoute.
L'aînée de la maison est âgée de 12 ans, les autres sont rapprochés en âge, SAUF ce petit garçon, qui est
un "dernier" né, arrivé pour la plus grande joie de sa maman.
- J'avoue que je n'ai pas envie qu'il grandisse.
Il arrive dans nombre de familles, que l'enfant que les parents ont eu soit plus tardivement que les autres, soit un peu le signe d'un tournant de vie pour les parents :
Il n'y a pas que les enfants qui grandissent. Les parents également.
Et le petit dernier que nous avons parfois sans l'avoir espéré, ne doit pas faire les frais de ce "vieillissement".
Nos enfants sont destinés à grandir, puis à partir, en étant des adultes autonomes et responsables à leur tour.
Ils ont le droit de s'émanciper, même du haut de leurs trois ans, de préférer aller jouer plutôt que de rester collés et en fusion avec leur maman.
(c'est à cet instant que le petit garçon exprime l'envie de descendre rejoindre les autres, et sa maman s'absentera de suite pour l'accompagner).
Lorsque la maman remontera, elle reprendra le fil de son sujet, apaisée, contente.
*** LES PREADOLESCENTS ET LIEU PRIVE/LIEUX PUBLICS
Cette maman se bat avec les "chaussettes dépareillées". Cet exemple est une image.
Tous les parents traversent avec leurs enfants, qu'ils soient filles ou garçons, cette période entre chien et loup : Ils ne sont plus petits mais prétendent être
adultes.
- Je sais ce que je fais.
- Je n'ai plus rien à me mettre.
- Pourquoi tu ne veux pas que je sorte avec untel ?
- Quelle différence entre rentrer à la maison à 22 h ou 23 H ?
- Je ne vois pas pourquoi tu râles toujours, Maman !
A respecter leur lieu intime, qui est leur chambre, nous pourrons d'autant mieux leur rappeler qu'ils se
doivent de respecter les lieux communs : Cuisine (et son réfrigérateur vidé en deux heures), salon, télévision, chambre des parents, salle de bains, chambre éventuellement des frères et
soeurs.
La maman expose la situation :
- De caractère plutôt "rangée", je repasse le linge de ma fille. La pile se forme.
Ayant d'autres choses à faire, lorsque je reviens, la pile est défaire, ma fille ayant aperçu "LE" pantalon qu'elle voulait mettre et ayant juste tiré le vêtement, déséquilibrant ainsi l'ensemble
des vêtements repassés, triés, empilés.
Ce qui n'est pas sans évoquer les préadolescents et adolescents, venant sur le mode de la critique, réclamer à leur mère la paire de chaussettes bleues ou de football qu'on ne trouve pas, le tee-shirt rose "Mais si, tu sais bien !" avec une bordure mauve.
- Mais tu ne les as pas lavés ?? Je les avais mis au "sale" !
Sauf que mettre au sale signifie pour les parents : les placer dans la corbeille prédestinée, alors que pour ces préadolescents et adolescents, mettre au sale signifie les laisser par terre devant leur porte ou sur le sol de la salle de bains.
Et cette maman, presqu'en s'excusant, dira :
- C'est idiot, dites-moi si c'est idiot, mais je suis très particulièrement énervée de devoir essuyer le miroir de la salle de bains, qui chaque fois après son passage, est tavelé de touches de dentifrice.
Une autre maman dira alors :
- Nous sommes cinq à la maison. Je demande juste à ma fille de vider le lave-vaisselle, ce qui a pris
quelques semaines.
Le remplir la dégoûtait... Qu'à cela ne tienne. Je lui ai proposé qu'elle s'acquitte au moins de la tache de le vider et de ranger les couverts.
Ce qui est pour elle, malgré tout,
une corvée. Mais là, je n'ai pas cédé.
Laissons à nos préadolescents et adolescents leur antre, leur chambre, leur espace intime.
Respectons-le.
Cela n'empêche nullement d'exiger qu'ils sachent respecter les pièces partagées par tous, et qu'ils participent à leur manière, à la vie de la maison.
Ne croyez pas que vos enfants ont oublié leur petite enfance et tout ce que vous leur avez appris : Ce
"capital" reviendra, plus tard. Ils ne l'ont pas oublié.
Mais tout en les comprenant, vous pouvez exiger qu'ils fassent attention à ce qui vous heurte.
Si une maman ne sent pas que son travail de repassage est reconnu, qu'elle essaie, un temps, soit d'inviter sa fille à apprendre à repasser, soit qu'elle cesse de repasser son linge.
Créez peut-être une corbeille autre à linge sale, dans un endroit propice, mais réfléchissez avant de vous introduire dans leur chambre pour "trier" ce qui est propre, sale, déplié, non rangé.
Au moment des critiques et des réclamations, vous pourrez, calmement, évoquer les votres, et tenter de passer un contrat d'échanges gagnant-gagnant.
*** PETITE FILLE MAL TRAITEE, J'AI PEUR D'ETRE UNE MAMAN MAL-TRAITANTE
Les parents sont issus de leur histoire, de celles de leurs parents, et
grands-parents.
C'est ce que l'on appelle le "transgénérationnel" : A travers les générations.
En grandissant, en nous confrontant à d'autres manières d'être, de vivre, en fondant nos amitiés et nos amours, nous laissons au grenier certaines manières de faire et d'être que nous avons connues, nous en adoptons ou en créons de nouvelles.
Mais parfois, ce que nous avons traversé durant notre enfance laisse des marques, ou des cicatrices, voire des blessures et des peurs.
Cette maman est mariée, et visiblement aimée par son compagnon.
Ils ont trois enfants.
Elle se décrit comme ayant un tempérament expansif, davantage "feu" que "eau".
Si elle est en colère, elle le dit, si elle est émue, elle ne le dissimule pas.
Enfant, elle a subi une forme de violence, verbale et physique, essentiellement de la part de son père.
Et ses enfants grandissant donc s'affirmant, elle craint aujourd'hui de devenir une mère acariâtre, dure, voire un peu mal-traitante, comme ce qu'elle a rejeté et détesté de son enfance, mais qui surgirait malgré elle, parfois.
- Je me suis entendue leur dire des choses horribles. Parfois, saturée de leurs disputes ou du fait
qu'ils ne semblent absolument pas entendre ce que je leur demande pour la énième fois, il m'est arrivée de dire :
- Je vais m'en aller tout de suite et vous laisser tout seuls !
Ou bien je me sens au bord de leur flanquer une fessée, ce qui serait disproportionné par rapport à l'incident.
Ou je les menace, je hurle, j'explose.
Cette maman, très émue de pouvoir exprimer ce qui lui fait si peur et si mal, pourra peut-être aller en
parler, posément, ailleurs. Non pas pour s'empêcher de devenir une maman "mal-traitante", mais plutôt pour pouvoir consoler la petite-fille qu'elle fut et la rassurer sur le fait qu'on ne répète
pas, heureusement, systématiquement, ce que l'on a subi et vécu.
DIRE NON
"Je dois répéter dix fois la même chose"
"Comment savoir dire "non" à mon enfant ?"
"Pourquoi ai-je l'impression qu'il ne m'écoute pas ?"
"Parfois je parle dans le vide"
"Même si je dis "stop" il continue..."
Souvent, les parents se plaignent et se culpabilisent d'avoir l'impression de dire "non" sans arrêt à leur
enfant.
Nous parlons ici de la petite enfance à l'âge du primaire inclus.
Le constat fréquent, source de ce malaise, est que le "non" est exprimé comme une pulsion, un automatisme.
Il semble que la difficulté soit de mesurer la pertinence du "non" prononcé à nos enfants.
La seconde difficulté tient à l'oubli de la valeur du "oui", qui est à la fois plus facile à donner.
Autrement dit, le "non" comme le "oui" sont parfois utilisés par fatigue, lassitude, impatience, voire par facilité, une facilité très temporaire puisque nous savons que l'énergie de l'enfant, sa soif de plaisir, sont intarissables.
Le fait de dire "non" à un enfant est l'une des manières de prononcer le sens de la hiérarchie.
Un enseignant, un parent, disant à un enfant : - Je ne suis pas d'accord- exprime un refus face au comportement de l'enfant, et
ce dernier va probablement ressentir une frustration, un déplaisir, voire de la colère.
Mais il aura entendu, par le "non" de l'adulte, deux faits incontournables :
1/ On n'obtient jamais tout ce que l'on voudrait.
2/ L'adulte n'est pas un "copain" : les relations ne sont pas horizontales.
C'est important que tout petit, l'enfant comprenne cela, parce que d'une part c'est très difficile à intégrer, et d'autre part,
l'acceptation de ces données vont l'aider à se construire en sachant vivre correctement avec autrui.
"POURQUOI AI-JE L'IMPRESSION QU'IL NE M'ECOUTE PAS ?"
Devant ce qui semble être une gêne au plaisir, l'enfant va avoir tendance à répéter le geste interdit, et les adultes que nous sommes avant tout intérêt à ne pas céder : Tout d'abord afin d'être crédibles aux yeux de l'enfant, ensuite pour qu'il sache que notre "non" n'est pas variable.
Répéter le geste ou le comportement, pour l'enfant, est une tentative, entre autres, de finir par obtenir notre lâcher prise.
Il va de soi que si nous cédons, la porte s'ouvre à une répétition, parce que l'enfant aura saisi qu'au bout d'un moment, nous abdiquerons.
