LA JALOUSIE dans la fratrie : Maladie d'amour (4)
La jalousie est un sentiment harcelant, douloureux pour le jaloux et celle ou celui qui en est l'objet.
Les parents peuvent essayer, en toute honnêteté, d'évaluer leur niveau de jalousie :
- Il ne me dit pas pourquoi il est en retard.
- Elle me dit qu'elle ira tout de même à "sa" réunion alors que j'arrive en m'étant rendu disponible.
Parfois, de nos positions de "jaloux" nous pouvons influencer nos enfants. Aussi. A devenir jaloux.
*** Une maman :
- Mon mari regrettait que je vienne au groupe de parole, me disant que nous aurions pu faire les courses ensemble. J'ai tenu bon, lui disant que les deux étaient possibles.
Autrement dit, la jalousie peut revêir le déguisement de la possession.
*** Une maman :
Sauf que dans une fratrie, on est, selon l'âge qu'on a, appelé(e) à délaisser ses frères et soeurs pour se constituer son propre monde affectif.
- Je ne suis pas jalouse de nature. Je donne toute ma confiance.
Pourtant, étrangement, mes filles sont terriblement jalouses les unes des autres et cela va jusqu'à des hurlements hystériques, tels que :
- Je te détessssssssteu ! Je te détessssssssssteu !
Parfois, les mots très durs évoqués, témoignent malgré tout de la relation forte qui est née de cette fratrie, l'un ou l'une pouvant hurler des mots très durs, certes, aux oreilles des parents, mais qui, au fond, témoignent de l'assurance d'une forme d'amour que frères et soeurs partagent.
*** Une maman :
- Ma fille a décidé un jour, d'aller vivre avec sa grand-mère.
Et une fois installée, se sentant alors probablement seule, au fond, elle a écrit à sa soeur une longue lettre, explicative de remords, déclarative d'amour, confidentielle de secrets.
Cette jeune personne, ayant voulu prendre du large par rapport à ses soeurs et frères, a pu exprimer son amour et son manque, alors que dans le quotidien, elle était vindicative, agressive.
*** Une maman :
- Mon fils de 5 ans me dit parfois :
- Quand est-ce que je pourrai vivre ma vie sans vous ?
Ce qui témoigne à la fois d'une grande assurance, donc de repères qu'il a acquis, mais aussi d'une grande confiance en ses parents.
Nous sommes jaloux.
De l'art qu'une amie expose à s'habiller avec peu de choses.
De l'apparence harmonie qui règne entre un couple fréquenté.
De la patience de telle mère avec ses quatre enfants alors que nous n'en avons deux et qu'ils nous excèdent, parfois.
Nous sommes jaloux.
De ces femmes qui semblent être libres et ne pas avoir de compagnon jaloux.
De ces hommes qui parfois sont heureux de trouver un repas prêt et les enfants en pyjama.
De n'être qu'un objet soi-disant appartenant à l'autre, à qui nous donnons des explications sur notre retard tout en nous
apercevant que plus nous nous expliquons, plus nous semblons coupables.
ET de la même manière, nos enfants sont jaloux :
- Christelle était la première née, alors elle vous a eu pour elle toute seule avant que j'arrive.
- Nadia est arrivée après moi et comme c'était la plus petite, vous vous en êtes occuppés bien plus que moi. Je m'en rappelle !
- Moi qui suis le dernier, avec deux soeurs au dessus de moi, et bien je vois que ça papote, ça papote, et finalement je
n'aijamais eu de place pour pouvoir en placer une.
Nous aurions du mal à traduire cet échange, fait de confidences partagées, qui témoignent de la gravité de la jalousie, et de ce qu'elle entraîne : Rancoeur, colère. Mais aussi : Demande,
besoins.
Et quoi qu'il en soit, si en parler fait du bien, on a vu combien la jalousie dans la fratrie est une.. maladie d'amour.
PS : Voir les chapitres 1- 2 et 3 :
http://www.baramalice.com/article-1651798.html
http://www.baramalice.com/article-1643590.html
http://www.baramalice.com/article-1643461.html
Amélie Gahete reprend sa tournée .... pour échanger avec nous sur le thème de la séparation .
Confier son enfant à l'école , pas simple . Le laisser partir en classe verte pour le laisser grandir. Accepter de ne pas tout savoir de ce qu'il vit à l'école et l'accompagner en lui faisant confiance...parce qu'il est grand !