Alors notre "non" n'aura plus de valeur.
Est-ce que je peux justifier mon non ? Autrement dit, mes "non" sont-ils systématiques et toujours utiles
?
Il arrive que des parents aient l'impression que leur enfant refuse tout, dit perpétuellement "non" parce
qu'eux-mêmes ont cette
attitude fréquente au quotidien.
Bien sûr que nos enfants prennent modèle sur leurs parents, et il est un âge où l'enfant, même devant un plat qu'il aime, va le
refuser.
Mais ce "non"-là est davantage dû à une volonté de l'enfant de s'autonomiser, de se définir.
Plus tard, l'enfant dira "non" pour la même raison, augmentée du fait qu'il est en situation de rivalité.
Ne prenons pas les "non" de nos enfants au pied de la lettre.
Il est bon, souvent, d'ignorer le refus de l'enfant, cela évite un conflit inutile et ne lui fait pas perdre la face.
"JE DOIS REPETER DIX FOIS LA MEME CHOSE"
L'enfant a parfaitement entendu votre refus. Il va réitérer sa demande, ou se mettre en mode colère, tout simplement par difficulté d'accepter de ne pas avoir ce qu'il désirait.
"Il fait tout pour m'énerver"
Concernant les petits, l'enfant ne cherche pas à vous agacer, mais juste à tester la valeur du cadre.
Il a le droit d'être en colère et vous pouvez le lui dire, en ajoutant que néanmoins vous ne cèderez pas.
La plupart du temps, tout se joue autour du plaisir à atteindre.
Il en va ainsi de l'enfant de 3 ans qui fait rouler une petite voiture sur le grand miroir mural. Le parent peut répéter vingt fois que ce jeu est interdit, que la voiture risque de rayer le miroir, que cela fait un bruit de crissement difficilement supportable, l'enfant répète son jeu, non pour vous ennuyer, mais parce que.. c'est un jeu !
Peu à peu, il intègrera votre refus définitif et cessera de prendre le miroir pour une route nationale. Voire même, il répètera
vos mots à son petit frère ou sa petite soeur.
PT'ET' BEN Qu'OUI, PT'ET' BEN QU'NON
Une des difficultés à maintenir votre "non" tient parfois aux contradictions du couple, que ce soit une
famille recomposée ou non.
Nous pouvons constater que souvent, l'un des parents souffre d'être la machine à dire "non", tandis que l'autre semble plus laxiste ou simplement moins rigoureux.
Ces différences peuvent être riches si chacun accepte de reconnaître le moment où le "non" est
véritablement nécessaire.
L'enfant ne sera jamais bien si un parent décide qu'il est l'heure de prendre le bain et que l'autre adulte, voyant le petit rechigner, commente à voix haute : - Il peut jouer encore un peu...
Sur l'instant, cet enfant sera heureux d'avoir un allié, mais au fond, cette contradiction risquant de se reproduire, il ne sera pas assuré de la valeur de la parole des adultes.
Que se passerait-il si nous disions sans cesse "oui" à chaque demande, réclamation, ou obstination de
l'enfant ?
Une maman :
- Ma fille, je lui dis "oui" tout le temps et il me semble qu'elle est parfaitement bien et normale.
Une autre maman (institutrice de l'enfant) :
- Vous ne lui dites pas "oui" tout le temps, ce n'est pas vrai de le dire ainsi.
La première maman :
- Dehors, je tiens en effet à ce qu'elle respecte les règles, donc il m'arrive de lui refuser, mais à la maison, je ne dis jamais "non". Quoi que.. Elle a trois ans et c'est vrai qu'avant, elle allait faire son petit marché dans la cuisine à
n'importe quel moment. Je lui ai expliqué qu'elle doit demander. Maintenant elle
demande, mais de toute manière je lui dis toujours oui.
Dans ce cas de figure, la maman inscrit tout de même un cadre à l'intérieur duquel sa fille peut se
mouvoir, à condition de respecter les règles dictées par sa mère, laquelle
reconnaît aussi qu'elle a fait de gros progrès au fur et à mesure de sa fréquentation des rencontres à thème.
Cette maman reconnaît que le fait d'imposer des règles est une manière de refuser à son enfant un semblant de liberté qui ne serait qu'anarchie, d'autant que deux autres petits prennent modèle sur leur soeur.
Repousser les limites en répétant dix fois la même demande, c'est pour l'enfant, tenter de jouer avec la
faiblesse que l'un des deux parents a en lui et que l'enfant
ressent.
Exemple : Hugo, un enfant de la crèche, semblait ne pas entendre les interdits, et recommençait cinq, dix
fois le même comportement : se lever de table et prendre le dessert alors qu'il
n'avait pas terminé le plat de légumes. Jusqu'au jour où l'adulte a demandé :
- Mais Hugo, qu'est-ce que tu veux au fond ?
Et l'enfant de répondre :
- Je veux une fessée.
Pour des raisons un peu longues à expliquer, Hugo venait de dire : - Je veux que tu me grondes.
Et, fort simplement, une fois les limites posées avec fermeté, Hugo a cessé de chercher les limites.
Nous avons, après le déjeuner, joué à "la fessée". Une quinzaine d'enfants en voulaient une. Il va de soi qu'aucun adulte ne la donnait, sans compter que la plupart des enfants ne savaient pas ce qu'est une fessée, pressentant vaguement qu'il
s'agissait d'une manière de gronder.
Mais puisqu'il s'agissait d'un jeu, cela fut l'occasion de parler de la loi avec le groupe des grands.
Un enfant qui ne reçoit pas de limites claires et un enfant angoissé.
Une maman ajoute :
- Et frustré.
La frustration est essentielle parce qu'elle fait partie de la réalité de la vie, et malgré tous nos
souhaits cachés, l'enfant s'y trouvera confronté assez vite :
A la crèche ou dans un autre lieu d'accueil, à l'école, avec une voisine, des grands-parents, à cause du feu vert qui nous empêche de courir en traversant, parce que le vélo est cassé et qu'il faut attendre que quelqu'un le répare, parce que
le magasin est fermé et si forte soit maman, ce n'est pas elle qui décide de son
ouverture, et mille autres petites choses de la vie qui nous frustrent et barrent
notre plaisir.
MON AMOUR, BEN IL EST PROPRE
Une maman :
- C'est compliqué.... Parce que chez moi, c'est :
- Et ben non je ne prendrai pas mon bain, non je ne f'rai pas mes devoirs et pis d'abord j'dirai au maître que c'est toi qu'as pas voulu que je les fasse, etc etc.
J'ai des jumeaux, 7 ans et demi. L'un, ça va, mais avec l'autre c'est terrible.
- Que dites-vous à cet enfant ?
- S'il ne veut pas prendre son bain, je le laisse. Il y va de lui-même un moment après. Si je dis "non" à quelque chose, il tape dans les portes, fait tomber tout ce qui est à sa portée. Alors j'attends qu'il se calme et je lui demande de ranger et il le fait.
- Donc nous ne sommes pas dans un conflit permanent, sans issue ?
La maman :
- Non, pas vraiment, même si pour moi c'est tendu. Par exemple, si je lui refuse quelque chose, il répond : - Je le ferai quand même. Et en voyant mon regard, il finit par obéir.
C'est le cas de figure de ces enfants qui semblent nous défier, nous braver, et pour lesquels nous devons
aller chercher en nous l'énergie de ne pas répondre systématiquement à leurs
réflexions. Ce petit garçon a un amour propre qui lui fait se rebeller, mais au
fond il obtempère.
C'est important, parce que la valeur de notre "non" a d'autant plus de poids si nous ne relevons pas sans cesse leurs réponses
de refus. Parfois, il est plus efficace de ne pas entrer dans le conflit verbal.
PASSAGE A L'ACTE ET CHEMINS DETOURNES
Une maman :
- Oui.. mais s'ils n'obéissent pas ? Au : viens manger - prends ton bain - fais tes devoirs ?
Ma fille, 8 ans, voulait passer par un petit chemin. Je lui ai refusé parce que j'étais un peu pressée, nous devions aller chercher sa soeur à l'école et le lui avais expliqué.
Elle m'a répondu : - SI ! Je prends le chemin !
Et elle a filé seule.
J'ai donc dû l'attendre puisque ce chemin est plus long. J'étais davantage hors de moi à cause du ton qu'elle avait pris pour me répondre. Je lui ai donné une fessée. Mais bon.. elle a 8 ans.
Ici, le ton utilisé par l'enfant vis-à-vis de sa mère est certes répréhensible et non acceptable, mais le
passage à l'acte est un peu plus problématique.
L'enfant doit entendre du parent les deux soucis :
Le premier, qui est la manière de parler à sa mère, laquelle ne peut absolument pas recevoir ce ton.
Le second, qui est de faire comprendre à l'enfant qu'elle s'est comportée, au contraire de ce qu'elle imagine, comme un tout petit enfant en qui on ne peut faire confiance.
Parce qu'il semble que cette petite-fille agit sous impulsion sans évaluer les conséquences possibles de ses actes.
Elle pourrait alors aussi bien traverser la rue sans faire attention à elle.
La maman dit qu'elle a justement ce problème, à propos de la circulation. Sa fille, par exemple, froissée par une broutille, décidant d'aller se poser au milieu de la rue.
Il est important pour les parents, de pouvoir évaluer le degré et les effets de la désobéissance de nos
enfants. Il semble que cette petite-fille, probablement pour afficher son
autonomie, ou peut-être pour se démarquer, soit de sa petite soeur, soit vis -à-vis
de l'un des parents, ou les deux, en arrive à se mettre en danger.
PRISE DE RISQUES
La maman, très émue, avoue qu'il s'agit très exactement de cela : elle sent que sa fille se met en danger
et qu'elle est perdue face à ce comportement. Elle ajoute ignorer si l'attitude de
son enfant est inconsciente ou non, mais quoi qu'il en soit, en tant que maman et
adulte, elle est elle-même égarée et ne sait pas comment réagir, quoi en dire, quoi en faire.
Cette maman comprend mieux pourquoi c'est le passage à l'acte en prenant le chemin seule malgré le refus
de sa mère qui est problématique. Parce que cette enfant, cette fois, met son corps
dans une position qui, dans une autre circonstance, pourrait la dépasser.
La maman a testé des autorisations en gardant un oeil sur l'enfant, avec des règles établies, mais elle voit bien que cela ne fonctionne pas.
Il s'agit donc de comprendre, d'essayer maintenant de décoder ce que l'enfant signifie en ce braquant systématiquement jusqu'à mettre en acte son obstination.
Par exemple, y a-t-il d'autres enfants encore ?
Comment fonctionne la notion de confiance dans la maison ?
En l'occurrence, cette petite-fille de 8 ans a une soeur aînée, âgée de 11 ans, qui met parfois du temps à
répondre à une demande de la maman, mais qui finit par
obéir.
La maman gère donc la confiance selon le mode suivant : - Prouve-moi que je peux me fier à toi et le
moment venu, tu auras droit à une liberté supplémentaire. Ce qui est en soi plutôt
constructif.
Autrement dit, la maman, soutenue par son mari, restreint à sa fille des occasions d'autonomie, par exemple aller seule à l'école.
Une maman demande très justement si la petite-fille de 8 ans ne peut pas être dans l'imitation de son
aînée, qui est préadolescente.
Ceci pourrait être le cas si ce n'était pas fréquent. Il semble que sa manière de prendre des risques lui appartienne en propre.
La maman :
- Je n'ose véritablement plus lui laisser beaucoup de champs libres, parce que quand bien même, par exemple, elle n'a nul besoin de traverser la rue pour aller à l'école, si l'envie ou .. je ne sais quel mot utiliser... lui vient de foncer sur le
boulevard, elle est tout à fait capable de le faire.
Nous avons donc une enfant de 8 ans qui est en prise de risques et il serait donc intéressant de comprendre ce qui fait agir l'enfant dans un registre pouvant la mettre en danger, parce qu'il semble ici que l'enfant mette directement sa mise en danger dans le cadre de la relation à ses parents.
L'ARBRE QUI CACHE LA FORET
A cette question, c'est avec émotion que la maman explique :
- C'est vrai qu'elle a été malade. Enfin, elle EST malade. Elle fait de l'asthme et ne prend jamais son traitement. Elle oublie de l'emmener avec elle, je dois lui répéter dix fois pour qu'elle le mette dans son cartable.
Voilà une petite fille de 8 ans, tout à fait consciente des conséquences possibles si elle n'avait pas sa
Ventoline au moment où il la lui faudrait, et qui n'a pas appris à gérer son corps,
donc son asthme.
Elle va jusqu'à placer sa maman en position de devoir lui répéter sans cesse de mettre son médicament dans le cartable.
Dans le registre affectif de la relation, la petite-fille n'a pas appris à avoir confiance en elle vis-à-vis de sa relation à son corps malade et elle sent que sa maman y pourvoit, tant le risque d'hospitalisation est important s'il y a une crise d'asthme et pas le traitement à portée de main.
Jusqu'ici, sa maman est son médicament (c'est elle qui y pense, c'est elle qui répète à l'enfant de le
prendre, etc).
L'enfant prend donc des chemins de traverses, au sens propre et figuré.
Si les parents parviennent, malgré l'angoisse, et après une conversation claire et calme avec l'enfant, à
lui dire :
- Dorénavant, et parce qu'il s'agit de TON corps et de TA maladie, il faut que tu penses TOI-MEME à emmener ton médicament avec toi, il se peut que l'enfant intègre totalemen la notion de danger.
Elle n'attend peut-être que cela.
La maman, accompagnée du papa, après avoir mis un mouchoir sur son anxiété, peut dire à sa fille :
- Je m'interroge beaucoup sur ce que tu fais en ce moment, des cates qui te dépassent et dont tu n'imagines pas les risques.
Je connais un risque que tu cours, c'est d'avoir une crise d'asthme parce que tu as oublié ton médicament. Alors oui, je vais te faire confiance, et c'est ta maladie, pas la mienne, donc je ne te rappellerai plus dix fois en une heure le matin d'y
penser.
C'est à toi de le faire. Ce danger-là, tu peux le courir.
Parce que le jeu de la non-confiance, cette enfant le retourne sans arrêt. C'est comme si elle disait
:
- Tu ne me fais pas confiance pour ma maladie et tu me traites comme un bébé. Et bien je ne vais te satisfaire : Je vais faire le bébé qui prend les petits chemins et qui s'arrête en plein milieu de la rue.
Si ce souci se résoud, alors la
petite-fille abordera peut-être, enfin, des questions qu'elle n'a jamais posées :
- Pourquoi ai-je de l'asthme ? Ca vient d'où ? De qui ?
Et c'est elle qui portera sa maladie, ce ne sera plus sa maman ou son papa.
La maman dit qu'en effet, la culpabilité des parents concernant le fait que leur fille soit asthmatique,
est très lourde.
Mais la peur aussi.
Sauf que si l'enfant est mise en face du SEUL danger qui LA concerne, et qu'elle sent que ses parents lui
disent :
- C'est à toi de prendre en charge ce danger, L'enfant n'aura sans doute plus la même relation avec ses prises de danger. Elle saura mieux les évaluer, ou ne sentira
peut-être plus le besoin de s'y confronter ni de défier la crainte de sa
mère.
La maman, émue, dit que finalement, cela lui semble être la solution.
OBJECTIF : MOI...JE
Un papa :
- Je vis avec une femme dont les deux enfants ne sont pas les miens génétiquement. La petite, âgée de 6 ans et demi, et ce
Dans un magasin, elle est capable de bousculer tout le monde, sans s'excuser, parce qu'elle a décidé
d'aller jusqu'à tel présentoir. Elle a son objectif, elle fera tout pour
l'atteindre, en dépit du respect élémentaire.
D'une manière générale, elle tient tête et s'obstine.
A l'école -elle est en CP- son comportement est sensiblement le même, un peu moins marqué en raison de l'autorité de l'institutrice, mais elle n'est pas totalement différente.
A la maison, par exemple aux repas, elle et sa soeur, aînée, ont une alliance complice, et quasi systématiquement, mettent la maman en difficulté pour voir jusqu'où elle cèdera ou tiendra. C'est plutôt de l'ordre du défi.
Autant, dans une famille où plusieurs enfants vivent, l'on peut remarquer des caractères différents, autant on peut difficilement penser qu'un enfant a "toujours" été rebelle à la loi, par exemple. Sauf si celle-ci n'a pas été formulée de manière claire.
Ici, la séparation des parents est récente, puisque datant d'un peu plus d'un an. Le papa, ou plus
exactement le nouveau compagnon de la maman, s'est véritablement installé depuis
six mois.
Pour les enfants, ce sont donc deux événements importants et récents et concernant cette enfant, ce fut dans la période où elle est passée de la maternelle à l'école primaire.
Par ailleurs, les parents naturels des enfants, donc les enfants elles-mêmes, restent assez secrets sur la
séparation.
Le nouveau compagnon n'a pas de mal à en parler, mais il est clair que la maman, le papa, et les enfants n'abordent jamais le sujet.
Le couple recomposé est en parfaite harmonie concernant l'autorité et les enfants, actuellement, ne remettent pas en cause la place que le nouveau compagnon a prise auprès d'elles.
Il semble donc que le problème se situe davantage du côté du couple parental séparé, prenant les enfants comme enjeu, ce qui déstabiliserait la petite de 6 ans et demi.
JE NE SUIS PAS "QUE" LA SECONDE..JE SUIS "MOI TA FILLE"
Souvent, le second de la fratrie est dans une situation de "jamais assez".
Les parents ont eu un premier enfant, qui durant un certain temps, a été seul avec eux et a bénéficié de cette relation véritablement "unique".
D'autant plus unique que ce premier nous a aidés à devenir parents.
Si nous regardons le cercle familial, nous pouvons nous apercevoir qu'il est très rare de nous retrouver seuls avec le second.
Mais en imaginant, en créant des moments particuliers, nous pouvons répondre à la demande du second, qui ne fait que demander à mots couverts : - Montrez-moi que j'existe de manière unique.
Cela m'évoque, et c'est un exemple flagrant, le second d'une fratrie de trois garçons : 8 ans, 3 ans et 9
mois.
Le second, âgé donc de 3 ans, n'arrive pas encore à concevoir qu'il a un "grand frère". Chaque fois que de manière tout à fait spontanée, il est question de sa place, il dit clairement : - Mes petits frères.
Le fait d'avoir un "grand frère" est pour lui une difficulté conceptuelle.
Donc nous voyons parfois des seconds qui bougent, font du bruit, nous provoquent, afin de s'assurer qu'ils sont considérés de manière particulière.