Ce thème concerne tous les âges : les petits qui entrent à la maternelle, mais aussi les plus grands qu'on couve un peu...parce qu'on na pas envie qu'ils nous échappent un jour .
Laissez moi grandir ! mais pas trop vite ...

c'est vendredi 24 septembre dans la salle bleue de l'école maternelle ( les enfants sont pris en charge par l'association "l'école et son quartier"), et c'est à 16h30 !
LA RENTREE : QUI STRESSE ? PARENT.. ENFANT ?
Première rencontre à l'école Lakanal sur ce thème, ce vendredi 10 septembre 2010.
Ne confondons pas "trac" et "stress".
Le trac, éventuellement, peut être ressenti par vos enfants, à partir de 6 ans, soit l'entrée au CP.
C'est à la fois une sensation sourde d'excitation, se manifestant par un sentiment d'urgence, des questions sans
cesse répétées, des distractions de dernière minute :
- Et si je trouve pas de copains ?
- Et tu crois que la maîtresse sera gentille ?
- Et moi, je sais pas encore lire en vrai...
- Et j'aime pas mes chaussures... Non, je veux pas mettre mon pull rouge, il me gratte !
Et au dernier instant, celui de la séparation, l'enfant pleure ou file vers le groupe, ou recule comme un poulain devant l'obstacle, ou se mêle aux autres, apprivoisant ainsi le "trac" qui l'avait pris quelques heures auparavant.
En somme, parents, tentez d'imaginer : Le trac est ce qu'un comédien éprouve juste avant son arrivée en scène, ce que toute personne ressent juste avant de prouver sa capacité, d'entrer dans l'arène, d'affronter l'inconnu, de quitter les bras sécurisants.
Et une fois dans le bain, tout va bien.
Le stress est un processus un peu plus sourd, plus long. C'est l'accumuluation de pensées, de réflexions, ou bien le résultat, aussi, de tensions diverses et variées, entassées, amalgamées, qui sollicitent nos sensations, notretre attention au point d'en oublier le moment présent, à vivre ou au point de vivre à moitié l'instant immédiat.
Parfois, lors des rentrées scolaires, lorsque les parents sont stressés, les enfants ont le trac.
Le trac se transmet rarement, parce qu'il est personnel.
Le stress se transmet souvent, parce qu'il est irréel, imaginaire, basé sur de multiples additions de sentiments
divers.
BEBE OU PETIT-GRAND
Yan est le seul enfant de cette maman, qui a eu une grossesse difficile avec des complications encore très
présentes pour la maman et son propre corps.
Yan a 6 ans et entre au CP.
Il est la prunelle des yeux de sa maman, il est intelligent, très aimant, toujours à l'affût des soucis ou de la fatigue que sa mère peut manifester.
La rentrée a été pour lui un événement tranquille.
Il porte simplement le poids d'une maman inquiète en permanence.
Pour elle, pour lui, pour la vie.
Son enfant a grandi, et comme beaucoup de parents, elle le perçoit encore petit, si petit.
Nous devons apprendre à accepter que le grandir de l'enfant ne correspond pas à nos peurs, nos
anxiétés.
Il est souvent bon de comprendre que notre histoire certes, concerne l'enfant puisque c'est le notre, mais qu'il
n'a pas besoin d'être chargé du poids de nos traumatismes.
Yan semble être un enfant curieux, dynamique, attentif, et sa maman en est restée à une période chargée de souvenirs de tout petit à porter, bercer.
Si Yan est assez fort, il montrera le chemin.
Si sa maman est soutenue, elle lui en ouvrira les portes.
UN STRESS PAR ENFANT OU A CHAQUE ENFANT SON STRESS
Une maman exprime la différence entre son attitude et ses deux enfants : Son fils de 23 ans la soucie davantage
que son autre fils.
Une autre maman venait juste de poser la question de savoir pourquoi, lorsque nous avons "des" enfants, l'un nous précoccupe plus que l'autre.
Souvent, si nous prenons un tout petit recul, nous nous apercevrons que le dernier déclenche des inquiétudes...
Peut-être, justement, parce que nous sentons que c'est le dernier que nous aurons.
Parfois, il s'agit aussi du genre de l'enfant :
Le fait d'avoir une fille peut nous renvoyer à ce que, maman que nous sommes, nous étions, nous avons été : Une petite-fille.
Parfois aussi, le caractère d'un des enfants induit en nous une forme d'anxiété plus forte : Il est émotif, sensible, elle est colérique, directe... etc....
C'est à nous, parents, qu'il appartient de faire attention à ce que nous imaginons, et à la manière dont notre enfant, lui, s'en sort.