C'est ainsi qu'il n'est pas juste de prétendre les aimer de la même manière. Nous étions différents chaque
fois que nous les avons attendus puis accueillis, et eux-mêmes sont différents les
uns des autres.
Notre amour pour eux est aussi fort, mais différent.
Et les provocations naissent souvent de cette acceptation difficile à vivre ou à reconnaître de la part des parents.
Une maman :
- J'ai exactement le même problème avec ma seconde fille, âgée de 3 ans. Lorsque nous allons au parc, je la préviens, par
exemple en lui disant une première fois : - Dans dix minutes, on s'en va-. Puis une seconde fois
je lui dis : - Dans cinq minutes on s'en va-.
Ce moment est toujours difficile et la dernière fois, par mécontentement, elle a filé à la grille du parc, me rendant folle d'angoisse parce que je ne savais absolument pas si elle s'arrêterait ou si elle irait jusqu'à, peut-être, descendre sur
la chaussée.
Est-ce que l'enfant a appris les risques de la circulation ? Est-ce que les parents lui ont régulièrement expliqué qu'on s'arrête impérativement au bord du trottoir ?
La maman répond en souriant :
- Non. En effet, l'âinée n'ayant jamais posé ce type de souci, je n'ai pas appris cela à ma seconde fille.
On voit bien ici que souvent, nous nous reposons sur l'apprentissage que le premier enfant nous a aidé à
faire, et que nous oublions, à des moments "clés", que le second réagira sans doute
différemment.
Alors cette enfant, prise dans la frustration de devoir arrêter de jouer au parc, a voulu marquer sa colère en faisant peur à sa maman, peur d'autant plus grande que la maman était confronté à l'inconnu de la réaction de sa fille face à la rue et ses dangers.
Ici, à trois ans, l'enfant peut apprendre, en jouant, les dangers de la rue, ce qui donnera lieu ensuite à
une confiance donnée, à petits pas.
Le fait, ensuite, d'accepter de quitter le parc au moment où la maman le décide, donnera lieu au plaisir d'être grande et d'avoir le droit d'attendre seule à la grille, puis de pouvoir passer la grille et d'attendre derrière.
Etc.
QUAND LES ENFANTS SONT FACHES APRES LES ADULTES
Un papa :
- Sur un autre registre, ma compagne et moi sommes embarrassés par l'attitude de l'aînée, 9 ans, qui
se comporte de manière incorrecte en public.
Nous sommes par exemple invités, et il n'a de cesse que de parasiter l'ambiance par des remarques telles que :
- Je m'ennuie (à répétion, haut et fort) - Je n'aime pas les haricots - La crème chantilly ça me fait vomir - etc...
Mon sentiment, lorsque je le vois faire, est de sentir à quel point sa maman est alors vulnérable, puisque moi-même, qui ne suis pas son père, je ressens une forme de gêne honteuse à voir ce petit garçon se comporter ainsi.
Là encore, je suis d'autant plus désarçonné que je sais profondément qu'il n'a pas été éduqué dans cette forme d'incorrection.
Ici, même s'il s'agit presque d'un autre thème, on peut imaginer que l'enfant, pour des raisons obscures,
éprouve le besoin de saboter et parasiter le plaisir du couple à se retrouver entre
amis.
Le point commun est que ce garçon de 9 ans se comporte comme sa soeur (CF. plus haut) âgée de 6 ans et demi, qui bouscule les gens dans les magasins. Là aussi, les règles sociales minimales sont ignorées.
Le compagnon de la maman des enfants est d'autant plus ennuyé qu'il sent, à ces moments-là, qu'elle est au bord de quitter l'ensemble des amis et de ramener les enfants à la maison.
Ce n'est pas à la maman de partir. Les enfants doivent, quel que soit leur comportement, entendre que leur
maman partira lorsqu'elle en aura envie.
Son compagnon lui a donné le même avis il y a peu de temps.
Mais rien n'empêche que l'un des adultes, la maman ou le compagnon, sorte avec l'enfant pour lui expliquer
clairement que son attitude est inacceptable et fort incorrecte.
Tous les adultes dignes de ce nom comprendraient fort bien cette situation et puis, au retour de l'enfant, continueraient à parler spontanément. L'enfant y sauverait son amour propre.
Il reste peut-être, ensuite, à aider les deux enfants à parler de leur colère envers les adultes.
LA PATATE CHAUDE
Un papa :
- Lorsque la maman de notre enfant et moi nous sommes séparés, j'ai été désemparé avec "la patate
chaude" de la culpabilité, durant six moix. Notre fils a quatre ans.
Et bien, de la même manière, il m'a pourri la vie pendant ces six mois.
Parce qu'il avait en face de lui un père qui n'en était plus un.
Il me sentait déstabilisé et c'est lui qui tenait le levier pour obtenir tout et n'importe quoi.
Mais au fond, c'est parce que de me sentir fragilisé, lui-même l'était.
Une fois qu'on a trouvé sur quel levier l'enfant appuie, nous pouvons changer les choses, modifier notre comportement de sorte que le "levier" ne marche plus.
Le même papa, se trouvant par ailleurs être instituteur se souvient de ses débuts :
- Recevant un lundi un couple de parents accompagnant leur petite en CP, qui avait durant le week-end, frappé sa mère à coups de poings, en raison d'une grosse colère.
La mère demandant à l'institeur d'expliquer à l'enfant que ce geste est interdit, ce qu'il s'est refusé à faire.
Il a pu dire qu'il appartenait aux parents de nommer la loi à cette petite fille.
Le père ne pouvait pas le faire, parce qu'il traversait une période de mésestime de lui, ayant à 50 ans perdu son travail et n'en ayant pas retrouvé, après des années de recherches.
De ne plus se sentir être un homme, il ne se sentait plus être un père.
La petite fille essayait certainement de pousser ses parents à reprendre leur place, et les parents, faute de pouvoir décoder le message, en appelait à l'instituteur comme s'il était un papa symbolique.
Une maman :
- Je m'aperçois que souvent, mon mari m'appelle lorsqu'il n'y arrive plus.
Nous devons apprendre à rendre à l'autre, conjoint, ami, compagnon, peu importe le terme, la place qui lui
revient.
Et si l'habitude s'installe de voir l'un des deux nous appeler à l'aide pour gérer un des enfants, il est important de lui dire :
- Je ne m'occupe pas de cette situation. Elle a commencé avec toi, c'est à toi de l'assumer.
Cela redonnerait à l'adulte une image de confiance, et permettrait à l'enfant de sentir qu'aucun des adultes ne semble fragile.
Enfin, quelques parents évoquent l'enfant qui dit "non" mais mange tout de même, ou qui dit : - J'allumerai la télé même si tu veux pas, mais qui ne l'allument pas.
Il est bon, et c'est écologique pour tous, que les parents sachent ne pas relever les "non" d'affirmation
d'autonomie de l'enfant.
Il y a des "non" et des "Je le ferai quand même" , nécessaires à l'enfant pour grandir, mais qui ne valent pas la peine d'être relevés.
L'AMOUR, LES SENTIMENTS, LA SEXUALITÉ,
C'EST QUOI POUR NOS ENFANTS ?

Ce thème a été pensé à partir de la polémique créée par le film intitulé :
LE BAISER DE LA LUNE
Le réalisateur Sébastien Watel, ayant produit ce dessin animé en un DVD de 20 minutes, pour un public d'enfants essentiellement de CM1 et CM2 soit de 9 à disons 11 ans.
(Je cite ci-dessous l'intention de Sébastien Watel) :
"Le baiser de la lune dépeint, de façon poétique, différentes façons de s’aimer, dont celle de deux « poissons-garçons ».
À travers ce film, je souhaite apporter une meilleure représentation des relations amoureuses entre les personnes du même sexe.
Il s’agit de montrer que deux hommes ou deux femmes peuvent s’aimer, même si leurs amours paraissent différents ou impossibles.
Ce film d’animation s’adresse à un public enfant, afin de lutter contre l’homophobie survenant à l’adolescence.
Au-delà de la problématique homosexuelle, ce film est une lutte contre les discriminations, par un apprentissage du respect de l’autre et de sa différence."
(Sébastien Watel)
Ce film est actuellement inacccessible dans son intégralité (soit le 28 février 2010), et je ne puis que vous évoquer la bande-annonce.
Il s'agit d'une chatte, ayant probablement vécu longuement, puisque quelqu'un l'appelle "Grand-mère", et cette grand-mère chatte, attend telle Pénélope du haut du donjon de son château, son
prince charmant, vainement.
Ce qui ne l'empêche nullement d'observer la vie autour d'elle, notamment celle d'un poisson-Lune et d'un Poisson-Chat.
Félix (l'un des poissons) raconte à voix haute la rencontre avec Léon (un autre poisson), et cette amitié, ce sentiment d'amour qui les a unis.
À un moment, Félix parle de la lune qui a rendez-vous avec le soleil -ceci ne concerne que moi mais j'ai évidemment pensé à la chanson de Charles Trénet- soleil et lune ne se rencontrant
jamais.
Et Félix est heureux d'avoir reçu de Léon ce qu'il appelle "une lumière".
Félix dit également que Léon voudrait que leurs sentiments éclatent au grand jour.
Voilà pour le résumé de la bande-annonce.
Ce film a été interdit de diffusion dans les écoles primaires par le Ministre de l'Éducation Nationale, lequel
a finalement annoncé qu'aucune sanction ne serait prise à l'encontre des chefs d'établissement qui souhaiteraient que les élèves le voient.
En revanche, fleurissent depuis plusieurs jours, polémiques et pétitions innombrables, soit POUR soit contre la diffusion de ce film aux enfants de CM1 et CM2.
De ce que j'ai pu en lire, concernant la critique négative et l'argumentation s'opposant à ce film, je retiens trois arguments :
1/ On ne fait pas des chiens avec des chats. Par conséquent l'on ne peut faire des poissons lorsque l'on est un chat, ce qui suppose comme insensée l'idée qu'une chatte soit la grand-mère de
poissons.
(Le critique, faisant ainsi référence à la chatte en haut de son donjon, que l'un des poissons appelle "Grand-mère", oublie que le terme "grand-mère" peut être utilisé comme il arrive partout
dans nos villages, en parlant d'une dame âgée.
Nul ne dit, dans ce film, qu'il s'agit de LA grand-mère biologique.
Par contre, il existe des "poissons-chats" et l'on peut tout simplement imaginer qu'il s'agit d'un clin d'oeil de la part du
réalisateur, ce qui serait une manière de dire que chacun a un destin de nature : Tu es chat, je suis femme, tu es critique, je suis philosophe, tu es mon petit caillou, je suis ton ami Pierrot
etc etc. Pourtant nous sommes différents mais semblables ... à chercher notre âme sœur).
2/ L'idée de parler de poissons mâles est absurde, puisque les poissons n'ont pas de sexe et qu'ils deviennent femelle ou mâle au moment de la reproduction, en fonction de facteurs tels que par
exemple, la température de l'eau ambiante.
(Le critique, bien renseigné, oublie l'essentiel, à savoir qu'il s'agit d'un conte, et que dans un conte, on trouve ce que
l'imaginaire de son auteur produit, ce qui, en somme, est le propre des contes, de pouvoir donner libre court à la Liberté magnifique et unique des rêves de leur créateur, sinon cela
s'appellerait plus prosaïquement : un documentaire animalier).
Rappelons que l'imaginaire des conteurs a produit (liste non exhaustive):
Des licornes : invraisemblable
Des elfes : inimaginable
Des fées : même pas en rêve
Des gnomes : pas beaux
Des sphynx : que des horreurs
Des ogres : de gros mangeurs
Des Mooglie : c'est quoi ce mutant
un Petit Poucet : surdoué avant l'heure, et que tous ses frères écoutent, alors là on se fout de nous
Un haricot grimpant jusqu'au ciel : quand je pense qu'on ne parlait même pas encore des OGM
Et j'en passe, depuis les sorcières magiciennes en Mayenne, jusqu'à ces êtres étranges grouillant en forêt de Brocéliande.
3/ Félix dit avoir reçu la lumière de Léon, et le critique, à force mots, nous explique, nous assène, que ladite lumière ne peut être que l'aveu et la révélation d'un rapport sexuel entre
les deux poissons.
(Le critique oublie que nombre de personnes reçoivent, par exemple comme j'en ai été l'heureuse victime ce jour, un rayon de lumière parce que le soleil avait traversé un nuage, sans avoir
aucunement l'impression, malgré ma joie, d'avoir réalisé un acte sexuel).
D'autre part, la lumière peut tout aussi bien signifier "la révélation" ou "la fulgurance", coup de foudre ou
amour ou d'amitié, comme beaucoup d'êtres humains en ont vécu, étant petits ou plus âgés.
Ce qui est bien suffisant tant c'est fabuleux lorsque cela nous arrive.
Francis (un papa) ajoute :
- La lumière dans les contes, est un élément récurrent, qui pour les enfants, symbolise souvent une sorte d'illumination, quelle que soit la manière dont les "psys" ou les adultes peuvent
l'interpréter. L'effet de la lumière est aussi souvent une sorte d'éclairage sur l'histoire, ou de tournant dans l'histoire.
Si nous nous arrêtions à ces trois arguments, il faudrait alors interdire :
-"Peau d'âne" qui se dissimule sous une peau d'âne (beurk) pour échapper au désir de son père de se marier avec elle (soit
l'inceste),
- "Le petit Poucet", multipliant par deux fois ses dons d'ingéniosité puisque la DASES n'existe pas, afin de déjouer le voeu de parents qui cherchent à abandonner leurs enfants par désespoir,
-"Blanche Neige", qui est empoisonnée par la jalousie jusqu'au désir de meurtre d'une femme substitut maternel haineuse de la jeunesse et la beauté de Blanche,
- "Le chaperon rouge" qui voit sa Mère-Grand déguisée en Loup séducteur afin de la dévorer,
- "Barbe bleue", tyran de sa femme et meurtrier de ses enfants par orgueil,
- "La petite fille aux allumettes", crevant de solitude, de froid, de faim et de désamour par indifférence de toute une société.
Etc. etc.
Quoi qu'il en soit, "Le Baiser de la lune" est un conte, ni plus ni moins.
Et la nature des contes étant d'attiser fantasmes et rêveries, la "censure" actuelle a idéalement rempli sa
fonction :
Nous sommes bon public, nous ne sommes et ne serons que des enfants et donc, nous voulons voir ce conte. Faites-nous rêver. Nous deviendrons grands après si le conte est bon et même, nous vous le
dirons !
Mais en attendant, la réalité s'impose et au lieu d'éplucher chaque personnage, scène ou mot d'une très courte
Bande-Annonce, cette polémique nous a plutôt inspiré, de manière plus constructive, la question de savoir ce que nos enfants nous disent de l'amour, des sentiments, de la sexualité, quels qu'ils
soient, de quelles subtiles ou claires façons ils nous questionnent à ce sujet.

La question est également de savoir comment nous, adultes, parents, répondons à leurs éventuelles
interrogations ou attitudes ?
Avec quelles inquiétudes, quelles images fabriquées, quelles craintes, quelles réactions venues de notre enfance, éducation, croyances, fausses ou non, réagissons-nous aux questions, aux gestes,
aux propos de nos enfants, concernant : les sentiments, l'amour, la sexualité ?
Au risque de choquer certains, nous naissons avec une sexualité. Dès lors que, garçon ou fille, nous avons franchi les lèvres de notre mère, nous existons avec un genre, donc nous sommes sexués.
Cette sexualité est aussi balbutiante que le nouveau-né mais elle existe tout comme il existe.
Nous naissons fille ou garçon, et pour ponctuer avec "Le Baiser de la Lune", en poussant les arguments "contre" à leur limite, il faudrait alors ne pas permettre aux enseignants d'apprendre le
singulier, le pluriel, le féminin et le masculin.
Parce que ces notions fondamentales de la langue, lorsque nous les acquérons étant enfant, nous renvoient de fait à notre identité. Et il se trouve qu'elle est sexuée.
Le nourrisson, et là les mamans le savent, sont d'emblée dans le plaisir de ressentir notre caresse, un baiser, un effleurement, la douceur d'une main maternelle ou paternelle lors du change, la
manière d'être comblé infiniment par le contact d'un sein ou d'une tétine de biberon sur les lèvres.
Le tout petit est érogène : tout peut lui être plaisir et sensualité.
De semaines en mois, le nourrisson va préférer telle posture, sur l'épaule ou contre une poitrine, et nous deviendrons parent nous aussi en devinant, en pressentant, ce qui convient à apaiser et
donner du plaisir à notre enfant.
C'est ainsi que très tôt, nos enfants si uniques, trouvent eux-mêmes les endroits du corps qui leur sont le plus sensibles : untel s'endort en tournant le doigt autour du bouton de son nombril,
un autre en longeant le lobe de son oreille, un autre encore en tétant avec ses lèvres, ainsi de suite.
LÀ OÙ IL Y A DE LA GÊNE, IL N'Y A PAS DE PLAISIR
Et puis plus tard, vers deux ans, deux ans et demi, vous avez à faire avec la masturbation de l'enfant, qu'il vous faut recadrer gentiment, parce que rien ne l'arrête pour venir au milieu du
salon se donner du plaisir sous le regard des parents, mais éventuellement des frères et soeurs.
(Ici, les parents éclatent de rire, visiblement par effet de reconnaissance de la scène).
Ceci ne signifie d'ailleurs aucunement que cet enfant n'a pas commencé à se masturber bien avant, simplement, entrant dans une période de revendication de sa personne, de séduction destinée à
l'un ou l'autre parent, il/elle ne craint pas de s'afficher, de manière très spontanée.
Ce n'est pas le plaisir en soi qui est à recadrer ou interdire, c'est bien évidemment de se le donner devant autrui, fut-ce une personne intime (parent, soeur, frère, grand-parent etc).
C'est à la fois un acte de protection et de prévention, que d'expliquer doucement à l'enfant qu'il peut poursuivre ce geste, mais seul, dans sa chambre ou son lit, que personne n'a à le voir
parce que c'est son corps, son secret et son intimité.
Ce qui est également une manière de commencer à lui dire que nul n'a le droit de le toucher ("Touche pas à mon corps").
Et si, par bonheur, ce sont les frères et soeurs qui le lui interdisent, ceci est d'autant mieux que leurs paroles revêtent le sens de la transmission d'un "tabou" qui a donc été compris,
intégré.
Nous ne pouvons imaginer que la sexualité de nos enfants se déclenche ou se réveille, comment dire... le jour
du premier anniversaire, ou du second. C'est une évolution, inscrite dès la naissance, qui évolue avec lui.