Exemple : - Mon grand-père, maman, c'était TON PAPA. PAS le mien. Donc je ne l'aime pas de la même manière.
Et je ne peux pas lui en vouloir comme toi.
QUAND LE STRESS SE TRAQUE
La maman, si elle lit ceci, comprendra le jeu de mot.
Elles arrivent d'un pays d'Afrique, venues rejoindre le mari pour l'une, le papa pour l'autre.
La maman explique cela calmement, doucement, allant jusqu'à dire que certes, il faut s'adapter, mais qu'en
somme, rien n'est vraiment différent.
Alors... Tout va bien ?
Nous parlons. Quelque chose est différent :
Le temps, le climat, la température.
Autre chose est différent ?
La petite fille est en CP, elle s'adapte bien, est calme, paisible, a déjà quelques amies.
Autre chose est différent, alors ?
Oui. La maman travaillait en Afrique. Depuis deux mois et demi, en France, elle rêve de creuser des relations, de
s'intégrer à cette nouvelle vie, de vivre en tant que femme.
Quelle rentrée !!!
Merci à Marc Bouvier, aux institutrices et instituteurs présents ayant compris d'emblée la règle, et aux parents
ayant eu l'audace de leur parole et de leurs émotions.
Et puis, surtout : Touche pas à mon stress ! Toi, c'est toi et moi c'est moi !
DEPART EN CLASSE VERTE SECTION MATERNELLE
DU 7 JUIN 2010 AU 11 JUIN 2010 soit 5 JOURS
Une anecdote pour commencer :
Il s'agit d'un enfant de 6 ans, un garçon, que je connais bien, et qui pour la première fois, était invité à passer tout un week-end chez son meilleur ami.
Première sortie un peu longue hors de sa maison, dans un lieu inconnu : Il était fou de joie, excité.
Et puis voilà qu'un soir, il ne veut plus y aller et ne tient pas à s'expliquer.
Sa maman le connaît, évidemment, et n'insiste pas. Il reste dix jours jusqu'au week-end.
Probablement que le désir était fort en lui, il a fini par dire ce qui le tracassait :
- Je fais encore pipi au lit, je ne sais pas si Adrien est encore dans ce cas, mais s'il n'a plus ce souci, j'aurai trop l'air petit et nul.
Personne n'a pipé mot, les parents l'ont juste assuré que ce n'était pas un problème.
Durant une semaine, il n'en a plus parlé. Et quelques jours avant la fameuse sortie, tant attendue, il avait cessé de faire pipi au lit.
LES PEURS DES ENFANTS
On a jamais vu un chameau se moquer de la bosse de l'autre. (proverbe africain)
La plupart du temps les enfants disent ne pas vouloir partir pour des raisons qui ressemblent fort à l'anecdote ci-dessus :
J'ai une tétine, ça fait bébé.
J'ai un doudou, ils vont se moquer.
Je ferai comment pour mon biberon le soir ?
Oui mais moi, je fais encore pipi des fois la nuit.
Il est extrêmement rare que les enfants avancent des arguments du type :
Je serai malheureu(x)se sans toi, Maman (à moins de vouloir lui faire plaisir).
La plupart du temps, l'idée de partir en groupe, avec toute la classe et la maîtresse, est le rêve d'une
grande aventure qui va se jouer.
Et ils ont raison.
En l'occurrence, ce départ en classe verte est pour des grandes sections de maternelle.
Et l'on peut comprendre les craintes des parents.
LES PEURS DES PARENTS
Je dirais : LA peur.
Parce qu'à travers les arguments, les questions, il ne reste plus qu'une seule peur : Perdre son enfant.
Etre loin de lui cela signifie qu'il soit trop loin de moi, ait besoin de quelque chose et ne le trouve
pas.
Ne pas savoir à la minute ce que mon enfant fait cela signifie : S'il a de la peine ou une égratignure, je ne serai pas là pour le consoler.
Que mon enfant soit éloigné plusieurs jours, cela signifie : Moi, sa mère, son père, je connais ses
rythmes, ses petites habitudes. Personne ne saura faire attention à ces détails aussi bien que nous.
Que je sois impuissante durant son absence, cela signifie : Si jamais il a du mal à s'endormir,
comment fera-t-il ?
Ensuite, tout tourne autour de :
Ce n'est pas que je n'ai pas confiance en la maîtresse et les aides, mais c'est difficile de s'occuper de
TOUS les enfants à la fois, en ayant de l'attention pour chacun (donc pour le mien).