C'est ainsi que nous avons vu à la crèche un petit garçon de deux ans et demi, clairement titillé par ces
questions, aller aux toilettes de la crèche et annoncer :
- Je ne m'asseois pas parce que sinon, mon zizi tombera dans le trou.
Puis, le même jour, alors qu'il aimait assez s'installer aux toilettes avec sa copine Assia, refuser de le faire parce que :
- Si je m'asseois à côté d'Assia aux toilettes, ça va faire pareil pour moi, puisqu'elle, elle l'a déjà perdu, son zizi !
(il craignait peut-être la contagion !)
C'est aussi l'histoire de Loli, ayant perdu sa maman le jour de Noël, et qui, dans les semaines qui ont suivi, se masturbait de manière fréquente pour s'endormir et de manière flagrante dès que
l'heure des parents arrivait.
Loli, à défaut de pouvoir recevoir la caresse et le câlinage de sa maman, recherchait un substitut pour apaiser son manque.
Avec ces deux enfants et leur(s) parent(s), nous avons bien évidemment travaillé ces manifestations, en présence de l'enfant.
Ces exemples peuvent, peut-être, aider les parents mais aussi les professionnels.
Par ailleurs, nos enfants ne parlent pas de "sexualité" : Ils parlent de curiosité concernant leur genre.
Par exemple ," Le zizi sexuel" de Titof est un trésor de finesse, d'humour, permettant aux enfants d'échanger entre eux, de s'informer en toute simplicité, de sauter les pages dont les thèmes ne
les intéressent pas encore etc.
Un papa :
- C'est un livre tout aussi intéressant pour les parents !
Une maman :
- J'avoue que j'aime ce livre mais qu'à la fin il y a des pages.. heu.. C'est quoi la masturbation... et je trouve que pour des enfants de 9 ans, c'est... un peu tôt. Enfin, pour
moi.
(rires des parents, certains probablement étant soulagés de la réflexion de cette maman, d'autres étant gentiment moqueurs puisque la maman a eu dans le ton de sa phrase, une intonation qui
laissait entrevoir qu'elle ne croit pas tout à fait à ce qu'elle dit).
La crainte qu'un enfant lise un tel sujet, qui je le répète, s'adresse avec finesse aux enfants, est soit liée à celle de l'adulte que vous êtes, de vos propres souvenirs, soit elle est liée à la
connaissance que vous avez ou croyez avoir de votre enfant.
Dans les deux cas, votre fille de 9 ans lira ou non la page, avec une reconnaissance c'est-à-dire en s'y retrouvant, ou avec indifférence.
La maman, courageuse, continue et lâche enfin ce qui lui tient à coeur :
- Oui, mais pour les filles... C'est très différent.
(les parents éclatent de rire. Remarque : la majorité des présents sont des femmes).
Les filles... ne se masturbent pas alors que les garçons, si ?
La maman acquiesce et ajoute, avec le doute dans la voix :
- C'est-à-dire que pour les garçons, on ne peut pas ne pas voir. Alors que pour une fille, il n'y a rien à voir.
(Haaa.. les représentations que les mères se font parfois, de leur fille !)
Si tant est que cette maman pense que sa fille, âgée de 9 ans, ne s'est jamais masturbée, nul n'est là pour la convaincre du contraire, l'important étant que ce plaisir très naturel ne lui soit
pas signifié comme étant malsain.
Les remarques et la question de cette maman sont très importants, parce qu'elles nous provoquent, nous adultes, à savoir comment nous regardons nos enfants concernant le sujet de la sexualité et
de leur sexualité.
Il se peut que cette petite fille de 9 ans ait un plaisir intime qu'elle dissimule fort bien afin de protéger sa maman et elle-même, autant qu'il se peut qu'elle ne soit pas dans ce registre pour
des raisons que nous ignorons.
Quoi qu'il en soit, c'est bien de la manière dont les parents parlent sans gravité ni interdit de ce sujet que les enfants pourront avoir l'audace de poser des questions.
QUAND LES ENFANTS S'ENVOIENT DES NOMS D'OISEAUX
Les enfants ont mille manières de mettre de la sexualité dans leurs échanges. A commencer par "cacaboudin" vers 2 à 3 ans, en passant par le mot "Pédé" lancé dans la cour d'école, dont la
majorité d'entre eux ne connaissent pas même le sens.
Ils savent juste que la coloration de ce terme équivaut à une insulte et se veut péjoratif.
Une maman fait remarquer :
- Même le mot "con" - Tu es un con !, est un terme dont la plupart des adultes ne savent pas l'origine. Mais tous y mettent du cœur en le disant, que ce soit en étant au volant d'une voiture ou
pour se soulager d'un voisin, d'un collègue ou d'un quelconque importun.
DES NOMS D'OISEAUX AU NID D'OISEAU
Vers 3 ans environ, les enfants posent des questions simples, qui ont néanmoins rapport avec la sexualité même si leur teinte est sur le versant existentialiste :
- Comment on fait les bébés ? ("c'est quoi cette bouteille de lait ?")
- Maman, avant que je naisse, où tu étais ?
Et mille autre questions, qui laissent constater que l'enfant se crée une raison du monde et de sa propre existence : Il pense parfois que ses frères et soeurs ne sont pas véritablement de la
maman, où que le monde ne vivait pas avant que lui ne naisse, ou que sa mère est née en même temps que lui, etc...
De même que selon leur évolution et l'attachement affectif ou la rivalité qui les remuent, certains enfants jurent fermement que c'est le papa qui fait le bébé. Ce qui en soi n'est pas totalement
faux mais manque disons.. de complément, c'est le moins qu'on puisse dire.
La véritable question : Comment on fait les bébés ? - qui suppose clairement une explication précise, arrive environ vers 7 ans.
(Quand on pense que l'on appelle cela l'âge de raison !).
Et c'est lors de l'arrivée de ce questionnement très précis que certains parents se trouvent malgré tout embarrassés pour répondre.
Ce qui est à la fois le plus rassurant et le plus sage est de répondre à l'enfant en restant dans la cadre de ses questions, et de ne pas aller au-delà de sa curiosité.
Nous pouvons nous en rendre compte dès lors que l'enfant ne pose pas d'autres questions et semble se suffire de nos explications.
Rien n'interdit non plus de trouver des livres intelligents et explicatifs, et de les lire ensemble.
Les parents peuvent également profiter de l'occasion d'une visite de cousins ou de copains (cousines/copines) pour offrir un livre adéquat.
Je me souviens de deux amis, Bastien et Mohammed, le second étant invité à passer une nuit chez le premier.
Ils ont lu "le Zizi sexuel" et en ont discuté, au moment du coucher, pendant presque deux heures, ce qui a donné entre autres effets, appel à mon arbitrage sur la question suivante :
- Est-ce qu'on peut dire "Coui.... ?"
Le second répondant avant que je n'aie pu dire quoi que ce soit :
- Non ! Parce que ce n'est pas du tout pareil que les Sexycules !
Le premier lui rétorquant :
- On dit les : Testicules !
(Ces deux enfants avaient, l'un 6 ans, le second 7 ans).
Le fait que les enfants sensiblement du même âge s'éclairent ensemble de leurs connaissances quant à leur
curiosité et interrogations est profitable à tous.
Ceci n'empêche pas les parents de répondre aux questions.
MA PRÉFÉRENCE À MOI
Nous aurions tort de penser que nos enfants, à l'âge de l'école primaire, ne sont pas curieux de la sexualité, en général autant qu'en particulier.
Du reste, et les institutrices de maternelle le savent, les enfants ont des préférences de relation qui varient au fur et à
mesure de leur croissance.
C'est ainsi que les petits garçons de maternelle ont des amoureuses et des bons copains, les petites-filles ont des amoureux et des bonnes copines. Il n'est pas besoin de mots pour observer leurs
élections.
A partir du CP, en CE1 et CE2 déjà, les filles restent entre filles et les garçons préfèrent la compagnie des garçons.
Est-ce pour autant qu'ils sont homosexuels ou hétérosexuels ?
Et bien non, cela n'a rien à voir.
Ce qui n'empêche pas certains de se poser la question, sous une forme plus voilée, soit parce qu'ils sont plus matures sur cet aspect, soit parce qu'ils ont des aînés et les voient évoluer sur la planète des amours et des sentiments.
Une maman :
- Ma fille de 9 ans n'a pas d'amoureux, et toutes ces copines ont un amoureux... ?
Certains enfants ont un jardin gardé bien plus secrètement que d'autres.
Ou bien cette enfant vous protège en ne parlant pas de ce domaine précis.
Enfin, on ne peut pas être à la foire et au moulin, et il se peut que cette petite-fille soit très occupée par autre chose de sa vie, du moins actuellement.
AMOURS ET SENTIMENT,TOURNEZ MANÈGE
Certains enfants de cet âge ont des copains sur le mode large, ils sont par exemple des boute-en-train, des locomotives, et sont estimés de la plupart sans avoir déjà envie ou besoin de relation
un peu exclusive.
Mais la plupart du temps, les filles ont "des" amoureux et les garçons "des" amoureuses, le tout variant avec allégresse dans le temps : On s'aime, je l'aime plus, je la parle plus, il m'a
traité, Ethan maintenant il préfère ma copine mais je m'en fous, etc....
(ici, majorité de parents reconnaissent leur enfant)
La période du primaire est une phase de l'évolution de l'enfant qui est propice, avec ses copinages, amitiés,
"amoureusités", à cette découverte des sentiments, de l'amour, de l'attirance.
Les relations dites précieuses sont volatiles, certaines, notamment les amitiés avec le même genre sexuel, peuvent durer des années (c'est MON ami(e) !) et les parents le constatent parce que
notre enfant parle très souvent d'unetelle ou d'untel.
Les garçons par exemple, ont des sentiments forts de type communauté de genre, avec le besoin physique de jouer à la bagarre, de se confronter à une forme de compétition, c'est-à-dire de
s'affirmer en tant que garçon par le jeu de miroir avec les autres.
LE CORPS ET LA SCIENCE
Dès lors que nos enfants, étant tout petits (crèche, maternelle) apprennent à ne pas faire du mal au corps de l'autre, de même que les victimes -jamais les mêmes- ont le devoir de se défendre et
de refuser un contact brusque, qui n'est qu'une tentative d'entrer en communication, les plus grands, une fois ces interdits acquis, vont aller à la recherche de découvertes ou recherche de
sensualité.
Nous devons soit nous souvenir de notre enfance, soit admettre qu'entre 6 et 10 ans, selon encore une fois l'incroyable curiosité de nos enfants pour les choses de la vie, il y ait des
expériences vécues en secret.
Et cela n'a rien d'anormal.
Ainsi, deux couples, amis de longue date, avaient pour coutume d'inviter la copine de leur fils, les deux enfants n'ayant qu'un an d'écart.
Puis un jour, la maman du garçon, très empêtrée, est venue parler à ses amis, parents de la fillette, expliquant sa gêne à l'idée qu'en emmenant leur fille en vacances, il se passe "des choses"
entre son fils et leur fille, âgés de... 8 ans et demi.
Il a donc été convenu que ce serait les premières vacances durant lesquelles les deux amis ne dormiraient pas
dans la même chambre, puisque visiblement, la maman du petit garçon était anxieuse.
Ce qu'elle ignorait, c'est que les deux enfants avaient déjà pratiqué quelques exercices ayant pour vocation de satisfaire leur curiosité, dans les toilettes de la maison du garçon, à l'insu des
adultes.
Remarque : les exercices s'étant limités à comparer le "zizi" de chacun.
(La petite-fille l'ayant très simplement, à l'époque, raconté à ses parents et le petit garçon, aujourd'hui âgé de 30 ans, n'en ayant probablement jamais parlé, sa mère étant une grande
inquiète).
ici, les parents se soulagent en riant, permettant ainsi à une maman de conter une anecdote :
- Marie, un jour, rentre à la maison en me disant :
- Ca y est maman, tu sais, Aline, elle l'a fait.
- Et (dixit la maman), je demande à ma fille :
- Elle a FAIT QUOI ???
- Elle a embrassé un garçon
Ce qui, dit la maman avec un ton d'autodérision, l'a fait s'exclamer, avec soulagement :
- Ahhhhhh ! D'accord !!!
LE PRINTEMPS DES TROIS ANS
Un excellent moyen pour que les parents ne s'affolent pas de ce que les enfants de primaire découvrent, voire recherchent, et de se souvenir de ces mêmes enfants étant en crèche ou en
maternelle.
Surtout au printemps !
(Les parents rient comme s'il s'agissait d'une boutade mais les institutrices présentes confirment).
À l'époque où il fait chaud, les corps se délivrent. L'âge aidant, l'on voit les enfants de 2 ans et demi, 3 ans, jouer à papa-;aman, soulever les tee-shirts, comparer la peau, les seins, les
garçons se vexant que les petites-filles leur disent qu'elles ont du lait dedans mais que c'est pour le bébé, et ajoutant, perfides, qu'eux n'auront jamais de lait dans leurs seins.
Et bien, cette libido est là, présente, dès le tout début : Il s'agit de la sensualité, des caresses recherchées, des baisers, des câlins, de la tendresse, du plaisir sans cesse renouvelé, en
somme du désir.
Et ces enfants, encore très spontanés, se caressent un bras, s'embrassent sur la bouche.
LE BAISER
Le grand-père amical :
- Faut-il laisser faire le baiser sur la bouche ?
Oui. Pourquoi non ?
Cela dépend de vos imaginaires, de vos limites, de votre histoire.
Il est des familles où parents et enfants s'embrassent sur la bouche, et ce geste cesse un jour, parce que l'enfant grandit et que ce baiser, ou plutôt ce contact, revêt pour lui un aspect
pudique ou différent.
Regardez le plaisir des filles, même adolescentes, de se faire coiffer par son amie : Ce n'est que plaisir partagé sans qu'il y ait de contact sexuel.
Ne confondons pas sensualité, libido, et sexualité permanente. Même si la sensualité est un versant de la sexualité.
Se masser, se coiffer, maquiller l'amie, c'est sublimer une sexualité dont elles n'ont, la plupart du temps, ni l'idée ni
l'envie.
Une maman :
- Alors que ma fille -en primaire- disait au revoir à son amie en l'embrassant sur sa bouche, j'ai entendu la maman de son amie lui in-ter-di-re de le faire.
Et la maman a regretté cet interdit de l'autre mère.
Un papa ajoute :
- Je pense que si j'avais été présent et papa de la première petite-fille, j'aurais essayé d'entamer une conversation pour expliquer à cette maman qu'elle n'est pas obligée de mettre du "sexuel"
dans un baiser spontané et privilégié puisque les deux petites filles gardent pour elles ce baiser de l'amitié.
En dehors du fait que ce papa a raison de souligner la différence entre nos représentations d'adultes, les lèvres sont non seulement source de sensualité, mais ce sont aussi le premier objet
transitionnel : Nous nourrissons le nouveau-né par les lèvres, il tète ensuite un doudou ou une tétine, il mangera des aliments solides puis parlera, et là encore les lèvres joueront un rôle
fondamental dans ces plaisirs de la vie.
Lorsque dans un couple, l'on se délasse en se massant, de quoi s'agit-il ?
Un papa répond :
- D'un acte kynésithérapeutique !
(Les parents éclatent de rire).
Et bien le plaisir a mille facettes et ne conduit pas forcément à l'acte sexuel.
ET LA TENDRESSE, BORDEL
Un papa :
- Il est vrai que même entre hommes... Me concernant, j'ai deux amis très proches, hommes, et lorsque nous nous retrouvons, nous nous embrassons, simplement sur les joues. Et cela n'est pas
toujours accepté par les éventuels observateurs.
Cette expression de notre amitié ne passe pas toujours très bien.
Que des femmes le fassent ne semblent gêner personne, mais que je le fasse avec mes amis provoque parfois des réactions ou des questions pour un geste qui vient simplement signer la
reconnaissance de notre affection amicale.
Il m'est arrivé d'ailleurs, que quelqu'un me demande si j'étais homosexuel. Ce qui m'a fortement donné envie de répondre que si quand bien même je l'étais, et alors ?
L'anecdote de ce papa montre bien à quel point nous pouvons être libres par rapport à une culture, une éducation, ou combien nous pouvons être réfractaires à la différence, puisque dans certaines
cultures, les femmes comme les hommes s'embrassent entre eux pour se saluer.
Nous pouvons considérer que ce baiser sur les joues entre amis hommes, entre amies femmes, est de l'ordre de la fraternité.
Ces manifestations d'affection, encore une fois, dépendent dans une large mesure, de notre relation à la tactilité, à la pudeur, à tout ce qui nous as été transmis.
Une maman :
- J'ai eu beaucoup de mal à expliquer à ma propre mère que je ne voulais pas qu'elle force ma propre fille à embrasser des gens qu'elle ne connaît pas. Un "bonjour" suffit plutôt qu'un baiser
arraché sous la contrainte.
Même si ce baiser n'est pas connoté de sexualité, quoi que.. puisque ma fille est obligée de poser ses lèvres sur la joue, la peau, d'un inconnu.
Il y a dans ces coutumes, un acte qui force la pudeur, tout comme l'on peut voir dans la littérature, et certains d'entre nous l'ont vécu, enfant, une forme de non-amour à se faire embrasser par
des personnes de la famille -tantes etc- qui, elles, ne rendaient le baiser qu'en tendant leur joue, leurs lèvres serrées claquant le.. vide.
Un papa :
- Je me souviens qu'enfant, j'avais bien plus envie d'embrasser les joues de femmes à la peau tendre, douce, que celles de ma grand-mère qui avait des poils qui me piquaient. Ce qui montre bien
le plaisir à embrasser.
Ce sont bien ces notions de plaisir et déplaisir, permises ou interdites,qui, en grandissant, vont nous amener à aller au contact de l'autre avec une facilité plus ou moins claire d'accepter, de
refuser, de nous braquer, ou de nous éparpiller.
Se tenir par la main en colonie est un signe de "l'être bien ensemble", les caresses sur les bras entre frères et soeurs petits sont la plupart du temps des marques de jeu/tendresse.
TOUCHE PAS À MON CORPS
L'interdit dont il était question au début de la rencontre, celui de ne pas permettre qu'un petit de deux ans vienne se masturber devant le cercle familial, est également une manière de lui
apprendre un tabou : Celui de son corps.
C'est un tout premier apprentissage du fait que son corps n'appartient qu'à lui et qu'il se doit de le protéger, qu'il a le droit de refuser qu'on le touche.