Bien sûr c'est une grande aventure et il n'a pas l'occasion de partir en quelque sorte en vacances, parce
que nous n'avons pas trop les moyens, mais c'est la première fois qu'il quittera la famille.
Si jamais il n'aime pas la nourriture du jour, est-ce qu'il mangera tout de même ?
S'il lui arrive quelque chose, est-ce que les adultes seront assez disponibles pour le voir
?
S'il me réclame, personne ne pourra me remplacer mieux que moi-même.
Nous avons des rituels à la maison et comment va-t-elle (il) faire SANS ces petits rituels
?
L'INITIATION
Cet enfant que vous allez laisser partir, VOTRE enfant, qui va donc s'en aller avec "sa" classe, et "sa" maîtresse, va découvrir quelques petites choses fondamentales :
La vie en groupe - et non plus en famille-
Une découverte de lieux inconnus, de nature, de jeux, de règles différentes.
La notion de partage, d'attention à soi, aux autres.
L'affirmation de lui-même, parce qu'il sera entouré avec précaution mais apprendra un tout petit peu à se gérer lui-même : se brosser les dents, se frotter pour se laver, s'habiller, mettre ses chaussures seul, prendre des initiatives, aider un copain, être fier d'avoir trouvé telle fleur et d'en savoir le nom, s'amuser de la surprise de bruits inconnus, jouer à faire le grand, la grande, chanter ensemble, rire ensemble, apprendre ensemble.
Et ces quelques jours loin de la maison, des parents, des éventuels frères et soeurs, sera pour lui un
petit tremplin pour l'année prochaine, qui est la fabuleuse découverte de la "grande école", soit le Cours Préparatoire : L'apprentissage de l'écriture, de la lecture, de l'aventure personnelle
de votre enfant.
Finalement, le rituel du manger, de l'endormissement, sera évidemment différent, et c'est cela même qui
est magique.
Parce que votre enfant découvrira des ressources dont il n'avait pas même l'idée.
LE RETOUR A LA MAISON
Tous les parents ayant eu suffisamment confiance en eux, en leur enfant, en l'institutrice ou
l'instituteur, pour laisser partir leur enfant, disent à 98% :
- Elle (il) a grandi, est plus calme, comme plus responsable.
- Elle (il) a acquis ou bien a dévoilé un vocabulaire bien plus riche.
- Elle (il) a maintenant perdu certaines habitudes et en a pris d'autres : il est plus autonome, moins "petit".
- Nous avons eu droit à des heures de récit dont elle (il) en était le héros. On n'arrivait plus à l'arrêter. C'était émouvant parce qu'on avait l'impression de tout vivre avec lui (elle).
- A certains moments, pour de toutes petites choses, des manières de prendre des initiatives, ou de parler ou de se comporter, on ne le reconnaît plus et à la fois on le découvre. C'est incroyable.
- Il semble avoir grandi de 10 centimètres.
- Elle est plus posée, moins "réclameuse".
- Il (elle) a grandi mais j'ai retrouvé la même demande de câlin. En même temps, elle (il) semble plus sage.
- Elle (il) me raconte des choses qu'elle (il) a vécues et je vois dans ses yeux du merveilleux. Ca
m'émeut.
Je n'étais pas là et pourtant je suis heureuse pour mon enfant.
Les parents ne savaient pas, quand ils en ont plusieurs, que le départ d'un seul les soulagerait.
Les parents ne savaient pas non plus que durant cette séparation, leur enfant deviendrait plus autonome.
Les frères et soeurs restant à la maison découvrent une attention des parents, différente. Une complicité nouvelle.
Parce que l'absence d'un seul enfant bouge la place de chacun au sein de la famille.
Et c'est bon pour tous.
Quand l'enfant parti est de retour, l'émotion est forte : la fratrie est heureuse des retrouvailles, les
parents sont émus.
Souvent ils découvrent que leur petit "grand" a de nouvelles habitudes, est moins ronchon quant aux menus, a acquis du vocabulaire, semble plus assagi et en même temps plus
volontaire.
Laissez-les partir.
Un tout petit peu.
Quelques jours.
Avec quelqu'un de confiance.
Vous l'attendrez et le retrouver sera un bonheur, une autre découverte.
De son côté, à son retour, il ne souhaitera que vous raconter ses victoires et ses bonheurs.
Ps : Les enfants qui sont partis en classe verte sont déjà revenus à ce jour.
Ceux qui ne sont pas partis n'ont pas été oubliés.