Ce qui permet, plus tard, de lui apprendre que qu'il y a des intentions, des actes, qu'il est en droit de refuser.
Le grand-père amical :
- Il faut lui interdire de se masturber devant autrui mais lui dire, surtout, qu'il a tout de même le droit de le faire, non ?
Oui en effet. Parce que l'enfant, si petit, ne vient pas obligatoirement se faire plaisir pour le montrer à la compagnie. Dans l'interdit de le faire en public, il est important de lui dire qu'il
a toute liberté de le faire seul, ailleurs, mais seul avec lui-même.
Le grand-père amical :
- Mais quelles sont les conséquences si l'on n'exprime pas cette liberté ?
Et bien certains ont alors refoulé, nié, oublié même, de l'avoir fait.
Certains l'ont tout de même pratiqué mais l'ont gardé secrètement.
Une maman :
- Et comment, quoi faire, lorsqu'on lui change sa couche et qu'il en profite pour se faire plaisir ?
Même avec une couche, les enfants glissent leur main, souvent pour s'endormir, et se font plaisir. Au moment d'enlever la couche pour en changer, le geste est tout aussi
naturel.
Les parents peuvent continuer à nettoyer l'enfant, ou retirer doucement sa main pour le faire, et si cela les
dérange, lorsque l'enfant est plus grand, ils peuvent aussi lui demander de se nettoyer lui-même, puis lui remettre sa couche ensuite, ce qui serait une manière douce de le rendre autonome.
Il n'est peut-être pas utile de commenter outrancièrement à l'enfant un geste qu'il fait par réflexe inconscient, tant que cela ne dure pas sous votre regard.
Le grand-père amical :
- Alors, un enfant qui ne se masturbe pas, il faudrait s'en inquiéter ?
Non, pour quelle raison ? S'il ne se masturbe pas c'est peut-être et sûrement que vous ne le voyez pas.
(rires des parents).
l'expression "ne touche pas à mon corps" concerne également le "parler" : en parler de nous-mêmes à nos enfants serait faire intrusion dans leur vie très privée. Si les parents ne voient rien,
c'est qu'il n'y a rien à voir et que l'enfant se protège déjà. Et c'est bien.
Une maman :
- Est-ce que cela veut dire qu'à partir d'un certain âge, il vaut mieux frapper à la porte de la chambre de nos enfants, ne serait-ce que pour ne pas surgir au cours d'un de leurs instants
secrets ?
Souvent, ce sont nos enfants qui le demandent. Soit parce qu'eux-mêmes ont appris à frapper à la porte de notre chambre, soit parce qu'ils en ont besoin.
Vers 8/9 ans, l'enfant n'a pas seulement envie de vivre son plaisir sans être dérangé. Il a aussi des secrets, tout simplement, et des envies de solitude.
Les petites-filles ont par exemple un journal intime et détestent être dérangées pendant qu'elles écrivent.
Des garçons ont envie de jouer, seul, et s'introduire brusquement dans cet imaginaire les vexeraient ou les fâcheraient.
L'idée de frapper à la porte de leur chambre est aussi une façon de leur apprendre le respect mutuel, ce qui les amènera si ce n'est déjà fait, à faire de même nous concernant.
Un papa, un peu moqueur à son propre endroit :
- Pour ne pas avoir frappé à la porte de la chambre de mon fils... Je pense, en effet, qu'il est bon de le faire.
Il existe des familles où cet apprentissage de la discrétion s'effectue spontanément, il est des enfants à qui
il faut l'apprendre.
Une maman :
- À partir de quel âge ?
Je ne crois pas qu'il y ait "un" âge. Vous le sentez. Ou bien vous constatez un jour, ce qui est un signe,
qu'ils ferment la porte de leur chambre, ce qu'ils ne faisaient pas auparavant.
Il y a des enfants à deux ans, qui ferment la porte de la salle de bains, c'est respectable.
D'autres au contraire, laissent la porte ouverte longtemps.
Chaque parent "sent" par des signes, soit vous éprouvez une forme de gêne : écoutez-la.
D'autres signes sont :
- Je veux prendre mon bain tout seul (sans frère et sœur).
- Je voudrais avoir ma chambre à moi.
L'ÉCOLE : GRANDE PIÈCE DE THÉÂTRE DE LA VIE
Le grand-père amical :
- Est-ce que l'école favorise ou au contraire a une fonction de répression ?
Un papa :
- Certaines écoles sont plutôt sur le versant de l'interdit, mais on ne peut pas généraliser.
Pour répondre à ce grand-père amical, rien n'empêchera les enfants de grandir dans la plupart des écoles.
Parce que même dans la cour de récréation, plein de choses se vivent entre enfants que les enseignants ne voient pas et c'est heureux, parce que plein de choses se vivent entre enfants que les
instituteurs voient mais dont ils ne parlent pas et c'est heureux aussi.
Hormis les interdits fondamentaux et les risques de danger, ou de doute fort, l'école n'empêche pas un enfant d'éclore et de bourgeonner et n'a pas à intervenir.
Le grand-père amical :
- Mais enfin, n'y a-t-il pas un âge, par exemple en fin de primaire, où les adultes, à l'école notamment, doivent interdire certains gestes, comme nous avions évoqué, s'embrasser sur la bouche
par exemple ?
Tout d'abord, ce sont les enfants entre eux qui se transmettent des interdits.
Un papa dit :
- Oui... J'ai déjà entendu des enfants dire : rhâââ c'est dégoutant !
Ce qui est très juste. Les enfants eux-mêmes se transmettent à notre insu quantité de petites lois.
Et puis n'oublions pas qu'ils grandissent, et que ce qui ne leur posait pas de soucis prend, au fil du temps, une autre signification.
À trois ans, on peut leur montrer un petit documentaire sur la manière dont une maman éléphant met au monde son éléphanteau.
Mille questions sont posées alors.
Et le même documentaire passé à des enfants de sept à huit ans ne les intéressera absolument pas, ou les rebutera, parce qu'il y verront, du moins pour certains, une approche de la sexualité
qu'ils n'ont absolument pas envie de regarder et que cet aspect n'entre pas dans leur questionnement.
Si nous savons, en tant qu'adultes, poser des règles, alors nous devons leur faire confiance : eux-mêmes sauront en poser d'autres.
De même qu'il n'est pas souhaitable d'anticiper sur leurs questions.
Le grand-père amical :
- Par exemple, très tôt, avec Internet, ou la télévision, ils peuvent être amenés à voir des images ou films pornographiques. Faut-il intervenir ?
Demander, sûrement, comment ce film a été découvert. Rappeler que ces films n'ont pas de relation avec la
réalité de l'amour, que ces images ne sont évidemment, dans leur crudité, peu ressemblantes à ce qui se vit entre deux adultes, parce que cela manque de mots doux, de tendresse, etc...
- Cela peut-il les traumatiser ?
Oui. Lorsque nous n'avons pas l'âge au sens maturité, nous pouvons évidemment avoir une représentation trop marquante et surtout prématurée de la
sexualité, par rapport à ce qui est à notre portée.
Une maman :
- Il me semble avoir lu... Enfin, peut-on s'embrasser, s'enlacer, devant nos enfants ?
Oui, pourquoi devrions-nous nous l'interdire, si ce baiser et cet embrassade sont simplement des signes
d'amour, sans lex exagérer outrancièrement ?
Nos enfants vérifient alors l'amour que le couple parental ressent, il apprend également à l'accepter sans se sentir exclu pour autant. Sentir des parents qui s'aiment est rassurant
pour l'enfant. S'embrasser n'est pas un acte sale, à dissimuler.
Encore une fois, c'est une question de mise en scène à ne pas dépasser.
Un papa :
- Et il vaut mieux qu'ils découvent ces petits gestes amoureux en voyant leurs parents, parce que le spectacle de la rue ne les épargnera pas. Sur le trottoir, s'ils voient deux hommes
s'embrasser fougueusement, la réponse à leur question devient plus difficile.
La réponse est :
- Ces deux messieurs s'embrassent parce qu'ils s'aiment.
Ce qui pour en revenir au petit dessin animé, "Le baiser de la lune", laisse dire aux parents présents, qu'il est préférable que nos enfants le voient, maintenant, en primaire, à un âge où toutes
ces questions se posent, plutôt que d'attendre l'adolescence, période déjà bien tardive, puisqu'ils auront eux-mêmes répondu plus ou moins bien à leurs questions, et surtout, où ils auront déjà,
soit des a priori négatifs sur la différence, soit auront fait des expériences dont ils n'oseront cette fois, plus parler.
Une maman :
- Mes beaux-parents, enseignants, sont contre la diffusion parce qu'ils pensent que l'homosexualité est une mode et qu'en primaire, c'est trop tôt pour en parler.
C'est dommage de dénier une sexualité qui n'est, ni un phénomène de mode, ni un choix.
Et encore une fois, en parler au collège ou au lycée, c'est trop tard.
Durant les années précédentes, à défaut d'en parler, les enfants se seront construit des images faussées par les discours ambiants, les principes moralisateurs etc.
Tous les jours, à l'école, les sentiments et l'amour se parlent entre enfants, et se vivent.
Un documentaire comme Le Baiser de la Lune ne peut qu'ouvrir l'esprit à ce que certaines et certains, autour de nous, vivent de manière naturelle et heureuse.
C'est un outil supplémentaire à l'enseignement de la tolérance.
bara bla bla