Le lien de la classe s'est resserré et chacune et chacun en est un maillon.
LA DIFFERENCE DANS LA FRATRIE
JE SUIS L'AÎNEE, POURQUOI ON ME DEMANDE TOUJOURS D'AIDER LES PLUS PETITS ?
JE SUIS LA SECONDE, POURQUOI ON NE ME FAIT JAMAIS CONFIANCE ?
JE SUIS LA DERNIERE, POURQUOI JE SUIS DES FOIS PETITE ET DES FOIS GRANDE ?
Pour Emeline, qui s'en sort malgré tout assez bien, la configuration familiale n'est pas évidente
:
- Je suis la maman, J'ai un mari, nous avons trois filles.
Parfois c'est le clan des "femmes" et je pense que mon compagnon est isolé.
Parfois je le vois bienheureux mais c'est moi qui me retrouve en porte-à-faux.
Il y a un écart d'âge entre l'aînée et la seconde, et c'est pourtant La dernière qui se retrouve en
complicité avec l'aînée.
Il se trouve qu'elles ont des copines de leur âge, et de la même famille.
Par conséquent, ma seconde se retrouve isolée.
A d'autres moments, les deux premières sont autorisées à "sortir" -aller voir des amies, alors que la petite, qui a 5 ans et sera en dernière section de maternelle l'an prochain, se retrouve alors seule et s'en plaint.
En somme, jamais rien ne va si j'écoute chacune, et chacune voudrait ce qui semble aller à l'autre.
JE VOUS PARLE D'UN TEMPS QUE LES MOINS DE VINGT ANS NE PEUVENT PAS CONNAITRE
Le récit de cette maman nous rappellera, à la plupart d'entre nous, ce que nous avons traversé durant notre enfance.
Les aînés constataient :
- A "son" âge, vous n'auriez jamais permis cela.
- Moi, je n'avais pas l'autorisation de sortir de table sans avoir terminé.
- Si je n'aimais pas les haricots, je devais en manger quand même.
Les seconds, selon un idée populaire qui semble justifiée, ne trouvent jamais la bonne place :
- Je ne suis pas considéré comme un grand.
- J'en ai marre de ne jamais pouvoir être toute seule avec vous, maman et papa.
- Je ne peux pas avoir quelque chose de neuf et qui me plaît au lieu de toujours porter les habits d'untel ?
Quand au dernier, ou la dernière, comme le dit très justement la maman :
- Lundi, ça l'arrange bien d'être la plus petite, et mardi elle voudrait presque se maquiller, à cinq ans .... ! Mercredi elle réclame encore un biberon de lait le soir et jeudi elle prétend qu'il est fini le temps des câlins, mais vendredi elle voudrait manger de la purée et samedi elle hurle pour se coucher à 22h comme ses soeurs...
Nous pourrions songer, parfois, lorsque le temps et l'humeur s'y prêtent, à regarder les albums de photos,
à laisser les soeurs et frères se parler entre eux.
Nous pourrions demander la complicité des grands afin qu'ils racontent aux derniers comment, EUX, ils ont
eu cinq ans.
De quoi se rappellent-ils ?
Des aventures, incidents, injustices, bonheurs, qu'ils ont vécus.
Parce que souvent, nous oublions que celui qui est le puîné (dernier) est précédé d'autres soeurs et/ou
frères, qui ont eu le même âge et peuvent lui en parler.
Alors, on voit les plus grands semblant inventer, ou déformer tout un épisode, et nous, parents, restons
effarés de leur récit.
Mais quoi qu'il en soit, les petits, alors, se sentent moins seuls.
Et reconnus.
"ENFANT"ILLAGES ET GROSSE FATIGUE
(Nb : Que la maman d'accueil excuse ce titre. Parfois, l'histoire ne peut pas en trouver un.
Par aileurs, cette "maman", discrète mais présente depuis des mois lors de chaque conférence-débat, a finalement pu exposer sa situation, mise en confiance par les personnes présentes.
Elle a accepté que cette histoire paraisse sur le blog, je cite :
- Si cela peut aider quelqu'un dans une situation semblable ou qui y ressemble, alors bien sûr que je donne mon accord.
Il ne s'agit évidemment pas ici d'enfantillages.
Mais d'une grosse fatigue, oui.
Le frère à 9 ans. Sa soeur en a sept et demi.
Ils ont bien des grandes soeurs et frères, mais l'écart d'âge est très important, et les deux enfants ne connaissent pas cette partie de la fratrie.
Ceci arrive encore parfois, ce que nous appelons une génération s'étant raccourcie au fil du temps.
En l'occurrence, ces deux enfants ont grandi ensemble, sans avoir de relation avec les aînés.
Leurs parents ont été déchus des droits parentaux. Le père pour maltraitance et abus, la maman pour
complicité passive.
Ce petit garçon de 9 ans a été entre autres, sodomisé et sa jeune soeur, qui a échappé à cet acte, a, tout
comme lui, été battue, maltraitée, physiquement et psychiquement.
Ils avaient moins de 3 ans chacun.
La différence dans la fratrie ?
C'est pour commencer, l'écart important entre le groupe des premiers et ces deux petits.
C'est aussi le fait que ces deux enfants, proches dans les âges, soient totalement différents.
La "maman" d'accueil parle :
- Lui est grand, elle petite.
- Elle est câline, tendre avec moi, calme.
- Lui est questionneur, sur tout : la vie, son histoire, curieux du monde.
- Elle est douce et à l'école, "ça" marche.
- Lui est injurieux, extrêment violent, tant vis-à-vis de sa soeur que de moi.
- Mon mari est gravement malade.
Le juge nous avait demandé si nous acceptions de les prendre en charge.. L'aîné avait 3 ans. Nous avons accepté.
Aujourd'hui ils sont bien plus grands mais l'agressivité de l'aîné reste la même.
- Tu es moche.
- Si tonton est malade c'est de ta faute.
Il agresse sa soeur, fait des propositions obscènes à mes filles qui sont mères de famille, raconte ce
qu'il a vécu sans paraître avoir un quelconque sentiment, agresse les enfants, est cruel avec sa soeur voire dangereux.
Il est suivi en psychothérapie et aime y aller, cela lui fait du bien.
Mais plus il grandit, plus ses provocations sont violentes.
Et je n'en peux plus. Je n'arrive pas à comprendre.
Pour comprendre la colère de "nos" enfants, lorsqu'elle nous semble précisément incompréhensible, il nous faut parfois passer par le courage d'aller chercher NOTRE colère.
C'est ce que cette "maman" d'accueil a donc essayé de faire et de dire.
Une fois avoir exprimé sa colère, nous pouvons parfois, comprendre que l'enfant ressent la même, ou un
sentiment qui y ressemble fort, mais ne peut l'exprimer que par des actes insensés, ou inacceptables, ou ne peut que la montrer par des mises en scènes ou des mots très
durs.
Nous pouvons avoir 20 ans, 30, 50 ans, 65 ans, plus... Et avoir un mal infini à évoquer une douleur qu'il est nécessaire d'exprimer pour qu'elle ne soit pas en nous, comme un noeud indémmêlable.
Et cette maman a pu constater, devant sa difficulté à "dire", combien pour un enfant de 9 ans, c'est donc
encore plus difficile.
Cette "maman" d'accueil a compris autre chose, d'importance -mais elle était toute prête à le comprendre, il ne suffisait que de le dire :
Parfois, il arrive que dans des situations de vie traumatisante (comme celle que ce petit garçon et sa petite soeur ont vécue), l'un des enfants prenne SUR lui toute la douleur.
C'est ce que nous appelons : l'enfant symptôme.
Le symptôme, c'est : le signe.
(J'ai mal à la gorge, c'est mon symptôme. J'ai une angine, c'est la raison. Cette angine est dûe à un virus : le virus en est la cause).
Et ce jeune garçon, si odieux, épuisant, insultant, agressif et violent, est probablement celui qui finalement, protège sa petite soeur de la douleur inouïe qu'ils ont vécue, tous les deux.
Cet été, le petit garçon partira en colonie de vacances.
La "maman" d'accueil se reposera physiquement et moralement.
A la rentrée, l'enfant reprendra son chemin de guérison auprès d'une psychologue et la "maman" d'accueil entamera le sien dans un espace où elle pourra également parler de sa souffrance, de sa
fatigue.
Soigner n'est pas guérir mais.... Qui veut voyager loin ménage sa monture.
Psssss : Si vous... oui vous.... avez été témoins ou victime d'abus sexuel :
NB : Je demande chaque fois nouvelle aux parents leur accord (photos et/ou citation).
A 99,99% cet accord est donné.
Néanmoins, les prénoms, âges, genre, sont modifiés pour éviter toute reconnaissance.
Merci à chacune, chacun, de votre confiance.
Merci à tous de votre discrétion.
bara bla bla